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Gouvernance d’IBK: les grands chantiers
Publié le samedi 19 novembre 2016  |  Info Matin
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© aBamako.com
Lancement des festivités du centenaire du Président Modibo Keita
Bamako, le 11 juin 2015, le CICB a abrité la cérémonie de lancement des festivités du centenaire du Président Modibo Keita, c`était sous la Haute présidence de SEM, Ibrahim Boubacar KEITA
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En parlant de démocratie et de mondialisation, Joseph Eugène Styglitz dit : « la conditionnalité mine les institutions politiques nationales. Les électeurs voient leur gouvernement s’incliner devant les étrangers, céder à des institutions internationales qu’ils pensent être à la solde des États-Unis. La démocratie est bafouée ; l’électorat se sent trahi. Bien que la mondialisation ait contribué à répandre l’idée de la démocratie, la façon dont on la gère fragilise paradoxalement, les processus démocratiques nationaux ». Ces propos de J.E.Styglitz nous montrent les difficultés de la gouvernance dans les pays du Sud. Au-delà des facteurs liés à la bonne ou mauvaise gouvernance, dans un pays donné, il est important de savoir le rôle dévolu à un État périphérique, dans une société mondialisée, dominée par une économie de marché.

Au Mali, les carnets de la gouvernance de l’État malien continuent d’être la cible des récriminations de l’opposition. Pourtant, dans de nombreux domaines de la vie publique, comme les forces armées et de sécurité, justice, prison, éducation-emploi-formation, santé, fonction publique, infrastructures, domaines de l’État et des affaires foncières, agriculture, mine-énergie, renforcement des institutions politiques, diplomatie, de gros efforts sont déployés. L’État joue-t-il son rôle en matière de l’épanouissement humain ?

Forces armées et de sécurité :
Conformément à ses promesses de campagne, la réhabilitation des forces armées et de sécurité s’imposa au président IBK, comme une urgence. Il a fait voter, par l’Assemblée nationale, réunie en session extraordinaire, une loi d’orientation et de programmation militaire, en lui consacrant 21 % du budget dans le strict respect du taux imposé par la Banque mondiale, ne dépassant pas 25 % du budget.

Légitime défense
Face à l’application de cette loi d’orientation et de programmation militaire, même si l’armée de l’air commence à se réveiller, l’État connait des difficultés, même si en ces moments il a tant besoin de moderniser son arsenal militaire.
Quelle signification peut-elle avoir la position africaine commune sur un traité sur le commerce des armes ? Au point 2 du préambule de ce document on note : « Réaffirmant le droit naturel de tous les États à titre individuel ou collectif à la légitime défense, conformément à l’Acte Constitutif de l’Union africaine et à la Charte des Nations Unies, y compris le droit des États de fabriquer, importer, exporter, transférer et détenir des armes classiques, matériels connexes et des capacités pour des besoins d’autodéfense et de sécurité et de participer aux opérations de maintien de la paix ». Dans ses principes, au point 16, il est écrit : « le droit de tous les États de fabriquer, de développer, d’acquérir, d’importer, d’exporter, de transférer et de détenir des armes classiques, matériels connexes et des capacités pour des besoins de légitime défense et de sécurité, ainsi que de participer à des opérations humanitaires et de soutien à la paix conformément au droit international ». Dans ses buts et objectifs, au point 25 alinéa a et e, il est écrit ceci : « empêcher le détournement des armes classiques licites vers le marché illicite et vers les mains d’utilisateurs non autorisés, y compris les organisations criminelles ». Dans ses paramètres et critères, au point 36 dernier, no note : « du risque que les armes soient retransférées ou détournées vers des organisations terroristes et des groupes non étatiques armés non autorisés ou des acteurs non étatiques armés non autorisés ».

Le Mali et le droit de s’armer
Pour le cas du Mali, l’achat d’armes répond à des besoins et impératifs sécuritaires et de défense nationale. Surtout que cet achat d’armes est voulu, commandé, non pas par un dictateur venu au pouvoir par un coup d’État, mais par un président de la république, démocratiquement élu au suffrage universel avec plus de 77 % des voix. Le choix est autorisé par un président de la république, qui a le soutien de toutes les institutions politiques et de la société civile ; un président, gardien d’une constitution qui ne garantit pas à tous les citoyens maliens le droit de posséder une arme, surtout une arme de guerre.
Tout le peuple du Mali a entendu les cris de « cœur » du président de la république, chef suprême des forces armées, à Ségou, lors des funérailles des soldats, morts à Nampala, à la suite de lâches et barbares attaques terroristes.
Il est significatif de reprendre ici cette note pertinente d’analyse n° 14, août 2013, d’Armonie Dechamps : « Les transactions consacrées par le TCA portent à la fois sur l’importation, l’exportation, le transbordement (ou transfert) et le courtage d’armes. Les dons, prêts ou aides militaires bilatérales n’entrent pas dans le champ d’application du TCA. Ce qui réduit quelque peu sa portée pour l’Afrique dont plusieurs pays, du fait notamment de leurs capacités financières limitées, et de leur contexte politique et sécuritaire, trouvent dans la coopération militaire et sécuritaire un moyen de s’équiper en matériel militaire et de faire ainsi face aux défis sécuritaires auxquels ils sont confrontés. On peut, de ce point de vue, citer l’exemple du Mali ou de la Somalie.

