Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Femmes    Pratiques    Le Mali    Publicité
aBamako.com NEWS
Comment

Accueil
News
Afrique
Article
Afrique

Gambie – Yahya Jammeh : « Ban Ki-moon et Amnesty peuvent aller en enfer ! »
Publié le mardi 14 juin 2016  |  Jeune Afrique
Le
© Autre presse par DR
Le président de Gambie Yahya Jammeh




Conflit avec le Sénégal, cinquième mandat, répression des opposants, pauvreté… Sur tous les sujets, le président s’exprime sans complexes et balaie les critiques d’un revers de la main.

Trois heures du matin à Farafenni, une petite ville située à trois heures de route de Banjul. Yahya Jammeh termine un Conseil des ministres convoqué quelques heures plus tôt – à minuit – pour faire le point sur les négociations en cours avec le Sénégal. Les ministres réveillent leurs chauffeurs, s’engouffrent dans des 4×4 noirs rutilants et disparaissent dans la nuit.

Dans la cour, des militaires se sont assoupis sur des matelas posés à même le sol. Vêtu de son éternel boubou blanc, Jammeh regarde les informations sur Al-Jazira. L’heure tardive ne le dérange pas. Il dit ne pas avoir besoin de dormir plus d’une heure par nuit – une habitude héritée de ses années dans l’armée. Il est donc prêt pour l’interview.

Jeune Afrique : Il aura fallu trois mois de blocus et de palabres entre la Gambie et le Sénégal, l’intervention d’un chef d’État tiers – Alpha Condé – et des pertes économiques importantes de part et d’autre pour que la frontière commune soit rouverte. Comment a-t-on pu en arriver là ?

Yahya Jammeh : Ce sont les agents sénégalais qui travaillent à la frontière qui ont imposé un système de tarification illégal aux transporteurs gambiens, et je m’en plains depuis des années. La situation était devenue intenable, et, comme rien n’a été fait, ni sous Abdoulaye Wade ni sous Macky Sall, j’ai décidé d’imposer les mêmes taxes aux Sénégalais. C’est de là que tout est parti.

Comment qualifieriez-vous vos relations avec votre homologue sénégalais ?

Elles sont bien pires que du temps d’Abdoulaye Wade ! Comme Macky Sall, il était animé de mauvaises intentions, mais il était plus discret. Il n’a jamais laissé les dissidents gambiens s’exprimer librement, proférer leurs menaces dans les médias publics sénégalais. Macky Sall, lui, le fait sans vergogne. Son gouvernement protège tous ceux qui complotent contre mon pays, tous ceux qui commettent des délits en Gambie et qui fuient en prétendant que leurs droits sont bafoués. Je lui ai fait parvenir un message et j’ai été très clair : si ces personnes qu’il protège attaquent la Gambie, alors j’attaquerai le Sénégal. J’y suis prêt.

À LIRE AUSSI :Macky Sall et Yaya Jammeh : « Je t’aime, moi non plus »
Il y a une limite d’âge dans la Constitution gambienne, qui m’empêchera un jour de me représenter
Vous êtes déjà au pouvoir depuis vingt-deux ans et vous vous représentez à la présidentielle de décembre…

Je serai président aussi longtemps que Dieu et mon peuple le voudront. Je travaillerai, tant que je le pourrai, au développement de ce pays.

La volonté du peuple et celle de Dieu sont donc vos seules limites ?

Non. Il y a une limite d’âge dans la Constitution gambienne, qui m’empêchera un jour de me représenter. C’est 65 ou 70 ans, je ne sais plus… Quand j’aurai cet âge-là, je dirai bye-bye. Je respecterai la Constitution. En revanche, nous n’avons pas de limitation du nombre de mandats.

Pourquoi ?

Parce que si les gens veulent limiter le nombre de vos mandats, ils n’ont qu’à cesser de voter pour vous, c’est aussi simple que cela. Et puis soyons sérieux : en Afrique, lorsque vous démarrez un projet, il vous faut au moins un an pour trouver les financements, six mois pour réaliser les études de faisabilité, etc. Il est à peine lancé que votre mandat est terminé.

Voilà pourquoi tant de projets n’aboutissent jamais. Prôner la limitation des mandats en Afrique, c’est prôner l’instabilité. Cela n’arrivera pas en Gambie, même si les Occidentaux en font leur cheval de bataille, eux qui se sont développés en nous pillant pendant des centaines d’années. Qui sont-ils pour nous demander ça ?

Sur le continent, plusieurs pays ont déjà adopté cette conception d’un pouvoir limité dans le temps. D’autres ont même annoncé, à l’instar du Béninois Patrice Talon, qu’ils ne feraient qu’un seul mandat…

[Rires] Il est nouveau…

Où est le problème ? Des gens qui meurent en détention ou durant des interrogatoires, c’est très commun.
Depuis plusieurs mois, l’opposition demande des réformes électorales et manifeste pacifiquement à Banjul – des manifestations qui sont violemment réprimées. Cherchez-vous à museler l’opposition à l’approche de la présidentielle ?
... suite de l'article sur Jeune Afrique

Commentaires

Sondage
Nous suivre

Nos réseaux sociaux


Comment