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Maliens debout, la patrie est en danger !
Publié le mercredi 26 aout 2015  |  Le Canard Déchaîné
Marche
© aBamako.com par A.S
Marche des organisations de la société civile.
Bamako, le 27 mai 2015 la société civile a marché pour soutenir l’accord de paix d’Alger de la place de la liberté a la place de l’indépendance.




En instaurant, sans se référer aux autorités maliennes, une « zone de sécurité » à Kidal, le patron de la Minusma a outrepassé son mandat. Et, du coup, entériné la partition de fait du Mali.

Les Maliens se sont endormis. Assoupis, comme atteints de la maladie du sommeil. Une trypanosomiase, comme diraient les vieux infirmiers. Alors que les problèmes sont, de plus en plus, insurmontables ; de plus en plus insolubles.

Profitant de l’accrochage, entre le GATIA et la CMA, intervenu la semaine dernière, aux abords de la « capitale de l’Adrar », la Minusma décrète une zone de sécurité à Kidal. Pire, sans en discuter avec le gouvernement malien. Comme si, le Mali est un pays sous tutelle des Nations-Unies.

De leur côté, les populations s’attendaient à une réaction énergique du président de la République. Ou, à tout le moins, un refus catégorique du gouvernement de l’instauration d’une telle « zone de sécurité ». Mais, en lieu et place, elles ont eu droit à un communiqué laconique, dans lequel les autorités maliennes semblent s’accommoder de cette situation. Curieusement. D’où la colère des populations.



Le départ du patron de la Minusma réclamé par les populations



Au nord, comme au sud de notre pays, la colère le dispute à l’indignation. Partout, deux revendications : l’annulation de cette « zone de sécurité » et le départ immédiat de Mr Mongi Hamdi, représentant de la Minusma au Mali.

« Il revient, désormais, à nous Maliens de prendre notre destin en main, en nous dressant contre les décisions susceptibles de diviser notre pays, toutes les décisions qui ont tendance à privilégier certains Maliens plus que d’autres », entend-on çà et là.

Pour les Maliens, toutes communautés confondues, l’instauration de cette « zone de sécurité » n’a qu’un seul but : faire de la région de Kidal un « Etat dans l’Etat du Mali ».

En effet, c’est l’objectif recherché par la France, à travers la Minusma. Du coup, tout est sujet à prétexte pour arriver à cette fin. Rappelez-vous : la tentative d’instauration d’une « zone de sécurité » à Tabancort, localité située à quelques encablures de la « capitale de l’Adrar » s’inscrit dans ce cadre. Mais la suite, on la connaît. Flairant le danger, les jeunes de Gao ont marché sur le siège de la Minusma. Pour les faire plier, le général français, qui dirigeait les troupes de la Minusma, ordonne d’ouvrir le feu. Bilan : des morts et des blessés. Pour calmer les populations réclamant le départ de la Minusma, mais aussi les organisations de défense des Droits de l’Homme, qui menaçait de porter plainte, contre la Minusma, pour « meurtre, coups et blessures volontaires », le secrétaire général des Nations-Unies, Ban-ki Moon, s’est confondu en excuses. Pour mettre fin aux poursuites judiciaires, engagées contre elle, la Minusma s’est engagée à dédommager les victimes. Avant de présenter ses plates excuses aux populations de « la cité des Askia ». Mais les Maliens croyaient que cette histoire de « zone de sécurité » relève, désormais, du passé. Erreur. Car, tout est et sera sujet à prétexte, à la Minusma, pour aboutir à ses fins : entériner la partition du Mali, d’une part. Et, d’autre part, mettre leurs « petits amis » de la rébellion à l’abri des emmerdes.

C’est ce projet, que la Minusma vient de déterrer, à nouveau, au lendemain de l’accrochage qui a opposé, la semaine dernière, le GATIA à la CMA. Sans en discuter avec les autorités maliennes, la Minusma décide, elle seule, d’ériger une « zone de sécurité » à kidal.

Plus grave encore, la Minusma avait même accusé le GATIA d’avoir violé le cessez-le feu. Avant le début des enquêtes. Pour les populations maliennes, celles du nord comme celles du Sud, la complaisance de la Minusma, vis-à-vis de la rébellion, ne fait plus l’ombre d’un doute. Mais qui a attaqué qui à Kidal ?