Initiative étouffée à la source ?
Le Mali est le centre de l’Afrique de l’Ouest. À ce titre, stabilisé et sécurisé, il contribuera à stabiliser et sécuriser toute l’Afrique de l’Ouest. Une occasion manquée à l’opposition politique de quitter la rue et de venir à l’union sacrée pour la république.
Comment peut-on faire une bonne gouvernance sécuritaire si notre initiative d’acquisition d’armements est étouffée à la source ? La bonne gouvernance sécuritaire est une affaire du peuple et non pas celle du seul gouvernement ; il faut retenir qu’aucune armée au monde ne peut prétendre à une victoire si elle n’a pas le soutien du peuple dont elle est issue. Autant l’armée veille sur nous, autant nous devons veiller sur elle.

Justice
« La justice implique une liberté égale pour tous ; ce qui signifie en premier lieu l’égalité des droits pour tous. Il n’y a de justice que si les individus ont une chance de la réaliser pour eux-mêmes. L’objectif de la justice est de donner à tous des chances égales dans l’existence. La justice est une vertu morale qui reconnaît à chacun ce qui lui est dû ». C’est la conception du président d’IBK et de son parti, le RPM, sur la justice.
Parmi les services que l’État doit fournir, la justice occupe une place importante ; c’est la raison pour laquelle, dès son premier gouvernement, le président IBK avait fait du ministre de la Justice Garde des Sceaux, le second après le Premier ministre (gouvernement de son Excellence Tatam LY).
C’est la justice qui définit les institutions privées et politiques dans lesquelles le régime démocratique se concrétise. La bonne gouvernance, en matière de justice, fait appel aux juges courageux, désintéressés de l’argent sale, capables de moraliser la vie publique et la vie des affaires. En effet, la justice protège tout le monde, y compris le juge lui-même, mais elle ne saurait être au service de qui que ce soit. Le citoyen, en allant au tribunal, doit avoir le regard sur la loi, mais, non sur le juge.

L’État arbitre
Les hommes pour dominer la nature et préserver leur existence se sont regroupés en société. C’est la faillite de la société qui a donné naissance à l’État. Pour éviter l’éclatement ou la division de la société, l’État doit jouer son rôle d’arbitre et de pourvoyeur de l’équité et de la justice sociale. Le monde dans lequel nous vivons, la gouvernance la plus difficile est la mise en œuvre de l’équité et de la justice sociale d’aujourd’hui, mais aussi celles de l’avenir. Pour le Mali, depuis trois ans, le président IBK s’est attelé à une politique de justice sociale, capable d’éradiquer l’intenable situation des pauvres dans plusieurs domaines. Malgré les contraintes imposées à notre économie par la mondialisation, il y a eu des acquis. L’égalité des chances fut l’un des thèmes les plus profonds de la campagne présidentielle. Aujourd’hui, le président de la république entend instituer l’égalité des chances dans la société, donner à chacun les moyens de l’autonomie afin que la réussite ou l’avenir d’un enfant ne dépende pas du niveau de revenu de ses parents.
Comment réussir une telle ambition dans un monde d’individualisme flamboyant ?

