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L’Indépendant N° 3194 du 5/2/2013

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Futures négociations pour une sortie de crise : Les Maliens appelés à se surpasser pour dialoguer avec le MNLA
Publié le mardi 5 fevrier 2013  |  L’Indépendant




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Le mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) qui avait suscité le banditisme armé au nord du Mali et entraîné notre pays dans cette crise douloureuse, semble revenu à de meilleurs sentiments ces derniers jours. Dans une interview accordée hier matin à nos confrères de RFI, Ibrahim Ag Mohamed Assaleh, ancien député de Bourem et membre du conseil transitoire de l’Azawad, confirme que son mouvement renonce désormais l’indépendance de la partie septentrionale du pays et est prêt à discuter avec Bamako des conditions du retour à la paix.

Ibrahim Ag Mohamed Assaleh

A la question « Renoncez-vous à la déclaration d’indépendance de l’Azawad, que vous aviez formulée en 2012 ? « , il répond : « Oui, tout à fait. Vous savez, l’indépendance de l’Azawad, qui a été déclarée en 2012, c’est une manière de placer la barre haut. Il fallait ça pour que vraiment Bamako entende bien que nous voulons vraiment quelque chose. Nous attendons quelque chose sur nos territoires ».

Cette condition avait été posée par le président intérimaire, Diouncounda Traoré, comme un préalable à toute négociation avec le MNLA, conformément à la résolution 2085 du 21 décembre 2012 de l’ONU et au vœu exprimé par la suite par la France, notre principal soutien dans la libération du nord Mali et les organisations africaines (CEDEAO et UA). Désormais, l’on peut dire qu’un grand pas a été franchi vers les futures négociations entre Bamako et le MNLA, à la condition toutefois que le mouvement reste sur cette position, car le MNLA renferme en son sein des têtes brûlées qui ne jurent que par l’indépendance. On attend donc la réaction de cette aide radicale et va-t-en guerre.

Négociation douloureuse

Autre facteur important pour toute négociation, c’est l’évolution de la situation sur le terrain, particulièrement dans la région de Kidal, qui n’est pas encore entièrement contrôlée par les forces maliennes et leurs alliés. Certes, la France tient l’aéroport de la ville et les premiers soldats tchadiens y sont arrivés par le Niger. Mais qu’en est t-il de l’armée malienne dont le MNLA ne souhaite pas la présence sur le terrain de crainte de représailles ?

Or, il est évident que l’absence des militaires maliens dans cette partie du territoire est incompréhensible pour les Maliens jaloux de leur intégrité territoriale. Il appartient donc aux soldats français, en attendant le début des négociations, de trouver la formule pour une cohabitation entre les forces maliennes et les éléments du MNLA qui, de toutes les façons seront amenés à déposer les armes pour retourner dans la république. Comme disait un haut responsable, on ne saurait négocier avec le couteau sous la gorge. Le MNLA s’est engagé à aider l’armée française pour combattre les jihadistes et les terroristes dans les montagnes de l’Adrar des Ifoghas, un terrain qu’il maitrise parfaitement.

Hier déjà, le mouvement a annoncé avoir arrêté deux hauts responsables d’Ansar Dine et du MUJAO (Moussa Ag Mohamed, et Oumeïni Ould Baba Akhmed). Ces deux prisonniers étaient en route pour Kidal. Le traitement réservé à ces émirs dévoilera plus ou moins ce que Paris et Bamakois peuvent attendre du MNLA. Qui, en tout état de cause, a compris qu’il n’a aucun intérêt à s’attaquer ni à la France ni aux forces africaines en cours de déploiement avec au premier plan les redoutables guerriers tchadiens qui sont aussi des renards du désert.

Certes, les Maliens ont hâte que le MNLA soit maté avec la manière forte, mais l’évidence, c’est aussi que notre pays ne peut pas aller à l’encontre de la résolution onusienne et des principes universels en matière de conflit intercommunautaire. Il y a un temps pour la guerre, il y a aussi un temps pour négocier. Dans ce cas précis, la négociation est douloureuse à accepter pour les Maliens qui ont vu leur dignifié bafouée devant le monde entier.

Youssouf CAMARA

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