La Minusma outrepasse son mandat



Dans son nouveau mandat, renouvelé fin juin, le rôle de la Minusma est d’aider le gouvernement malien à rétablir son autorité sur toute l’étendue du territoire national, y compris à Kidal, considéré par elle comme « un Etat dans l’Etat du Mali ». Mais aussi, à protéger les populations civiles contre toutes formes d’agression.

Mais au pied du mur, le maçon, pardon la Minusma se comporte autrement, en foulant à ses pieds la souveraineté de notre pays. Qu’ils soient Français ou pas, ses représentants agissent comme si le Mali est une République bananière, dirigée par des Préfets ou Sous-préfets, nommés ou dépendants de la France. Dont la motivation, dans la crise malienne, est double : accorder, à défaut de l’indépendance, l’autonomie à la région de Kidal pour mieux profiter de ses immenses ressources minières ; mais aussi, mettre à l’abri de la « domination noire » la population blanche de Kidal. En clair, la France a une lecture « raciste » de la crise malienne. Lecture, qui n’est pas bien perçue par les Maliens. Parce qu’il n’est pas visible ; parce qu’il n’a pas encore fait l’objet d’une revendication écrite. Mais elle apparaît, derrière les « éléments de langage » employés par les autorités françaises et les communicants de la rébellion touareg. A noter que les touareg, toutes communautés confondues, représentent 11 % des populations du Nord. Et 0,98 % de la population malienne, estimée à 15 millions d’âmes. Mais entre la CMA et le GATIA, qui a attaqué qui ? Qui a violé le cessez-le fou, pardon le cessez-le feu ?



La CMA viole le cessez-le feu, le GATIA accusé par la Minusma



Les armes se sont, à peine tues, que la Minusma accuse le GATIA d’avoir violé le cessez-le feu. Or, la réalité est tout autre. Que s’est-il passé, la semaine dernière, à Kidal ?

Une semaine auparavant, les leaders des deux mouvements armés se sont réunis pour définir, d’un commun accord, les zones dont chaque mouvement doit assurer la sécurité. Seulement voilà : la CMA, qui n’est jamais à court d’imagination pour torpiller le processus de paix, a profité d’une occasion pour mettre le GATIA, son ennemi intime, au ban de la communauté internationale.

Un groupe de combattants du GATIA rendent visite à des parents à Kidal. Remarqués par ceux de la CMA, ils essuient des tirs à l’arme lourde. Certaines sources sur place annoncent même des blessés parmi les combattants du GATIA.. Après avoir échappé à leurs poursuivants, ils alertent leurs camarades pour une riposte à la hauteur de cette énième provocation, qui ne dit pas son nom. Revenus, cette fois-ci en grand nombre, les combattants du GATIA contre-attaquent. C’était aux abords d’Anefis, tombé aux mains du GATIA. Sa progression à Kidal a été stoppée, à quelques kilomètres de là, par la Minusma. Avant d’accuser le GATIA de violer le cessez-le feu. Plus grave encore, avant même le début de l’enquête, annoncée par la force onusienne, plus prompte à sauver la face de ses « petits amis » de la rébellion, militairement défaits, que de veiller à la sécurité des populations.



IBK se tait, les Maliens en colère



C’est dans un communiqué laconique, que le gouvernement a exprimé sa surprise, face à la décision de la Minusma d’ériger une « zone de sécurité » à Kidal. Avant de mettre en garde l’organisation onusienne contre toute prise de position dans ces affrontements. Trop c’est trop ! Après avoir massacré, à bout portant, les jeunes de Gao qui manifestaient à mains nues pour dénoncer la complaisance de la Minusma vis-à-vis des rebelles, fait de Kidal un « Etat dans l’Etat du Mali » et entériné, de fait, la partition du Mali à travers l’établissement d’une prétendue « zone de sécurité », la Minusma est, désormais, indésirable au Mali. Son mépris pour nos autorités et nos populations ne souffre, désormais, d’aucune ambiguïté.

Maliens, réveillez-vous ! Car, cette fois-ci, c’est un sommeil de trop. Dormir, c’est mourir un peu ; c’est mourir tout court.



Oumar Babi
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