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YACOUBA DIAKITE « Mon plus grand rêve : les Etats Unis d’Afrique »
Publié le jeudi 10 novembre 2016  |  La lettre du Mali
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Connu pour ses intervenions citoyennes sur le terrain, Yacouba Diakité est un jeune qui a des convictions, il incarne un leadership visionnaire. Il se veut un défenseur des causes nobles. L’éloquence du jeune Diakité impressionne plus d’un.
Pouvez-vous vous présenter à nos les lecteurs ?
Je suis à l’état civil Yacouba Diakité connu sous l’appellation DG, un surnom que je tiens de mes camarades de la Faculté de droit, du à mon courage à relever les grands défis. Je suis né le 22 septembre 1992 à Bouaké en République de Côte d’Ivoire. Je suis juriste de formation spécialisé en droit des affaires sortant de la Faculté de droit privé de Bamako. J’ai fais mes études primaires à Bouaké jusqu’au Collège où j’étais au Collège catholique adventiste de Bouaké. Lorsque la crise politico-militaire a éclaté vers les années 2000, nous avons rejoins notre pays le Mali afin de continuer notre mission sur terre. Au lycée à Bamako (Soudanais de Niamakoro), pour avoir été brillant et exemplaire de la 10eme à la terminale, l’administration du lycée a décidé de me proposer comme secrétaire général du comité AEEM pour la première fois, ce fut le début de mon combat dans le syndicalisme et dans la vie associative.
Ainsi, je suis depuis le 30 mai 2011 président et membre fondateur de l’association Cercle d’Apprentissage des Jeunes Juristes (CAJ). De 2012 à nos jours, secrétaire de la vie associative du conseil communal de la jeunesse en commune VI de Bamako. De Février 2015 à nos jours, président et membre fondateur de l’association : « Congrès Africain pour la Démocratie et le Changement C.A.D.E.C. Du 21 mars 2016 à nos jours coordinateur national de la plateforme le « Réveil Citoyen du Mali ». En 2015 j’ai été désigné secrétaire administratif du comité AEEM de la faculté de droit privé et Porte-parole de la promotion « Feu Arouna Michel Dembélé » de la même faculté.
Nous avons lancé le samedi 17 septembre un collectif d’organisations de la société civile et de partis politiques pour réclamer la tenue des concertations nationales. Le nom du collectif : « MALIKO », composé du Réveil Citoyen du Mali, de la CSTM, du MJP-MALI, de l’URD, du PARENA. Et nous continuerons à innover, à élargir notre zone d’intervention tant que cela est nécessaire pour le bonheur de notre peuple et la conscientisation et sa jeunesse.
Comment est venue l’idée de la plateforme « Réveil Citoyen » ?
Vous savez, la Révolution de mars 1991 est et restera sans conteste une période charnière de l’histoire contemporaine du Mali. Cette Révolution, menée par des femmes et hommes de valeur, a permis l’avènement de la démocratie et du multipartisme intégral. Elle a eu comme effets positifs l’éclosion de nombreux partis politiques ayant ainsi permis l’émergence d’une nouvelle classe politique, et également le renforcement de la liberté d’expression avec une multiplication accrue des organes de presse (des organes qui, aujourd’hui, participent de manière significative à l’affermissement de notre jeune démocratie).
Toutefois, si cette belle révolution a indubitablement permis d’inscrire résolument le Mali vers le chemin du progrès, de la liberté et de l’Etat de droit, cependant, force est de constater qu’elle a échoué dans son combat pour la naissance d’une Société civile responsable, active et engagée. En effet, depuis quelques années, on assiste à une société civile désengagée, passive face aux dangers qui menacent la République, la démocratie et qui s’attaquent à ce que nous sommes, à ce qui nous rend fiers à savoir notre cohésion sociale, notre capacité à vivre ensemble dans un Mali uni et apaisé. Aujourd’hui, face à l’incapacité du pouvoir politique à résoudre les problèmes fondamentaux du pays qui ont pour nom : l’insécurité, le chômage, la vie chère, la corruption, le népotisme, l’impunité, la mauvaise gouvernance, etc., il urge que notre pays, le Mali, ait enfin une société civile active qui s’implique dans la bonne marche de la Démocratie, de la République, et qui veille sur la bonne gestion de la chose publique. Une société civile qui suit avec attention et détermination les actions et décisions des professionnels de la politique. Une société civile qui se veut être garante de notre Constitution du 25 février 1992.
