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La quête difficile de la paix
Publié le lundi 17 aout 2015  |  Le Pouce




Bamako - Kidal - Alger –Bruxelles (le siège de l’ONU). Le chemin de la paix se révèle trop long pour les Maliens. Ils l’ont cru. Ou, du moins, ont voulu y croire. En signant l’accord d’Alger, sous la conduite d’un émissaire de l’ONU, les Maliens pensaient avoir la paix. Cet accord signé entre le gouvernement du Mali et le groupe rebelle touareg appelé MNLA, est l’aboutissement de la volonté de la Communauté Internationale, de restaurer la paix par le dialogue avec les Mouvements armés du Nord.

Le centre de la ville de Kidal
Le centre de la ville de Kidal
C’est en 2012, après la chute du Guide libyen, Mouhamar Kadhafi, que des troupes armées ayant fui les combats en Libye, traversèrent les frontières, direction Mali où elles ont été accueillies avec tous les honneurs dignes d’un « enfant prodigue ». A l’époque, le pouvoir en place, avait expliqué que le Mali ne saurait tourner le dos à ses « enfants ». La suite est connue. Ce fut le début de la crise.

Deal ou pas deal

Il se dit que les troupes ayant fui les combats en Libye, avaient reçus appuis et conseils des grandes puissances qui s’étaient engagées contre Mouammar Kadhafi en Libye, pour déserter le front afin d’affaiblir le régime du « Guide » et précipiter sa chute. Cette théorie du complot a été largement relayée sur les réseaux sociaux. Et les Maliens sont de plus en plus persuadés que le Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA) qui s’est vite reconstitué puis passé à l’attaque contre l’Etat malien, a été transporté depuis Les côtes libyennes par une puissance étrangère pas aussi étrangère aux Maliens.

Qu’à cela ne tienne. Le pouvoir en place au Mali à l’époque, aurait dû se montrer un peu plus prudent en commençant d’abord par désarmer ses « enfants » lourdement armés en provenance de Libye et en renforçant la sécurité tout au long des frontières afin de minimiser le risque d’infiltration des armes et de connectivité entre éléments du MNLA et narco trafiquants et autres alliés. Trop occupées par les élections présidentielles qui pointaient à l’horizon et les ambitions inavouées des uns et des autres pour le sujet, les autorités ont mis de côté l’aspect sécuritaire. Et puis, que peut-on craindre d’ « un fils du pays » ?

L’erreur (voulue) de la France et de l’ONU

L’ONU : une institution pour légitimer les actions même celles machiavéliques et démoniaques des grandes puissances ? En Côte d’Ivoire, cette institution a, en quelque sorte, « légitimée » l’action armée des « soldats » d’Alassane Ouattara soutenus par la France et ses alliés contre le pouvoir de Laurent Gbagbo. Du sang a été versé au nom des règles démocratiques. En Libye, on rebelote. Sous le prétexte de mettre fin à un régime « dictatorial », l’ONU autorise le bombardement dont les conséquences sont indéfinissables. Kadhafi est mort, la Libye est –elle au mieux ?

Mali, on belote. Un groupe armé prend les armes pour… revendiquer. Les principes démocratiques universellement reconnus et apparemment si chers à l’ONU et ses Grands membres, interdisent la lutte armée pour des actions politiques. Si en Côte d’Ivoire et en Libye, ça a passé, pourquoi ça ne passera pas au Mali ? Si le MNLA avait des revendications politiques, il devait emprunter autre chemin que celui des armes. Il a pris le chemin des armes sous les bénédictions des défenseurs des « droits de l’homme ».

Combien de sang a été versé et continuera d’être versé pour que ses revendications aboutissent ?

Le MNLA installé comme un « roi », inspire les autres

Les accords d’Alger, concoctés avec l’aide de la Communauté internationale, donne une place de choix aux membres du MNLA. C’est la preuve qu’avec les armes, on peut avoir ce qu’on veut. Le mandat de l’ONU dit de ne pas combattre les membres du MNLA (comme si c’est écrit sur les fronts qui est MNLA, qui est AQMI…), dont le mouvement est considéré comme « politique ».

C’est la raison qui a amené la France à placer dans ses bagages au moment de son intervention armée, le MNLA, et à l’installer confortablement à Kidal, considéré dès lors comme un « no mans land » pour le gouvernement malien et son armée.

Aujourd’hui, le même mouvement revendique des places de choix dans le gouvernement. Et il l’obtiendra ; lui, qui a déjà obtenu, au nom de l’application de l’Accord d’Alger, la libération de plusieurs de ses membres arrêtés pour crimes de guerre. Pourquoi d’autres mouvements armés ne s’en inspireront-ils pas ?

L’attaque de l’hôtel de Sévaré a été revendiquée par un mouvement armé dit de libération du Macina reconstitué à la faveur de cette crise. Ce mouvement, serait celui de « peuls ». Demain, ce serait qui ? Les bambaras de Ségou ? Les bobos ? Les Sénoufo ? Les Dogons ? Les Sarakolés ? …

Sans trop le vouloir peut-être, la France et l’ONU sont en train de cultiver les germes de la division sous base ethnique, au Mali, un peuple, jusque-là qui arrivait à vivre en parfaite harmonie malgré sa diversité culturelle.

Pour sortir de cette mauvaise passe, la classe politique malienne doit se montrer plus inspirée et plus responsable. La guerre pour le fauteuil présidentiel n’a de sens que si l’Etat est débout, sur ses jambes. Pour la question sécuritaire, il ne devrait y avoir opposition ni majorité. Tous les Maliens doivent parler de la même voix. Face à l’impérialisme colonial, ça doit être la même chose. Uni, un peuple est fort et peut surmonter les obstacles. Désunis, il est vulnérable et ne peut grand- chose face à ses ennemis.

Tièmoko Traoré
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