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Démission de Cheick Modibo Diarra : Les péchés capitaux d’un navigateur
Publié le jeudi 20 decembre 2012  |  Le Prétoire


Cheick
© AFP
Cheick Modibo Diarra, Premier Ministre de la République du Mali participe à l`Assemblée générale des Nations Unies le 26 Septembre 2012, à New York


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Le désormais ex-Premier ministre, Cheick Modibo Diarra, a démissionné dans la nuit du 10 au 11 décembre. Les militaires qui l’ont débarqué ne sont pas seuls à nourrir des griefs contre lui. Le navigateur interplanétaire était parvenu à se mettre tout le monde sur le dos

Propulsé au devant de la scène politique à la suite du coup d’Etat du 22 mars 2012, Cheick Modibo Diarra était, jusqu’au 11 décembre dernier, le Premier ministre de la transition malienne. Nommé à ce poste le 17 avril 2012 par le président de la République par intérim, Cheick Modibo Diarra(CMD) devait s’atteler à deux missions principales : la reconquête des régions nord du pays et l’organisation des élections générales. Considéré comme l’homme providentiel compte tenu non seulement de sa neutralité dans la gestion des affaires du pays sous les régimes Alpha Oumar Konaré et Amadou Toumani Touré, mais aussi de sa notoriété internationale, CMD a lamentablement échoué. Comment l’astrophysicien a-t-il pu pécher jusqu’à ce point?

‘’La politique ne s’improvise pas’’, a-t-on coutume de dire. Cet adage convient parfaitement à Cheick Modibo Diarra. Fondateur du Rassemblement Pour le Développement du Mali (Rpdm), CMD, une fois nommé, s’est mis à la tâche. Très vite, il a formé le Gouvernement. Composé en majorité des partisans de la junte et du Premier ministre lui-même, ce gouvernement a vite été dénoncé par certains partis et regroupements politiques dont le Fdr, le parti Sadi… tout simplement parce qu’ils n’ont pas été consultés lors de la mise en place. Malgré tout, ces formations politiques et regroupements ont décidé de le soutenir, compte tenu de la situation qui prévaut dans le pays. Très tôt, CMD a multiplié les erreurs par des sorties médiatiques intempestives et des déclarations qui frisent l’injure au peuple et surtout au Chef suprême des armées.

La communication est primordiale dans la gestion des affaires publiques. Dans tous les Etats du monde, tout propos émanant d’un haut responsable, de surcroit le Premier ministre, est suivi par les populations avec beaucoup d’attention. Ces propos sont ensuite analysés, commentés et surtout critiqués. De même que ses adversaires politiques, les partisans du Premier ministre se font une idée de ses déclarations. Un responsable, de surcroit chef de gouvernement, se doit de remuer beaucoup fois la langue avant de parler. En communication, CMD a beaucoup péché.

Il disait tout ce qui lui venait en tête sans se soucier des effets que ces déclarations pouvaient produire. Certaines déclarations fracassantes tristement célèbres sont restées gravées dans la mémoire de nos concitoyens, telles que ‘’ je ne sais pas à qui je vais remettre ma lettre de démission’’. Publiquement, sur les antennes de l’Ortm, il a dénigré la délégation envoyée par le président de la République au Burkina Faso. ’’Ce sont des envoyés de Bamako ; au moment venu, je formerai une délégation officielle’’.

Rupture avec la junte

Protégé par la junte, il ne rendait compte à personne surtout pas au chef de l’Etat à qui il déniait toute autorité. Pendant qu’une de ses missions principales était la reconquête du nord, il n’aurait rien fait pour l’armée même si, à ses dires, il aurait débloqué sept milliards pour les forces armées et de sécurité, en plus de l’instauration d’une « prime Haya », allouée à certains soldats.

En neuf mois, ce n’est pas avec Kati seulement que le « Martien » se serait brouillé. En effet, à l’occasion de la formation de son fameux gouvernement d’union nationale, il est parvenu à se mettre sur le dos une grande partie de la Copam et du Mp 22, deux regroupements qui lui avaient auparavant apporté un soutien total. De même, l’association « Yèrèwoloton », qui avait carrément squatté l’Assemblée nationale pour défendre les intérêts de Cmd, a fini par se lasser des incartades de son mentor avant de lui tourner le dos.

CMD qui s’est toujours mépris sur le vrai sens de Premier ministre de pleins pouvoirs, a fini par en abuser au point de créer et de maintenir une tension permanente au sommet de l’Etat. Il faut dire qu’il avait un soutien de taille : le Haut conseil islamique. Pourtant, selon plusieurs sources, il a également tenté de manipuler celui-ci au point de créer des dissensions en son sein.

Nouhoum DICKO


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