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Vite remanier pour sécuriser : Les 12 travaux d’Hercule qui attendent le nouveau gouvernement
Publié le lundi 10 aout 2015  |  Infosept
Cérémonie
© aBamako.com par Androuicha
Cérémonie de pose de la première pierre de l`hôtel Sheraton Bamako
Bamako, le 25 juin 2015. Le président Ibrahim Boubacar Keita a procédé à la pose de la première pierre de l`hôtel Sheraton Bamako du Groupe KOIRA HOTEL Investment.




A moins de deux ans de gouvernance, le Président de la République Ibrahim Boubacar Keita s’apprête à mettre en place un nouveau gouvernement. Quatrième du genre après ceux de Oumar Tatam Ly, Moussa Mara et de Modibo Keita 1er, même si ce dernier a la faveur des pronostics pour continuer sa délicate mission. Il n’en demeure pas moins que l’opinion publique nationale reste ballotée entre un optimiste mesuré et un scepticisme grandissant. Même si tout le monde s’accorde à dire que ce 4ième remaniement est logique et attendu au regard de la situation post signature de l’Accord de Paix. N’empêche que beaucoup de maliens s’interrogent si sa composition échappera à « ma Famille d’abord », à la partisannerie politique et surtout à la loi des armes qui impose pour la première fois dans la composition d’un gouvernement malien, un déséquilibre aussi régionale qu’ethnocentrique tel que prôné par l’accord le plus imparfait du vivre ensemble.



Aussi la question que l’on se pose est celle de savoir si les maliens ne seront pas encore une fois de plus déçus par les actes d’un pouvoir auquel bien des citoyens ne croient plus, ni à sa capacité de résilience, ni à son leadership pour relever le Mali. Sa composition permettra-t-elle de réellement combler les attentes abyssales et les multiples aspirations d’un Peuple jadis héroïque mais qui aujourd’hui reste très meurtri et traumatisé par les crises et scandales à répétition dans un contexte de conjoncture.


Attendu certainement à la fin des vacances des ministres, le nouveau gouvernement doit être celui de l’espoir voir de l’espérance du peuple tant les défis sont immenses et les attentes de plus en plus grandes. Sa mise en place doit répondre à un certain nombre de critères que nous voulons plus objectifs et moins partisans afin de faire face, à ce que nous avons appelé, les 12 travaux d’Hercule indispensables pour la construction de Mali-Kura. Quels sont ces 12 travaux ?
Le Régime d’IBK est aujourd’hui en proie à toutes sortes de turpitudes, crise au nord, mal gouvernance partout avec ses vagues de corruption et de népotisme. Pour sortir de ce cycle infernal, le président de la République doit prendre son courage à deux mains pour mettre en place un nouveau gouvernement composé exclusivement de cadres moralement intègres et intellectuellement compétents qui incarnent suffisamment les valeurs qu’il prône afin de réaliser les 12 travaux d’Hercule qu’appelle la reconstruction nationale. Le nouveau gouvernement doit s’atteler à :


1. L’organisation de grands séminaires d’information et de sensibilisation autour de l’accord de paix. Signé le 15 mai à Bamako, l’accord de paix et de réconciliation obtenu au forceps par l’Etat malien divise l’opinion et la classe politique. Pour certains, il consacre la partition de fait du Mali, pour d’autres il fait la part belle à la CMA, mais pour le gouvernement c’est un bon accord parce qu’il préserverait les lignes rouges à ne pas franchir indiquées par IBK qui sauvegarde les fondements de la République du Mali, à savoir l’intégrité territoriale, la forme républicaine et laïque de l’Etat. Mais entre ces deux camps il y a un grand fossé qui les sépare qui est celui de l’information comme en atteste d’ailleurs le sondage de Mali-Mètre de la Fondation Fréderic Ebert selon lequel plus 60 % des maliens ne connaissent pas le contenu de l’accord. Alors, l’une des premières priorités du nouveau gouvernement devrait être de prendre son bâton de pèlerin pour expliquer aux Maliens les tenants et aboutissants de l’accord selon un lexique commun partagé par tous.


