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Entre nous : Les partis politiques se coalisent contre le peuple !
Publié le vendredi 27 novembre 2015  |  Le challenger
Conférence
© aBamako.com par A.S
Conférence de presse de Soumaila Cissé
Bamako, le 30 juillet 2015. Le chef de file de l’opposition malienne, honorable Soumaila Cissé était face à la presse à la Maison de la presse. Objectif : échanger avec les hommes de media sur le statut de l’opposition, le rôle du chef de file et donner son point de vue sur l’actualité au Mali




Les partis politiques constituent l’un des maillons les plus importants de la démocratie. Ils ont pour vocation la conquête et l’exercice du pouvoir. Pour cela, ils doivent participer régulièrement aux élections afin de solliciter la voix des électeurs. Au Mali, le multipartisme intégral, l’une des revendications des acteurs du mouvement démocratique qui se sont soulevés contre la dictature du Général Moussa Traoré, a accouché de 150 formations politiques.

En 1992, aux premières heures de la démocratie, les partis politiques hésitaient à former des listes d’alliance. Aujourd’hui, on assiste à une véritable coalition des partis politiques contre le peuple. Des formations politiques défendant la ligne libérale soutiennent des socialistes. Et des socialistes se retrouvent sur la table des libéraux.

En absence de visions ou de projets de société, l’alliance se fait et se défait au gré des intérêts des leaders dont une frange importante gère les partis comme des entreprises personnelles. Selon une enquête d’Afrobaromètre sur « la crise au Mali : attitudes populaires ambivalentes sur la voie à suivre », 58% des Maliens ne se sentent proches d’aucun parti politique en 2012. Les partis politiques, incapables de s’offrir un électorat et de le fidéliser, se coalisent contre le peuple.



Lors des élections législatives de 2013, des alliances contre-nature ont été faites par les partis politiques. Ainsi, à Bankass, on notait la liste ASMA-CFP-URD-CODEM. À Bla, c’était RPM-FARE Anka Wuli. Le RPM, l’ADEMA, L’URD, les FARE Anka Wuli se sont coalisés à Dioïla pour rafler les cinq sièges. A Koutiala, on s’est retrouvé avec une alliance SADI-ADEMA-URD-MPR. A Ténenkou, le RPM et L’URD étaient sur la même liste. « On peut remarquer sur ces listes que des partis ayant soutenu le Président élu, Ibrahim Boubacar Kéita et ceux qui ont soutenu son challenger, Soumaïla Cissé sont sur les mêmes listes. La liste RPM-URD de Ténenkou est l’une des plus surprenantes.

Comment deux partis qui s’étaient affrontés au 2ème tour de l’élection présidentielle peuvent, quelques mois après, constituer une liste commune aux élections législatives ? Sur quelle base s’est faite cette alliance ? », faisait remarquer l’édition 2014 du rapport national sur le développement humain avec comme thème « Gouvernance Socio-économique, politique, sécuritaire et résilience de la crise 2012 au Mali : enjeux et perspectives».

Le phénomène d’alliances contre-nature, voire incestueuses, gagne du terrain d’une élection à une élection. Les élections communales et régionales avortées du 25 octobre dernier ont confirmé cette propension de nos leaders politiques à persister dans ce jeu d’alliance indigne d’une démocratie qui se veut au service du peuple et non d’une élite minoritaire corrompue.

Comment comprendre l’alliance RPM-CODEM-ADEMA-ASMA-CFP en commune II du District de Bamako aux élections communales avortées ? De même à Mopti pour les régionales, comment l’URD qui s’est positionnée dans l’opposition, peut aller en alliance avec l’UM-RDA, un parti de la mouvance présidentielle ? Toutes ces alliances ont une explication : servir les intérêts d’une classe politique plus affairiste que patriotique qui conçoit la démocratie comme une grande marmite au service d’une minorité au détriment du peuple.

Chiaka Doumbia
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