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"La charia, c`est fini" à Ansongo, qui fête soldats nigériens et maliens
Publié le mardi 29 janvier 2013  |  AFP


Arrivée
© aBamako.com par as
Arrivée des militiares nigérians à Bamako
18/01/2013. Arrivée de l`armée Nigeriane à l`aéroport de Bamako Senou.


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ANSONGO (Mali) - "La charia (loi islamique), c`est fini", lâche Ali, 7 ans, à l`arrivée du convoi militaire nigérien et malien.

Pour la foule en liesse, l`entrée de ces troupes à Ansongo (nord du Mali), près de Gao, signe la fin de la terreur imposée par les jihadistes, désormais invisibles.

Non loin du petit garçon aux pieds nus et au tee-shirt usé, Abdulbaki Maïga, la trentaine, exprime le même soulagement à la vue du convoi entré mardi en début d`après-midi en provenance du Niger, à 80 km au sud.

"La terreur, c`est fini. On respire déjà un peu", dit-il en langue locale songhaï, parmi les cris de joie et les coups de klaxons qui éclatent dans cette localité située à 80 km au sud de Gao et contrôlée ces derniers mois par les combattants du Mouvement pour l`unicité et le jihad en Afrique de l`Ouest (Mujao).

"A bas le Mujao !", hurle un jeune qui passe à toute vitesse à moto, avant d`arracher un drapeau jihadiste accroché à un poteau électrique.

Pour marquer l`événement, Abdoulatif Touré, 16 ans, n`a pas moins de trois cigarettes aux lèvres. Il explique n`avoir "pas fumé depuis le départ des soldats maliens" chassés l`an dernier du Nord par les islamistes, qui imposaient leur vision ultra-rigoriste de la charia.

Avant même l`arrivée des soldats nigériens, suivis de militaires maliens et d`un détachement français, le jeune Ahmed, écoutant sur son téléphone portable des chansons maliennes, se livrait à un autre plaisir banni jusqu`à ces derniers jours: "enfin je peux savourer la musique!"

La foule, qui compte beaucoup de femmes et d`enfants, est rassemblée en face de bâtiments administratifs bombardés par l`aviation française dans la nuit du 23 au 24 janvier. Ces locaux furent le quartier général du Mujao dans la ville, qui comprenait 36.000 âmes avant d`être désertée ces derniers mois par de nombreux habitants.

"Tout peut venir de partout"

Quelques pas plus loin, un autre symbole: une place où des personnes étaient encore récemment "chicottées" (frappées) par les islamistes au nom de la charia.

Pour avoir refusé de rendre un service aux "gens du Mujao", Mohamed, soudeur d`une trentaine d`années, a été frappé au visage. "Mon oeil n`est toujours pas guéri", raconte-t-il, enveloppé dans un immense drapeau français.

Ivres de joie, des jeunes paradent à motos en agitant des drapeaux maliens et français. Partout, des pancartes célèbrent le Niger et le Mali, la France qui a lancé le 11 janvier l`opération contre les islamistes, et le Tchad, qui appuie la force ouest-africaine en cours de déploiement (Misma).

Où sont passés les jihadistes? Ils ont quitté Ansongo dimanche soir, rapportent des habitants. "Les gens du Mujao ont été signalés dans des villages à 40 km d`ici, au nord", assurent certains.

Il n`y a plus sur place "de présence de force hostile", déclare le colonel Roger Cyril Gabriel, chef du contingent nigérien (500 soldats) de la Misma.

"Mais tout peut venir de partout", met-il en garde. Ses hommes vont s`assurer "que tout Ansongo et ses alentours sont libérés avant de progresser". Les troupes ont rapidement commencé à patrouiller en ville, tandis que deux avions de surveillance survolent régulièrement la zone entre la ville et la frontière.

Parti mardi matin de la localité nigérienne de Yassen, à la frontière, le convoi était formé de plus d`une centaine de blindés, pick-up et 4x4 surmontés de mitrailleuses. Les militaires maliens qui ont suivi les Nigériens sont des éléments du colonel Alhaji Ag Gamou, réfugiés au Niger après la débâcle face aux groupes armés en 2012.

Le convoi a dû franchir prudemment un vieux pont pour arriver à destination. Le pont de Tassiga (à 40 km d`Ansongo), le plus pratique, avait été dynamité ces derniers jours par les islamistes, qui sentaient l`étau se resserrer.

Gao, la grande ville du Nord malien à 1.200 km au nord-est de Bamako, a été reprise le samedi 26 janvier par les armées française et malienne, rejointes plus tard par voie aérienne par des soldats nigériens et tchadiens depuis Niamey.

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