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Mali France : Le cas Kidal évapore l’euphorie suscitée par l’opération Serval
Publié le vendredi 29 mai 2015  |  Le Tjikan
Opération
© aBamako.com par DR
Opération Serval: mission de l`armée française au Mali
11 au 12 janvier 2013 : arrivée de la compagnie du groupement terre sur l`aéroport de Bamako.




Une marée humaine sur le grand boulevard de l’indépendance, le mardi dernier. En cause : l’attitude des groupes rebelles de la CMA qui réclament une réouverture du dialogue après avoir refusé de signer l’accord de paix le 15 mai. La France et la Minusma, accusées de ne pas être très impartiales, ont été vivement critiquées par les manifestants.

Répondant à l’appel des organisations de la société civile, des milliers de manifestants ont battu le pavé à Bamako et à travers tout le pays, le mardi dernier. Objectif: dénoncer le refus des groupes rebelles qui jusque là n’ont pas encore apposé leur signature sur l’Accord de paix, signé le 15 mai par le gouvernement malien et les mouvements de la plateforme. Les narco séparatistes du MNLA, après avoir refusé de signer l’accord de paix obtenu après de longs mois de négociation, à Alger sous la médiation internationale, réclament de nouveau, la réouverture des dialogues, tout en continuant de mener des attaques contre l’armée régulière et les populations civiles. Tout cela, sous le regard complice ou presque de la France et de la Minusma. D’où la grande mobilisation des forces vives de la nation pour exprimer, une fois de plus, leur attachement à la paix et l’unité du Mali.

« A bas la France, A bas la Minusma, vive la Russie, vive le Mali » pouvait-on entendre dans les slogans de certains manifestants. Tandis que d’autres scandaient « France+ Minusma=MNLA ou encore la main invisible de la France, la Minusma dehors».

« Je suis Michel Tomy », pouvait-on lire sur certaines pancartes. Faisant référence à l’article du journal français en ligne Médiapart à propos des écoutes policières téléphoniques impliquant le président IBK et son homologue Gabonais, Ali Bongo et l’homme d’affaire Michel Tomi. Une révélation perçue par l’opinion publique malienne comme un chantage de la France contre le président IBK, pour dit-on, avoir osé dire, au secrétaire général adjoint chargé des opérations de maintien de paix de l’ONU, Hervé Ladsous, les vérités auxquelles les 15 millions de Maliens redoutent. A savoir, le jeu trouble de Minusma et de la France.

Très remontés contre la France et la mission onusienne (Minusma), des manifestants dont certains hissaient le drapeau russe, ont brûlé les couleurs françaises.



Une disgrâce rapide contre la France !



Chose encore impensable en janvier 2013 lorsque la France à travers une intervention militairement stoppait l’avancée des groupes terroristes vers le Sud. Pour rappel, en début février 2013 lors de sa visite au Mali, le président français, François Hollande avait été accueilli en libérateur par le peuple malien. Pour exprimer leur reconnaissance pour la France et son président, certains avaient prénommé leur nouveau né, François Hollande ou encore Damien Boiteux, lieutenant et premier soldat français tombé sur le sol malien, dans les premières heures de l’opération serval.

Pour rappel, à Konna, ville dans laquelle le lieutenant français, Damien Boiteux a succombé, un monument a été érigée à son honneur et en guise de reconnaissance à l’égard du peuple français. Mais aussi, plusieurs chansons avaient été produites en l’honneur du président français, François Hollande. Qui lors de sa visite en février 2013, avait laissé entendre, sous le coup de l’émotion, que « ce jour (date du 2 février ndlr) était le plus important de sa vie politique ».

Faut-il le noter, la grande marche a enregistré la présence du ministre de la Réconciliation nationale, Zahabi Ould Sidi Mohamed, des représentants de la société civile et des leaders politiques. Ils ont tous invité, une fois de plus, les groupes de la CMA de signer l’Accord de paix dans un bref délai, afin de mettre un terme à la souffrance des populations.

Impartiales ou pas, une chose est sûre, les forces françaises, celles de la Minusma et des rebelles pavanent encore ensemble à Kidal, au moment où l’armée malienne y est empêchée d’entrer.

En effet, la France de François Hollande n’est plus encore chouchoutée par les Maliens. L’euphorie suscitée par la force serval s’est estompée au gré de la complicité française avec les groupes rebelles et le sentiment antifrançais ne fait que s’exacerber jour après jour.



Lassina NIANGALY
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