C’est pourquoi, nous, jeunes engagés pour le Mali, avons décidé de créer une plateforme dénommée le Réveil Citoyen du Mali (RCM) afin de réveiller le patriotisme du citoyen malien. Le Réveil Citoyen du Mali est une plateforme d’associations reconnues comme utilité publique par la République du Mali. Elle veut instaurer un cadre de réflexion, de débat, de dialogue autour des défis et enjeux du Mali. Cette plateforme regroupe des leaders d’associations ayant le même sentiment pour un changement face à la situation chaotique que travers le Mali. Elle est d’une vision populaire qui a décidé de prendre sa responsabilité face aux dérives de la mauvaise gouvernance.
Sachant la grande renommée du passé de notre pays, nous sommes soucieux de construire un présent et un avenir à la hauteur de nos espoirs et de nos moyens. Cette plateforme constitue une base pour non seulement consolider les acquis démocratiques et surtout un espace de pression qui exigerait aux dirigeants de tenir tout le respect au peuple.
Le Réveil Citoyen du Mali offre à la société civile un nouveau levier de pression pour contrer tout ce qui menacerait l’intérêt général des maliennes et des maliens.
Votre engagement citoyen et votre combat associatif. Parlez-nous-en ?
Les fondateurs du Réveil Citoyen du Mali, de l’intérieur du Mali comme de l’extérieur, ont initié cette plateforme en tant que mouvement patriotique pour accomplir un devoir de génération face à la gestion boiteuse des affaires de l’Etat. Les crises du Mali depuis l’avènement de la démocratie, se résumant aux questions politiques, économiques et sociales ; dans cet atmosphère, le peuple a démissionné, laissant le pays dans la main des acteurs politiques insoucieux qui n’ont aucun respect pour le peuple que nous sommes. C’est une situation que nous expliquons par la passivité de la population, se traduisant à une occasion pour nos dirigeants de mieux imposer leur volonté personnelle, oubliant le peuple dans une pauvreté insurmontable, cultivant la corruption à ciel ouvert et où le droit n’a plus son mot à dire. C’est pourquoi comme l’autorise la Constitution, nous nous sommes levés comme un seul homme pour dire NON à la mal-gouvernance.
Ainsi, interpellés par le constat populaire et sous la couverture d’un désir au changement pur et simple de la gestion du pays ;
Réaffirmant la nécessité de prendre les mesures idoines en vue de protéger et de promouvoir le bien-être des maliens ;
Convaincus que le respect de la dignité et de la parole donnée reste l’identité du malien ;
Ayant à l’esprit les différents engagements que nos politiques ont déshonorés ;
Tenant compte de l’immobilisme de la jeunesse face à l’instauration de la bourgeoisie démocratique dans notre pays le Mali ;
Interpellant l’allure de la dégradation de la confiance des populations dans les hommes politiques actuels et de leur gestion catastrophique des affaires publiques ;
Conscients de la limite de la société civile pour exiger la transparence à tous les niveaux de responsabilité ;
Profondément attachés aux valeurs républicaines et au caractère laïc de l’Etat : Le Réveil Citoyen du Mali s’engage comme devoir de génération à lutter contre la mauvaise gouvernance sous toutes ses formes et veiller au respect de l’autorité de l’Etat.
Qui est votre modèle ?
