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Section III ADEMA-PASJ : Les militants dénoncent la suspension de leur Maire
Publié le lundi 24 aout 2015  |  Le Malien
Adama
© Autre presse par DR
Adama Sangaré, maire de Bamako




Initialement destinée à la rentrée politique communale, la rencontre de samedi a tourné finalement autour de la mesure ministérielle de mise à l’écart de M. Adama Sangaré de ses fonctions de Maire du District de Bamako. Secrétaire général de la Section III, Vice-président de l’ADEMA-PASJ, parti membre de la mouvance présidentielle, Adama Sangaré a, en effet, été suspendu, mercredi dernier par le Ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, M. Abdoulaye Idrissa Maïga, pour « mauvaise gestion ». Indignation et colère des Abeilles qui dénoncent le « harcèlement » et la « persécution » de leur élu. D’autres, la « trahison » de leur allié.

Ils étaient des dizaines, voire des centaines de militants et responsables du parti de l’Abeille, l’ADEMA-PASJ, à prendre part à la conférence de la section III. C’était le samedi dernier au Carrefour des Jeunes. Le président du parti, Pr. Tiémoko Sangaré, le Secrétaire général Assarid Ag Imbarcawane et bien d’autres ont honoré de leur présence l’éclat de la rencontre. Le thème initialement prévu par la conférence de section était la rentrée politique. Et il devrait débattre de l’état de santé du parti dans la Commune, les préparatifs des prochaines élections communales, etc.

Actualité oblige, la récente mesure de suspension du Maire Adama Sangaré s’est invitée dans les débats. Les appels au calme et à la retenue des responsables, Tiémoko Sangaré et Adama Sangaré en tête, n’y ont rien fait. Très remontés, les militants ont tour à tour pris la parole. Qui pour dénoncer le « harcèlement » perpétuel à l’encontre de l’élu. Qui pour décrire la « persécution » d’un homme dont le seul tort est d’avoir consacré son énergie à la promotion de sa Commune.

Entre deux interventions, les représentants du Comité Exécutif (CE) du parti tentaient de calmer le jeu. Des personnes âgées, pas des moindres parmi les notabilités, sympathisants de l’ADEMA, sont allées jusqu’à dénoncer la « trahison » de l’allié présidentiel qu’est le RPM (Rassemblement Pour le Mali), parti politique au pouvoir.

« Nous demandons au CE de prendre ses responsabilités », a lâché une militante. « S’ils ne font rien, nous allons-nous assumer », a renchéri un autre militant, en référence aux membres du Comité exécutif du parti, taxés d’être amorphes face aux agissements du RPM.

Rappelons qu’effectivement, c’est sur décision du Ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Abdoulaye Idrissa Maïga, que le Maire, M. Adama Sangaré, a été suspendu de ses fonctions. C’était le mercredi pour « mauvaise gestion », selon un communiqué laconique. Cette mesure survient alors que la tenue des prochaines élections municipales est prévue pour le 25 octobre 2015. Adama Sangaré et ses camarades Abeilles gardent à présent une confortable majorité à Bamako surtout en Commune III.

L’homme jouit auprès de ses administrés une forte admiration. Et au rythme où allaient les choses, tout laissait prévoir encore une victoire de son parti à grande échelle dans le District de Bamako. Ecarter donc Adama Sangaré de la course, cela a semble-t-il, été la solution facile au parti du Ministre-Secrétaire général adjoint du RPM, Abdoulaye Idrissa Maïga.

Bamako, la rumeur, a laissé entendre depuis des mois que le RPM préparerait le « nouveau » poste de Maire de Bamako pour la « belle-fille ». Le candidat du RPM, M. Ibrahim Boubacar Kéïta, était devenu Président de la République en 2013, son fils, Karim Kéïta, l’a aussi tôt suivi en se faisant élire député à l’Assemblée nationale. Il est par la suite devenu Président de la Commission Défense et Sécurité de l’auguste institution. Son épouse n’est autre que la fille de l’actuel président de l’Assemblée nationale, M. Issaka Sidibé. Et c’est d’elle dont parlait Bamako la rumeur.

RPM en parti-Etat

Remarques d’observateurs de la scène politique nationale. Depuis la victoire à la présidentielle, le RPM a été envahi par des opportunistes de tous acabits. Suite logique, les structures originelles ont du mal à fonctionner.

A Gao, Sikasso, Bamako (Communes III et V par exemple), les responsables ont été incapables d’accorder leur violon. Si ce n’est pas la suspension d’une section, l’on assiste à l’existence de deux bureaux parallèles.

Les hauts responsables du parti n’ont aujourd’hui d’autre solution que de s’appuyer sur des instruments de l’Etat et de l’Administration pour fonctionner, vivre. Des recrutements de militants sont opérés en catimini dans les services publics.

Pour devenir « quelqu’un » aujourd’hui au Mali, il faudra militer au sein du RPM. Tel est le sentiment qui se dégage chez nos compatriotes. La transhumance politique est encore devenue une vertu « made in RPM ».

Enfin, mauvaise gestion pour mauvaise gestion, les responsables du RPM rendront un énorme service à notre pays en faisant toute la lumière sur les nombreux scandales qui ont déjà émaillé ses deux ans au pouvoir : avion présidentiel, achat d’armement, défaite de Kidal, engrais, pétrole, etc.

B.Koné
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