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Les populations à la frontière sénégalo-malienne éprouvées par la crise au nord du Mali
Publié le mardi 22 janvier 2013  |  Agence Africaine de Presse




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Diboli (Mali) Correspondance particulière d’Alpha Jallow - Les Sénégalais et les Maliens, surtout les commerçants qui exercent leurs activités des deux côtés de la frontière commune aux deux pays, se plaignent beaucoup des conséquences de la crise au nord du Mali.

Dans un entretien avec APA, les gens vivant et travaillant non loin des zones frontalières de Kidira et de Diboli, qui du reste sont calmes, se sont plaints des restrictions sécuritaires qui leur sont imposées et leur empêche de gagner honnêtement leur vie.

Ces mesures sont dictées par l`exacerbation de la crise au Mali qui a nécessité l`intervention des forces françaises et ouest-africaines pour aider l`armée malienne à mettre fin à l`occupation des régions septentrionales du pays par des rebelles qui avaient profité du coup d`Etat du 22 mars 2012 à Bamako pour lancer leur offensive.

Diboli au Mali et Kidira, son pendant de l`autre côté de la frontière avec le Sénégal, accueillent une importante communauté de Sénégalais qui s`activent dans le commerce du textile, de la teinture et des autres vêtements maliens.

Ils craignent une prolongation des hostilités qui pourrait mener à un tarissement des ressources disponibles et affecter dangereusement les entreprises locales grâce auxquelles ils gagnent leur pain quotidien.

Depuis le début de la crise, en mars dernier, de nombreux réfugiés venant de Mali se sont installés dans les deux villes où certains d`entre eux s`adonnent au petit commerce et à d`autres activités pour subvenir à leurs besoins.

Il est difficile de déterminer le nombre exact des déplacés, mais d`après certaines estimations, ils seraient environ 15.000. Avec l`exacerbation du conflit, ce chiffre pourrait augmenter.

Même si la frontière occidentale du Mali avec le Sénégal est très éloignée du théâtre des opérations, Coumba Cissokho, une des centaines de Maliens ayant fui la ville de Gao qui est tombée aux mains des islamistes, déclare avoir des doutes au sujet du sort de ses proches qu`elle a laissés derrière elle.

Coumba qui gère un petit restaurant à Kidira soutient l`intervention de la France au Mali (ancienne colonie française). En effet, souligne-t-elle, son pays était menacé, notamment les civils qui sont sans armes et sans défense. Certains, dit-elle, ont vécu les combats à Konna où onze d`entre eux ont été tués dans les affrontements entre les troupes d`intervention et les insurgés se battant pour le contrôle de la ville.

“La communauté malienne de Kidira est reconnaissante à la France pour son action vaillante, mais il reste que les images diffusées par la télévision, au sujet de l`intensification des frappes aériennes dans le nord font que beaucoup de mes compatriotes ne peuvent plus dormir”, se lamente Coumba, l`air complètement désemparée.

“Cela fait trois jours que j`essaie sans succès d`entrer en contact avec ma famille à Gao. Je m`inquiète de ce qui pourrait arriver à mes parents et proches qui se terrent toujours dans la ville. Je prie pour que le Mali retrouve la paix le plus tôt possible, afin que je puisse, en même temps que les d`autres Maliens, retourner au pays pour y vivre en paix” a-t-elle ajouté.

Almamy Touré, un ressortissant malien qui tient une boutique à Kidira, a également du mal à cacher ses craintes. L`homme se sent impuissant à l`idée de penser à l`insécurité dans laquelle doit se trouver sa famille restée à Sévaré, un village situé dans la région de Gao, donc proche du front.

”Chaque jour j`utilise 10.000 francs CFA pour l`achat de cartes de crédit, pour pouvoir appeler ma famille et m`enquérir de leur situation”, a-t-il expliqué.
Pour Maïmouna Diarra, une autre femme d`affaires de la localité, la seule manière qui vaille contre les rebelles est de faire intervenir de troupes étrangères pour aider l`armée malienne en difficulté, à mettre fin à cette occupation qui n`a apporté que souffrances aux populations.

Elle a par ailleurs estimé qu`après des mois de négociations, il était devenu évident que le dialogue avait montré ses limites à résoudre la crise dans son pays. Elle a donc appelé le gouvernement de Bamako et ses alliés à mettre les négociations au rancart et à "faire résolument face aux terroristes”.

Pour sa part, Aliou Touré, un homme d`affaires sénégalais s`est plaint des conséquences négatives du conflit sur les activités économiques au niveau local, ajoutant qu`elles n`avaient pas encore atteint un niveau où ces activités pourraient être amenées à s`arrêter du fait de la prolongation de la crise.

En attendant, les forces de sécurité du Sénégal sont en alerte maximale le long de la frontière, suite à des informations faisant état de la récente arrestation de dizaines d`individus dont plusieurs Maliens, qui tentaient d`entrer clandestinement dans le pays.

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