2. L’organisation d’une conférence nationale bis. Il y a une véritable nécessité d’organiser une conférence nationale bis selon les mêmes formats que la première que notre pays a organisé avec brio et qui servit de repère jusqu’ici à la troisième République dont l’acte de décès a été en même temps signé avec le nouvel accord de Paix. Il faut éviter toute autre appellation de cette conférence nationale tant attendue qui ne rappellerait aucun souvenir dans la conscience collective des maliens. Les résultats attendus sont de sortir avec une nouvelle Constitution, celle de la 4ième République qui refondera le Mali, une nouvelle Charte des partis et un nouveau Code électoral qui tiennent compte du nouveau partage de pouvoir entre l’Etat central et les nouvelles « regionalités ». Le terrain étant déjà balisé par le remarquable travail de la Commission Daba Diawara inspiré des réflexions préliminaires sous le président Alpha Oumar Konaré et remises à jour par le régime ATT. Si tant il est vrai que l’Etat est une continuité, le régime IBK devra parachever ces reformes et les mettre en œuvre. Vouloir inventer la roue serait un grand gâchis pour le Mali.


3. L’organisation des premières élections régionales de la démocratie malienne qui donneront au District le 1er maire de Bamako du Mali indépendant. Fixée au 25 Octobre prochain par le gouvernement après plusieurs reports, cette date est, pour une frange importante de la classe politique intenable à cause de la précarité de la situation sécuritaire sur le terrain. Les attaques se multiplient dans tout le septentrion malien ce qui risque de porter un coup dur et compromettre le bon déroulement des élections. Ces élections qui vont être le premier test de la préservation de l’unité Nationale du Mali et de son intégrité territoriale, doivent être bien organisées. Elles doivent l’être parce que ces élections consacrent la naissance d’un nouveau Mali, celui d’un Etat fortement décentralisé avec une large autonomie administrative et de gestion données aux collectivités-régions. Aussi, vouloir organiser ces élections régionales sans l’organisation de la conférence nationale bis est une erreur et un piège d’inconstitutionnalité dans lequel le nouveau gouvernement ne devrait pas tomber. Nous avons alerté, SVP ! Entendez notre cri.


4. La lutte implacable contre la corruption et la délinquance financière : c’est la première promesse de campagne qui doit être tenue. Mais elle sera inefficace si l’Etat ne prend pas son courage et reconnaitre que le traitement salarial au Mali est la première incitation au vol. Il faut faire un véritable diagnostique pour savoir jusqu'à quel niveau l’Etat est capable de donner aux fonctionnaires maliens ce qu’il leur faut pour se loger, se nourrir et se soigner décemment. L’enveloppe sera grande mais les retombées économiques le seront autant. En Cote d’Ivoire voisine, l’un des objectifs du président Ouattara est de porter à 7 chiffres le salaire de tout cadre ivoirien avant la fin de son mandat. C’est ici qu’il faut rappeler le rôle extraordinaire que peuvent jouer les nouvelles technologies de l’information et de la communication dans la lutte contre la corruption et la transparence dans la gestion des affaires publiques. Il faut faire en sorte que l’intervention humaine dans la gestion des processus soit limitée que là où elle est strictement indispensable. Des services publics comme l’AGETIC, l’Agence des technologies de l’information et de la communication doivent se réveiller de leur long sommeil pour marcher au rythme du monde. A l’AGETIC comme à l’AMRTP les choses vont mal. Les grands projets tels que le réseau Intranet de l’Administration, la connexion des 703 communes, la gestion du « Point ML », la souveraineté du Mali sur Internet sont devenus de gros éléphants blancs par manque d’initiative et d’esprit d’ouverture. Comment expliquer que l’AGETIC n’ait pas pu doter jusqu’à présent chaque cadre de l’Administration malienne d’un email professionnel opérationnel. Et pourtant tout le monde le sait, un Email à vie pour chaque fonctionnaire est la première porte d’entrée dans le monde des technologies de l’information et de la communication.


