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Intervention militaire dans le nord : Que décidera le conseil de sécurité ?
Publié le jeudi 20 decembre 2012  |  Le Prétoire


Conseil
© Autre presse par DR
Conseil de sécurité de l`ONU


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La décision du conseil de sécurité concernant une intervention militaire dans le nord du Mali est très attendue cette semaine. Tous les esprits sont tournés vers New York et espèrent une réponse favorable à la requête malienne.

La guerre de libération du nord du Mali aura-t-elle lieu de sitôt ? C’est la question qui taraude aujourd’hui les esprits, ici même au Mali, et sans doute chez les amis et partenaires de ce pays dont le septentrion est entièrement occupé depuis avril dernier par des groupes armés, terroristes, islamistes et narcotrafiquants. Les uns et les autres seront fixés dans quelques heures. En effet, c’est aujourd’hui, à New York, que le Conseil de sécurité de l’Onu doit en principe se prononcer sur le concept d’opération harmonisée et conjointe dans le nord. Fruit des états-majors du Mali et des autres pays de la Cédéao, le document a été approuvé et validé par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine qui l’a transmis à l’organisation mondiale. Si, pour une fois, le concept est suffisamment clair et concis, il n’est pas sûr néanmoins qu’il aura l’aval des Nations unies, du moins en ce qui concerne une exécution immédiate, option à laquelle les Etats-Unis et le secrétaire général de l’Onu semblent opposés. L’administration Obama ne s’en cache pas, elle exige des élections générales au Mali, notamment un président démocratiquement élu, qui donneraient plus de légalité et de légitimité aux organes de la transition. Récemment, Ban Ki-Moon non plus n’a pas caché ses réserves sur une intervention « hasardeuse et dangereuse » pour la stabilité des pays du champ. Une réserve qui lui semble être dictée par son représentant en Afrique de l’Ouest, l’Algérien Saïd Djinit, dont certains compatriotes ne veulent pas d’un nord malien occupé par les forces armées et de sécurité malienne.

Se situant aux antipodes de ces réserves, le nouveau Premier ministre malien, Diango Cissoko, a déclaré, mardi 18 décembre sur les ondes de Rfi, qu’il n’est pas question d’organiser des élections sans la participation effective des populations des grandes villes du nord. Pour lui, tenir ces scrutins sur un quart du territoire national reviendrait à cautionner la partition de fait du pays. Avant lui, la présidente de la commission de l’Union africaine avait tenu les mêmes propos avant d’aopter un silence radio. Le président français, François Hollande, pour sa part, ne parle pas d’élections mais défend fortement le concept d’opération harmonisée et conjointe, notamment auprès de ses pairs de l’Union européenne. Mais, tout semble indiquer, qu’il veut, de même que le médiateur burkinabé dans la crise malienne, une intervention conjointe des forces africaines avec les groupes touaregs rebelle, Mnla, et terroriste, Ansar Eddine, honnis par les populations maliennes. Comment Diango Cissoko va-t-il faire pour reconquérir le nord avant d’organiser des élections sur l’ensemble du territoire national ?

Un pays exsangue

Sorti depuis peu du handicap des sanctions imposées par la Cédéao et la communauté internationale, son pays est exsangue. Les activités économiques tournent au ralenti et, effectivement, le Mali souffre d’un manque de représentativité sur le plan international et d’une instabilité institutionnelle. A l’heure actuelle, personne ne sait qui a la réalité du pouvoir même si une des trois têtes de l’étrange animal qu’est le Mali (hippopotame en bambara) est tombée le 11 décembre dernier. Même si également, un gouvernement dit d’union nationale a été formé dans la foulée, avec seulement six nouveaux entrants. Avec un Premier ministre démis et un nouveau gouvernement formé dans les circonstances qu’on sait, un président de la République par intérim sans légitimité ni légalité manquant d’autorité, une junte militaire qui a du mal à se retirer de la scène politique, Diango Cissoko pourra-t-il contraindre les Etats-Unis et l’Onu à diligenter une intervention armée dans le nord ? La tâche parait bien compliquée pour le Premier ministre, le dernier mot revenant toujours à ceux qui se prennent pour les gendarmes du monde. Et au niveau du conseil de sécurité, ce sont eux qui ont la réalité du pouvoir. Les autorités feraient mieux alors de reprendre la souveraineté diplomatique et politique transférée à l’extérieur pour une offensive internationale.

Sans cela, il faut le dire, le nord n’est pas près de sortir du tunnel obscurantiste où l’ont plongé les terroristes, jihadistes, narcotrafiquants et indépendantistes.

Cheick Tandina


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