Prison
La prison n’est que la finalité de l’action judiciaire, c’est pourquoi tout le personnel de l’administration pénitentiaire relève du ministère de la Justice, donc du budget d’État. Il convient de connaître, dans ce personnel, la population carcérale et le taux de pourcentage que l’État lui affecte dans ce budget. Il ne s’agit ni de simplifier ni d’occulter les difficultés de la gouvernance des prisons. Si la constitution du 25 février 1992 ne garantit pas à tous les citoyens maliens le droit de posséder une arme, surtout une arme de guerre, elle n’interdit pas aux citoyens maliens l’achat de motos ou de voitures ; celles-ci tuent plus d’autant que nos rues sont devenues des arènes sanglantes, l’incivisme étant à l’origine de ces tragédies et aussi grâce à la liberté que l’État démocratique garantit (article 5 de la constitution). C’est le bradage de la vie humaine au profit de la liberté.
Dans une description réaliste et éloquente, Gilbert Cesbron écrit : « Toute société doit faire face à trois devoirs élémentaires : soigner ses malades ; mettre les citoyens à l’abri de tous ceux qui les nuisent ; intégrer ou réintégrer dans son sein tous ceux qui lui sont utiles. Ces trois idées sont l’armature de tout système judiciaire et pénitentiaire. Ce triple devoir implique que la société s’arrose collectivement ce qu’elle refuse à chacun : le droit de juger et de condamner, c’est-à-dire d’infliger à ceux qui lui nui volontairement une « punition » et une « mise à l’écart ». Voilà la prison justifiée, mais quelle prison ? Pour qui ? Et pour combien de temps ?
C’est l’objet de toute réforme. En effet, la punition doit être proportionnelle et la mise à l’écart temporaire. »
Ici encore, les réflexions de Gilbert Cesbron nous aident à mieux comprendre ces enjeux ; le sort des détenus même après leur libération : « oui, des convalescents. L’État – patron ne les aidera- t- il pas ? Et les autres employeurs à son exemple ? La suppression du casier judiciaire et de la relégation ne suffira pas : les services du personnel des grandes entreprises ont leur « police » parallèle et leur réseau d’informations. Ils pensent faire leur devoir en dépistant les anciens détenus, en brûlant la terre devant leurs pas si mal assurés : en détruisant leurs dernières chances. Il faut leur dire que cette défiance engendre plus de malheurs qu’elle n’en prévient ; il faut leur assurer, preuve en main, que la « confiance paie ». Mais ils ne pourront prendre ce risque que si leur personnel, les syndicats, le public lui – même, les soutiennent : que si tous nous chassons ce hideux racisme qui fait payer deux fois leur dette aux détenus.

Education-emploi-formation
La constance d’un homme d’État amoureux de l’excellence. Voici un extrait de discours du Premier ministre IBK d’alors, à l’occasion de la clôture des travaux de la synthèse nationale des concertations régionales : « Le Mali de demain serait tributaire des réalisations d’aujourd’hui. L’avenir dont hériteront nos enfants dépendra des enfants que nous léguerons au monde. C’est pourquoi notre société doit faire triompher l’éthique de la responsabilité du futur ainsi que les valeurs d’excellence et de l’effort constant qui permettent à l’individu de donner le meilleur de lui-même pour le progrès de son univers. » C’était le 09 septembre 1994. Célébrer l’excellence, c’est la récompense du mérite. Tout cela constitue la volonté politique d’un homme, totalement dédié à sa « patrie ».
Au niveau de l’emploi et de la formation, le phénomène est mondial, c’est un fléau qui frappe les pays africains qui ne se sont toujours pas remis de l’ajustement structurel. Les causes du chômage, au Mali, sont nombreuses. La perte de l’emploi ou le manque d’emploi tire ses origines dans le changement drastique de l’orientation de la politique économique du pays sur l’économie néolibérale sans changer ni reformer les structures de nos sociétés et entreprises d’État (SEE).
La suite logique de cette politique, l’État fut le seul pourvoyeur d’emploi. Désormais, tous les regards sont fixés sur la fonction publique, donc sur l’État. Quel marché de l’emploi l’Etat doit faire face ; à combien s’élevait le nombre de chômeurs en 2013 ; combien sont-ils aujourd’hui ? La comparaison des données met en évidence ce qui a été fait entre l’année 2013 et l’année 2016. Pour une politique de l’emploi, cette statistique est indispensable. À cause du vide laissé par le programme d’ajustement structurel, tous les Maliens sont touchés de la même manière par le chômage, selon leur profession, leur âge, leur sexe, la région où ils vivent. Le passé doit servir de leçons, faisons en sorte que l’externalité de nos actes ne soit pas négative sur les générations futures.
Le problème d’emploi est un problème humain ; la plus importante chance que l’on peut donner à une personne est l’emploi. En effet, donner de l’emploi à un homme, c’est lui permettre de vivre dans la dignité, c’est lui éviter de faire la manche, c’est le réhabiliter dans la société. Conscient que le chômage est un fléau qu’il faut combattre à tout prix, IBK a promis à ses électeurs de créer 200 000 emplois. Comment créer 200 000 emplois en cinq ans ? Excellence, Monsieur le président, seule l’ouverture des grands travaux permettra d’atteindre cet objectif et même le dépasser…
Quel emploi ? Pour qui ? Pendant combien de temps ? Quels sont les secteurs où les possibilités de trouver un emploi se sont dégradées ? Ces données doivent être disponibles à l’institut National de la Statistique (INSTAT). Dans ce chaos, les ouvriers qualifiés, les infirmières, les infirmiers, les employés de banque, les cadres supérieurs aux compétences « avérées », ont tous en main des passeports pour un autre emploi, souvent dans d’autres pays ; comme ce fut le cas à la cimenterie de Diamou. D’autres faits à retenir, des cadres qui ont résisté au programme d’ajustement structurel en sacrifiant leur statut de fonctionnaire par patriotisme pour sauver l’entreprise nationale ont tout perdu. Aussi, les manœuvres du bâtiment, les ouvriers et les ouvrières du textile, des manœuvres qui chargeaient et déchargeaient des wagons dans la cimenterie de Diamou, dans les magasins du chemin de fer à Kayes et à Bamako, dans des magasins de la Somiex à Kayes et à Bamako, des mécaniciens et des cheminots du chemin de fer, les visas sont périmés pour un autre emploi. Faut-il le rappeler, depuis une trentaine d’années, le monde du travail malien est assiégé, ses conditions de survie sont affectées par les politiques de l’ajustement structurel ; certains droits des victimes de l’ajustement structurel sont toujours impayés, ceux qui les avaient condamnés à une vieillesse misérable.
Autres faits remarquables, ces travailleurs renvoyés sur le marché du travail par l’ajustement structurel s’y retrouvaient en concurrence avec les jeunes diplômés. Beaucoup n’avaient pas l’âge de la retraite alors que la génération des années 1980 était sur le marché du travail. La grande crise au nord du Mali a hypothéqué beaucoup d’emplois, notamment les agences de tourisme. Les emplois créés par la Sotelma furent écrasés par le progrès technologique des téléphones portables ; comme l’Internet aussi a bradé des emplois à la Poste.
« Il n’y a pas de secteur condamné, il n’y a que des technologies dépassées », a dit un ministre de la Recherche et de l’Industrie. C’est ici que le ministère de l’Emploi et de la formation a toute sa signification.

