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Mali : le long combat judiciaire des familles de Bérets rouges assassinés en 2012
Publié le mercredi 6 juillet 2016  |  Jeune Afrique
Conference
© aBamako.com par as
Conference de presse des berets rouges




Début mai 2012, une vingtaine de Bérets rouges ont été exécutés près de Kati après que leur régiment a tenté un contre-coup d’État contre la junte d’Amadou Haya Sanogo. Quatre ans après, leurs familles se battent toujours pour obtenir justice dans cette affaire.

De la paille recouvre encore le sol autour d’un karité. C’est ici, au milieu d’un champ en lisière d’une vieille cimenterie, près du village de Diago, à quelques kilomètres de Kati, qu’ont été enterrés les corps de 21 Bérets rouges assassinés par les hommes d’Amadou Haya Sanogo après la tentative de contre-coup d’État des 30 avril et 1er mai 2012.
L’exhumation de ces cadavres, le 4 décembre 2013, avait constitué une avancée majeure dans l’enquête sur la disparition de ces Bérets rouges. Aussi douloureuse qu’elle soit, cette découverte avait réveillé chez les familles des victimes l’espoir de découvrir enfin la vérité. Depuis, plus rien, ou presque. Le procès d’Amadou Haya Sanogo et de ses 17 co-accusés devant une Cour d’assises, attendu depuis six mois, ne vient pas et est en train de devenir un serpent de mer à Bamako.
« Pourquoi les autorités n’organisent-elles pas un procès ? »

Sylvain Cherkaoui/Jeune Afrique

« Le dossier avait bien démarré, avec plusieurs arrestations et de nombreuses auditions par le juge d’instruction Yaya Karembé. Maintenant que l’enquête est bouclée, nous nous demandons pourquoi les autorités n’organisent pas un procès », confie Yacouba Dembélé, secrétaire général de l’Association des parents et épouses des militaires Bérets rouges assassinés (Apembra), tout en s’interrogeant sur le manque de volonté politique dans cette affaire. Son frère, le première classe Mamadou Dembélé, faisait partie de la vingtaine de membres du 33e régiment des commandos parachutistes (33e RCP, le régiment des Bérets rouges) arrêtés par les Bérets verts du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État (CNRDRE) après le contre-coup d’État manqué contre la junte de Sanogo.

« Ils ont été interpellés au camp de Djicoroni para (celui des Bérets rouges à Bamako, NDLR), à leurs domiciles ou même dans les transports, raconte le colonel Coulibaly, officier à la retraite dont le neveu, le deuxième classe Brehima Coulibaly, a été assassiné. C’était des jeunes innocents, qui avaient pour la plupart entre 18 et 20 ans et qui n’avaient rien fait. »
Insultes et tortures

Emmenés au camp militaire de Kati, fief des putschistes du CNRDRE, les Bérets rouges arrêtés ont ensuite été exécutés dans la nuit du 2 au 3 mai puis enterrés à la va-vite dans le champ près de Diago. « Ils ont été insultés et torturés pendant plusieurs heures avant d’être tués. Tout ce qui a été fait à Kati est connu grâce à des vidéos de téléphone portables et aux témoignages, qui mettent notamment en cause Sanogo », explique Me Moctar Mariko, président de l’Association malienne des droits de l’homme (AMDH) et partie civile dans ce dossier.
Se disant « frustrés » et « impatients » face à une procédure qui n’avance plus, les représentants des familles de victimes se disent ignorés par les autorités. En novembre 2015, le principe de funérailles nationales semblait acquis au plus haut niveau de l’État mais elles n’ont jamais eu lieu, sans que les familles aient eu d’explications officielles. Malgré plusieurs lettres à la présidence, à la primature, ou encore au ministère de la Défense, ces dernières n’ont été été reçues qu’une fois par un représentant du gouvernement, Mohamed Aly Bathily, alors ministre de la Justice. « Nous sommes uniquement soutenus par les organisations de défense des droits de l’homme, comme l’AMDH, la FIDH ou encore Amnesty international », résume le colonel Coulibaly.

Vers une audience spéciale devant une Cour d’assises ?
Pour les familles de victimes, cette situation devient difficile à supporter. Selon l’Apembra, la femme d’un sous-officier tué est devenue folle, tandis que la mère d’un soldat est morte sans jamais avoir admis l’assassinat de son fils. « Pendant ce temps, Sanogo a été placé dans une villa surveillée bénéficiant de tout le confort à Sélingué (dans le sud du Mali, NDLR) et ne se ..
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