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Violences contre le président de la transition : les autorités chargées de la sécurité doivent rendre des comptes
Publié le mercredi 23 mai 2012   |  Les Echos




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L’heure n’est plus aux condamnations stériles, mais à la prise de sanctions contre les agresseurs de Dioncounda Traoré et les autorités en charge de la sécurité.
Notre pays a échappé de justesse à des violences politiques aux conséquences incalculables. Le Pr. Dioncounda Traoré, le président de la transition, ne devra la vie sauve le lundi 21 mai 2012 où des marcheurs ont attenté à son intégrité physique jusque dans son bureau à Koulouba qu’à la promptitude de l’intervention de sa garde rapprochée.

Les énergumènes téléguidés par les responsables de la Coordination des organisations patriotiques du Mali (Copam) et du Mouvement patriotique du 22 mars (MP-22) ont mis la capitale sous leur coupe réglée. Ils ont coupé la circulation sur la rive gauche du pont Fahd, barricadé des artères principales de la ville aux abords immédiats du monument de l’Indépendance et de l’ex-Primature.

Au même moment, une partie des manifestants s’est dirigée sur Koulouba pour demander à Dioncounda Traoré de démissionner de ses fonctions de président de la transition avec l’objectif cynique de porter atteinte à son intégrité physique.

L’atteinte à l’intégrité physique du président de la transition n’est ni un accident, ni un incident fortuit. Le président de la transition qui entre normalement en fonction ce mercredi suite à la signature le samedi 19 mai entre le médiateur de la Cédéao et le CNRDRE, de l’accord-cadre de prorogation de son mandat après la fin de son intérim de 40 jours le mardi 22 mai, est victime d’actes crapuleux savamment mûris.

Là où le bât blesse, au moment où des condamnations hypocrites fusent de certains responsables de la transition et du CNRDRE, même le citoyen lambda savait que tout était planifié pour les violences de lundi qui ont abouti à l’agression et à la blessure de Dioncounda Traoré. Les autorités administratives et celles en charge de la sécurité ont chacune pour ce qui les concerne leur part de responsabilité.

Sinon comment comprendre qu’après la lecture par le médiateur de la Cédéao, Djribrill Yipéné Bassolé du communiqué final de l’accord intervenu entre la Cédéao et le CNRDRE, que le plateau de la télévision et de la radio nationale soit occupé par des associations favorables à la junte qui invitent à la ténue de la Convention nationale le lundi ?
Leaders religieux, confrérie des chasseurs, etc. se sont relayés sur le petit écran pour mobiliser leurs militants pour la Convention. L’association Appel du Mali (Apma) a occupé au vu et au su de tous, l’esplanade du monument de l’Indépendance du dimanche 20 au lundi 21 mai. Les responsables de l’Apma lançaient à l’occasion des insanités sur Dioncounda, sur une affiche portant sa photo, ils le comparaient à ATT et l’invitaient « à dégager ».

Dans l’édition du JT de 20 h de l’ORTM de samedi dernier, une conférence de presse de la Copam, présidée par Hammadoun Amion Guindo de la CSTM (un syndicaliste qui glisse sur le terrain politique après avoir tout perdu), se faisait précise sur les motivations de la Convention nationale en rappelant que le droit revenait aux Maliens de choisir leur président de la transition dont le conférencier, M. Tabouré déniait la qualité à Dioncounda Traoré.
La Radio Kayira du député Oumar Mariko, secrétaire général de Sadi et membre du MP-22 favorable à la junte, a joué son véritable rôle de Radio Mille collines depuis l’entame des négociations sur la prorogation du mandat du président par intérim. Radio Kayira sur ses différents réseaux à Bamako, Koutiala, Ségou, Niono, entre autres, a même invité la population à la révolte le lundi en occupant les rues et en bravant la mort. Des crieurs publics à bord des mini cars ont sillonné des quartiers et ruelles de la capitale. Ils diffusaient des messages hostiles à la Cédéao, à Dioncounda et contre toute idée de prolongation de mandat après le 22 mai.

Les premiers couteaux
Les marcheurs qui se sont attaqués le lundi à la personne du président de la transition étaient déjà aguerris et savaient ce qu’ils faisaient. Ils sont montés à Koulouba sans butter à un cordon sécuritaire malgré la présence sur leur parcours d’un jalonnement de militaires avec des BRDM. Selon nos informations, des agents antiémeutes du Groupement mobile de sécurité (GMS) envoyés ilico presto pour disperser la manifestation ont été sommés de se replier.
Dioncounda Traoré en bon démocrate n’avait pas vu de mal à rencontrer les manifestants dont il ne doutait pas a priori de la bonne foi. Mais face à des gens mal intentionnés, il a été laissé à son sort après avoir reçu un coup à l’arcade sourcilière. Il a fallu l’intervention in extremis de sa garde rapprochée qui a tiré en l’air pour disperser les agresseurs, ce qui a pu nous éloigner du pire.

Le ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, prompt ces derniers temps à traquer les véhicules sans plaque d’immatriculation et les contrôles inopinés les nuits (de bons réflexes en soi), à défaut de démissionner doit rendre des comptes au peuple. Idem pour les directeurs de la gendarmerie nationale, de la police nationale et de la Sécurité d’Etat comme ce fut le cas lors du match Mali-Togo le 27 mars 2007 où les mêmes responsables, à part le ministre de tutelle, ont été limogés suite aux violences après match.

Le scénario de lundi est le même que les manifestations savamment planifiées en avril dernier à l’aéroport international de Bamako-Sénou par une association créée ex-nihilo et qui a occupé le tarmac pour empêcher l’avion des présidents Alassane D. Ouattara de Côte d’Ivoire, Thomas Yayi Boni du Bénin, Mahamadou Issoufi du Niger, Goodluck Jonathan du Nigeria, venus en négociation dans notre pays pour le rétablissement de l’ordre constitutionnel, d’atterrir. Le CNRDRE s’est confondu en excuses après coup.

Dans le cadre des événements du lundi 21 mai condamnés et jugés dramatiques et incompatibles avec les us et coutumes du Mali par le Premier ministre de pleins pouvoirs, Dr. Cheick Modibo Diarra dans la soirée, les commanditaires qui ont travaillé à visage découvert doivent être interpellés. Toute fioriture ou tergiversation équivaudrait à la démission de l’Etat et l’ouverture d’un cycle de violences politiques infernales dans notre pays.
Ces violences restées impunies vont créer un précédent fâcheux. Un jour ou l’autre, une poignée d’individus mécontents s’en prendra aux symboles et attributs du pouvoir d’Etat comme bon lui semblera. Les Maliens et le monde entier regardent le Premier ministre Cheick Modibo Diarra qui a aujourd’hui la réalité du pouvoir. L’ex-junte doit montrer patte blanche dans cette affaire. Au cas échéant, la crise serait loin d’être dissipée.

La Cédéao a depuis hier mardi condamné les actes du lundi et décidé d’ouvrir des enquêtes et de sanctionner les coupables de l’agression du président de la transition. Toutes choses que le Premier ministre Dr. Cheick Modibo Diarra n’a pas envisagées dans son intervention en bambara du lundi soir.

Comme si ces violences étaient cautionnées par des partis politiques proches du CNRDRE, aucun d’entre eux y compris le RPM d’Ibrahim Boubacar Kéita ne les a condamnées ouvertement. Les quelques condamnations sont venues des partis membres du Front uni pour la sauvegarde de la démocratie (FDR) présidé par l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) et qui avait dénoncé la Convention et opposé son refus d’y participer.

Abdrahamane Dicko

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