Fonctionnaires
C’est à ce niveau que l’Etat, malgré la crise sécuritaire, a fait des efforts remarquables parmi lesquels le contrôle physique que le ministère du Travail et de la fonction publique a engagé et qui donna comme résultat provisoire la découverte de plusieurs fonctionnaires fictifs. Le tableau ci-dessous, de source crédible, dresse le bilan : « Des mesures ont été prises et il a été procédé à la suspension systématique des agents qui percevaient deux salaires jusqu’au remboursement intégral des sommes indûment perçues, à la radiation de tous les cas de décès constatés lors de l’opération du contrôle physique, l’observation stricte du circuit financier lors du rappel à l’activité des agents qui reviennent d’un détachement ou d’une disponibilité et à la suspension des salaires des agents fictifs, en abandon de poste et en situation irrégulière. » Ce fut une première au Mali.
La mise en œuvre des résultats de ce contrôle physique entrainera une certaine maîtrise de la situation des effectifs dans nos administrations publiques. C’est ce qu’on appelle une administration maitrisée au service de la bonne gouvernance. Pour plus de transparence, il a été créé un site dédié aux usagers « Administration à votre service ». Ce site permettra de lutter contre la corruption, contre la rétention de l’information, et, en plus, facilitera à tous l’accès aux informations de l’administration publique. Une première au Mali…
Cet extrait du discours du président de la république, à l’occasion du 22 septembre 2016, permet de comprendre l’ambition du régime pour l’amélioration des conditions de vie des populations : « Je reste extrêmement attentif à la portée des actions du gouvernement en faveur de l’amélioration des conditions de vie des populations. En raison des moyens de l’État qui restent limités, ses actions n’atteignent pas toute l’ampleur souhaitée. Mais nous continuons à déployer une vigilance particulière pour préserver le pouvoir d’achat de nos concitoyens. Ainsi, en ce mois de septembre, les prix des denrées de première nécessité, dont ceux des céréales, sont en baisse par rapport à ceux affichés à la même période en 2015. Ces prix restent, dans leur ensemble, inférieurs à ceux pratiqués dans la région ouest-africaine.
Dans le domaine de l’amélioration des conditions de vie et de travail des agents de l’État, il a été procédé à une augmentation du point d’indice des fonctionnaires de 20 % sur la période 2015-2017. Ces mesures ont été renforcées par une baisse de huit points du taux de l’impôt sur les traitements et salaires.

