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A la loupe : Folklore au grand jour
Publié le lundi 18 mai 2015  |  Le Prétoire




Vingt-quatre heures avant la signature, à Bamako, de l’accord pour la paix et la réconciliation par les pacifistes, la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) a enfin daigné parapher ce document. Ses responsables ne sont pas venus à Bamako pour ce faire, ils ont préféré Alger, théâtre de plus de huit mois de négociations entre eux, le gouvernement malien, la plateforme des forces de résistance et d’autodéfense et la médiation internationale conduite par l’Algérie. Un pas vers la paix ? Difficile de le croire, car, pendant que Bamako recevait le monde entier pour signer l’accord de paix, les groupes armés rebelles et terroristes violaient encore le cessez-le-feu en tentant de revenir à Ménaka dont ils ont été chassés par le Groupe d’autodéfense des Touareg Imghad et alliés (Gatia). Si en l’absence de sources indépendantes, il est difficile voire impossible d’avoir un bilan réel, il est néanmoins loisible de comprendre que des affrontements entre Gatia et CMA ne peuvent que faire des morts et causer la ruine et le désastre au sein des populations locales. De plus, le rapport de forces changeant sans cesse, il est difficile de savoir qui contrôle réellement aujourd’hui la région de Ménaka, l’armée malienne étant cantonnée par la Minusma. En revanche, à Kidal tout reste clair : la ville est toujours sous le contrôle de la CMA qui y règne en maitre absolu malgré les présences des forces françaises et onusiennes.

Des signataires providentiels

C’est dans ce contexte plus qu’ambigu que le médiateur algérien a tenu à organiser, vendredi dernier, la cérémonie de signature de « son » projet d’accord pour la paix et la réconciliation, signature par ceux-là mêmes qui avaient paraphé le texte le 1er mars dernier à Alger. Avec, toutefois, une note quelque peu ubuesque : des dissidents des composants de la CMA ont accepté de signer au nom de la Coordination. Ils sont venus de nulle part et personne ne connait leur niveau de représentativité et leur influence sur le terrain. Et parce que ces signataires providentiels ont fait leur apparition, le ministre algérien des affaires étrangères, chef de file de la médiation, ose affirmer que cela est un « développement positif » annonçant le « parachèvement du processus. » En quoi la signature du document par ces MAA, CPA et Cmpfr-2, agissant au nom de la CMA, peut-elle avoir d’influence sur le Mnla, le Hcua, le MAA et la CPA, qui contrôlent Kidal, guerroient à Ménaka, dépouillent les populations du nord et massacrent les militaires maliens ? A moins que le chef de la diplomatie algérienne sache des choses qui échappent encore aux observateurs les plus avisés. Il n’en est rien, et l’éclairage viendra du représentant des Nations Unies sur ce que la communauté internationale concocte pour le Mali : si la CMA n’a pas signé, ce n’est pas grave, il faut continuer le dialogue avec elle, courir derrière elle, se coucher devant elle car elle pourrait signer plus tard. L’ONU préconise au Mali d’attendre encore que la CMA finisse de violer tous les accords, y compris ceux de cessez-le-feu et de cessation des hostilités. L’ONU demande au Mali de laisser les soldats maliens se faire massacrer dans les casernes de la Minusma. L’ONU demande au Mali de ne rien faire pour tenter de recouvrer l’entièreté de son territoire dont des pans entiers sont sous le contrôle des rebelles terroristes protégés par la communauté internationale. L’ONU demande tout simplement au Mali de renoncer à sa souveraineté et d’accepter la chienlit entretenue par la communauté internationale. Jusqu’à quand ? Jusqu’au bon vouloir des rebelles terroristes qui continuent d’exprimer leur mépris à cette même communauté internationale qui paraphe et signe ce que, eux, ils ont refusé de signer.

Ménaka est un début

Ils savaient que celle-ci, notamment l’Onu, la France et l’UA, avait paraphé l’accord d’Alger qui remettait le Mali dans ses droits territoriaux et réaffirmait la volonté du gouvernement à aller à la paix par le dialogue. Cela ne les a pas gênés puisqu’ils ont continué les attaques et provocations. Ils savaient que cette même communauté internationale s’apprêtait à signer l’accord d’Alger, cela n’a pas refréné leur soif inextinguible de sang et de cervelle, et ils ont multiplié les actes de violence. Ils vont continuer maintenant que l’accord d’Alger a été signé à attaquer l’armée malienne et les populations civiles et désarmées, car ils savent que, malgré le sursaut d’orgueil du chef de l’Etat lors de la cérémonie de signature, le Mali s’est définitivement soumis à cette communauté internationale que, eux, continuent de manipuler.

Mais ce Mali qui s’est couché, c’est le Mali officiel, ce sont les autorités. Il y a l’autre Mali, celui de la coordination des mouvements patriotiques de résistance. A travers tout le pays en danger, ce Mali est en train de s’organiser pour casser du rebelle terroriste. Ménaka n’est qu’un début et se multipliera bientôt, car, la nature ayant horreur du vide, l’absence de l’armée nationale sera bientôt comblée par autant d’armées locales que nécessaire. Et alors, l’accord pour la paix et la réconciliation, signé avec tant d’hypocrisie et de duplicité par beaucoup, ne sera plus qu’un lointain souvenir.

Cheick TANDINA
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