Je suis un battant, donc j’aime les courageux, les endurants, ceux qui traversent les durs épreuves et arrivent toujours à bon port. Mon modèle c’est la légende Cassius Clay Mohamed Ali. Je ne suis pas fan de la boxe, mais j’adore sa personnalité, surtout son coté provocateur, sa stratégie de déstabiliser l’adversaire avant le combat. Je veux être aussi une légende comme lui, relever très tôt comme Ali de grands défis pour le bonheur de mon peuple. Je veux être « The African’s greatest leader ». Pour y parvenir, « je vais lutter avec un alligator, tabasser une baleine, mettre les menottes à la foudre, foutre le tonnerre en prison, massacrer un rocher, blesser une pierre et envoyé à l'hosto une brique. Je suis si méchant que je vais rendre malade la médecine. Je veux courir à travers un ouragan sans me faire mouiller. Quand je ferai face à un adversaire, il va payer sa dette."
Avez- vous des ambitions politiques ?
Non pas du tout. La politique ce n’est pas dans mon programme pour le moment.
Quelle est votre passion en dehors du combat associatif ?
Je suis vraiment passionné par la profession d’avocat. Je veux être avocat pour défendre les innocents au Mali et en Afrique, les victimes d’injustices, surtout être à la disposition des pauvres qui n’ont pas les moyens de se procurer des prestations d’un avocat.
Votre plus grand rêve ?
Mon plus grand rêve est de pouvoir réaliser la création des Etats Unis d’Afrique et d’en être le tout premier président. Je pense que notre continent possède des richesses intarissables que nous pourrons exploiter ensemble à bon escient. Gandhi le disait « S’unir pour bâtir, c’est grandir ensemble ». Je me battrai pour une Afrique unie dans toute sa diversité, solidaire avec une monnaie commune.
Que signifie pour vous le bonnet de Cabral ?
Peulh que je suis, ce bonnet représente dans ma culture le bâton du berger qui lui permet de conduire le bétail aux pâturages. Ainsi ce bonnet me permet de guider les hommes et femmes en quête perpétuelle d’innovation démocratique adaptée à leur quotidien.
Quels sont vos loisirs?
J’aime le football et le karaté que je pratique d’ailleurs. Je suis un fan de l’équipe de Manchester United. J’écoute la musique surtout ma passion se dégage pour feu Mangala Camara et Fally Ipupa.
Quelles sont les valeurs que vous défendez et pour lesquelles vous êtes prêt à mourir ?
La dignité, le respect de la parole et la considération.
Quelle est votre regard sur la politique au Mali, en Afrique de façon générale ?
Pour ma part je dirai que la politique malienne est victime des actes ignobles de ces leaders. Aucun respect pour la voix des urnes. La déception est tellement grande qu’il serait difficile d’en défendre un seul parmi eux. Le comble est que c’est toujours le même clan qui dirige, donc minime espoir pour un changement profond. L’Afrique sortira difficilement de l’ornière tant que l’occident continuera à nous financer. Nous devons arracher cette indépendance financière. Aussi, les africains doivent comprendre que notre silence face aux errements des hommes politiques est synonyme de grave complicité. Nous avons le devoir de dénoncer avec la plus grande fermeté, d’agir à partir des actions légales pour faire entendre nos souffrances et notre désolation.
2018, le Réveil Citoyen votera pour quel candidat ?
Le Réveil votera le candidat qui proposera un programme réalisable en prenant en compte les aspirations réelles et profondes de notre peuple.
Votre mot à la jeunesse du Mali.
Ayons foi en nous, croyons en notre capacité de faire changer notre société par l’éducation et le respect de nos valeurs d’antan.
Selon Mohamed Ali "Qui a la même vision du monde à 20 ans qu'à 50, a perdu trente ans de sa vie." Alors soyons créatif afin de contribuer au progrès et à l’épanouissement de notre pays.
Entretien réalisé par Abdoul Latif
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