5. La relance de l’économie après la signature de l’accord de paix de Bamako, supposée mettre fin à la récurrente crise au nord, le Mali doit se tourner aujourd’hui vers le développement. Ce qui nécessite l’assainissement de l’environnement des affaires et surtout la relance de l’économie. Malgré les assurances données par le locataire de l’hôtel des finances M. Mamadou Igor Diarra, le citoyen lambda continue avec son train-train quotidien. Le gouvernement est attendu pour donner un ouf de soulagement au peuple. Que les recettes atteignent les 1000 milliards si le panier de la ménagère et les comptes salariaux des fonctionnaires n’en ressentent rien, il y a pas de changement. Tout le reste est du bluff pour redorer des images. La finalité de toute croissance économique réelle est le bien être des populations.


6. La création d’emplois pour les jeunes : toutes les statistiques font état de l’accroissement fulgurant du taux de chômage des jeunes au Mali. Cette situation qu’on peut qualifier de « bombe à retardement » doit être très vite désamorcé par la création d’emplois décents pour canaliser les jeunes qui sont de plus en plus attirés par l’Eldorado occidental et même par le Jihad. Le gouvernement peut commencer par publier au début de chaque année la liste complète de tous les fonctionnaires en âge d’aller à la retraite et lancer les recrutements en fonction pour les remplacer. Mais accepter les falsifications d’âges pour maintenir des cadres même exemplaires et travailleurs est une façon de se moquer de l‘avenir de la Nation et des jeunes. Nul n’est indispensable, sinon les cimetières sont remplis de personnes qu’on croyait indispensables et pourtant même après eux le Mali continue son petit bonhomme de chemin.


7. L’amélioration des conditions de vie des citoyens. Ne dit-on pas que ventre affamé n’a point d’oreille ? Aujourd’hui, au Mali rares sont les foyers qui mangent les trois repas quotidiens, tant les prix des denrées de premières nécessités ont pris de l’ascenseur tandis que les revus sont au plus bas. Comble de l’hérésie, pendant ce temps on voit dans chaque rapport du VEGAL que des milliards sont détournés des caisses de l’Etat sans que les auteurs n’en répondent devant toute la rigueur de la loi. Le nouveau gouvernement doit donc non seulement stabiliser les prix, mais aussi augmenter les salaires des travailleurs et réduire les dépenses de prestige de l’Etat, en commençant par les Institutions de la République.


8. La création de meilleures conditions pour une école apaisée et performante : l’école a été jusqu’ici le talon d’Achille de tous les régimes qui se sont succédés de 91 à nos jours. Depuis 1991, ce sont les années blanches qui succèdent aux années tronquées aboutissant malheureusement au même résultat : baisse de niveau avec comme conséquence la non compétitivité et la non performance des produits de l’école malienne. Le gouvernement post crise est attendu pour lancer les bases d’une véritable reforme de l’école pour qu’elle retrouve ses lettres de noblesse. Plus personne ne croit encore à l’école publique. Au Mali, tous ceux qui ont les moyens ont inscrit leurs enfants dans des écoles privées de la place dont les plus prisées restent les écoles avec le programme français. On se demande alors pourquoi ne pas directement adopter le système français qui a fait ses preuves ? le programme français qui nous est le plus proche symbolise aujourd’hui ce que l’intelligence humaine a pu concevoir de meilleur en matière d’éducation. Un programme qui emprunte à la fois des éléments de tous les meilleurs systèmes éducatifs à travers le monde. L’éducation est universelle et malheur à ceux qui en veulent une tropicalisation ou à une africanisation de ce qui est enseigné partout avec les mêmes raisonnements. A part l’Histoire et la Géographie, qu’est ce qui est bien africanisable ?


9. La reforme de la justice pour un véritable ancrage démocratique. Si l’école a été l’une des tares des régimes post révolution de 91, la justice n’en demeure pas moins l’autre revers de la démocratie malienne. En effet, si notre système démocratique peine à trouver ses marques, c’est à cause de la « dépendance de l’institution judiciaire de l’exécutif ». D’où le ras le bol du citoyen qui n’a aucun rempart pouvant le protéger ainsi que ses intérêts contre les déprédateurs de tous ordres. Une grande réforme de la justice, pour redonner confiance aux citoyens, est attendue du nouveau gouvernement sur la base d’un état des lieux de la mise en œuvre du PRODEJ du président Alpha Oumar Konaré.


10. La refondation des forces armées et de sécurité. Il a fallu qu’il ait cette crise sécuritaire pour qu’on se rende compte de toutes les limites de nos forces armées et de sécurité, qui se résument par le manque d’équipements adéquats, de formation de base et de discipline et surtout le mode de recrutement qui n’est plus basé sur le volontariat. Aujourd’hui, on vient à l’Armée à la quête d’un emploi et non plus par vocation. Ni l’adoption de la loi de programmation militaire encore moins l’augmentation des primes de risque ne suffiront à relever une armée à terre. Alors il faut d’autres grandes décisions, des moyens et surtout un réarmement moral pour qu’elles soient à mesure d’accomplir sa délicate mission régalienne. L’Etat devra commencer par honorer dignement et publiquement ceux qui meurent pour la République. Carence d’initiative ou manque de volonté politique, on se demande encore une fois pourquoi nous n’avons pas un cimetière dédié à nos militaires qui meurent pour le Mali. Un tel cimetière serait un lieu de souvenir et de recueillement pour tous ceux qui voudront s’engager dans l’armée, de façon à ce qu’ils s’y engagent consciemment, mais aussi un lieu de mémoire pour les générations futures pour qu’elles évaluent les hécatombes causées par les guerres de rébellion au Mali.


11. La reforme des médias d’état. Un médium par définition est un instrument au service d’une communauté pour son information, sa formation, son éducation et sa sensibilisation. C’est tout le contraire qu’on voit aujourd’hui. En effet, les medias en Afrique en général, et au Mali en particulier sont devenus des instruments de propagande et de terreur entre les mains des princes du jour et les seuls à couvrir tout le pays souvent dans une situation de quasi monopole. C’est ce qui explique du reste qu’à chaque coup d’Etat le premier reflexe des sbires soit d’occuper l’ORTM. Les media d’Etat doivent devenir des media citoyen non au service du pouvoir mais au service de la population. Il faut que l’ORTM cesse d’infantiliser les téléspectateurs maliens en voulant fabriquer l’opinion publique que les maliens doivent avoir de tel ou tel problème par le traitement parcellaire, partisan, et sous un seul angle de l’information. Il faut laisser les téléspectateurs se faire leur propre opinion des choses. Et pour cela, pour chaque information traitée, il faut diffuser en même temps l’opinion de ceux qui sont « pour » et de ceux qui sont « contre ». Et comme en information la force est à celui qui a le dernier mot, ne le réserver alors qu’au gouvernement. Mais par exemple, parler des accords en ne donnant la parole qu’à ceux qui sont « pour » sans laisser le téléspectateur dans le même élément entendre les reproches de ceux qui sont « contre » est un crime d’information dont l’ORTM, l’ESSOR et tous les media d’Etat au Mali se rendent coupables tous les jours sur les media de nos impôts. Ils doivent tous être traduits devant le tribunal de la liberté d’expression et de l’information pour le développement.


12. La mise en œuvre intelligente et consensuelle de l’accord de paix et de réconciliation. Il faut au début et à la fin de tout cela procéder diligemment à la mise en œuvre intelligente des accords. L’accord de paix et de réconciliation divise la société malienne en pour et contre. Selon les opposants, il porte non seulement les germes de la partition du Mali, mais aussi et surtout crée deux types de citoyens dans une même Nation : d’un côté, ceux qui par les armes doivent gouverner et profiter de tout et de l’autre, ceux qui travaillent sans réfléchir pour le Mali et qui doivent subir les injustices sans crier.


Youssouf Sissoko
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