Pensionnaires
Malgré la situation sécuritaire dégradée, le gouvernement arrive à faire fonctionner la sécurité sociale. Cependant, le ministère de la Formation professionnelle doit prendre en compte la problématique de la retraite que les dispositifs de sécurité sociale ne soient pas affaiblis. Dans le programme de formation, il faut apprendre aux futurs travailleurs la transférabilité des retraites, c’est-à-dire quand le travailleur quitte un employeur pour un autre, comment les dispositions administratives, pour sa retraite, doivent suivre en même temps. Autant que les dettes fiscales d’une entreprise retiennent l’attention de l’État, autant les dettes sociales doivent retenir l’attention des organisations syndicales.
La bonne gouvernance exige l’arbitrage de l’État. Nous avons un système de sécurité sociale renforcé par l’AMO, qu’il faut préserver, à tout prix, face au danger d’une éventuelle privatisation hasardeuse.

Santé
À ce niveau, l’État a posé des actes salutaires. L’Afrique et le reste du monde ont apprécié les responsables de la santé avec le président de la république en tête de l’opération pour bloquer l’Ebola. L’acte inoubliable fut la solidarité du Mali aux côtés des voisins (Guinée Conakry, Sierra Léone, Libéria), frappés par l’Ebola.
Avec la création d’un ministère de la Recherche scientifique, pour appuyer les chercheurs maliens, dont certains dans la médecine, ont fait preuve de compétence. Si les privés investissaient dans le financement de la recherche scientifique, le Mali réduira l’écart de savoir entre les pays industrialisés. Pour cette contribution volontaire, il serait intéressant de voir que les entreprises nationales allouent un pourcentage forfaitaire de leur bénéfice à la recherche scientifique.
La visite récente du ministre de la Santé à la Pharmacie populaire du Mali (PPM), une première depuis plus de vingt ans, est la confirmation de la volonté du président IBK de relancer une ancienne société d’État dans sa nouvelle forme, et dans l’intérêt exclusif du peuple malien. Pourtant, c’était une promesse du mouvement démocratique dans le programme minimum du Front national démocratique et populaire (FNDP) ; programme qui a été superbement égrainé dans le creusé du pouvoir des démocrates sincères et des patriotes convaincus.

Infrastructures
Dans ce domaine, malgré les critiques de l’opposition, les infrastructures réalisées par le gouvernement entre 2013 et 2016, dont certaines sont en chantier, sautent à l’œil. Des infrastructures destinées, en premier lieu, au secteur privé, tels les ponts, routes, aéroports, centres de formation technique, hôpitaux, aménagements hydro agricoles, barrages, centrales électriques, aménagements de pâturages, fournitures d’eau potable, etc.. S’ajoutent à ces efforts des achats de fournitures, d’équipements dans le but de moderniser l’administration publique avec en prime l’implication du secteur privé.
Les projets routiers prioritaires 2016-2018 seront classés dans l’équité intergénérationnelle. En clair, la construction et l’entretien de ces infrastructures socio-économiques modernes assureront le bien-être des générations futures. C’est le cas des travaux de rénovation du Palais de Koulouba, construit en 1906, 110 ans après, et qui sert toujours de résidence du président de la république. Et cela, pour combien de générations encore ? Les infrastructures routières, une fois modernisées, comme les axes Bamako-Bougouni-Sikasso ; Bamako-Fana-Ségou-Bla-San, servent combien de générations ? Toutes ces voies de communication n’ont-elles pas unifié le Mali, pour plusieurs générations, jusqu’à l’Océan Atlantique ? Le Barrage de Sansanding, à Markala, construit depuis 1934, pour combien de générations, jusqu’à nos jours ? C’est de cela qu’il s’agit pour l’équité intergénérationnelle. Et c’est à cela que le président IBK nous invite.

L’État et les affaires foncières
Sur l’étendue du désastre foncier, tout a été dit. Le passage du ministre Mohamed Ali BATHILY, à l’Assemblée nationale, suite à une interpellation parlementaire, en dit long sur les causes du désastre foncier dans notre pays. L’arbitrage de l’État est une obligation voire une urgence. Un regard rétrospectif sur Bamako : hier, une ville propre, avec ses quartiers chics, aujourd’hui, sale, bruyante, congestionnée, système d’assainissement inexistant, englouti dans les immondices à ciel ouvert, obligeant le président IBK à faire du gouverneur un prestataire de service, suite à l’incapacité ou plutôt face à la démission collective, des maires et des populations.
Le rêve de tous est de revoir Bamako dans son éclat d’antan ; à ce titre, la mission du gouverneur SACKO Ami KANE (Que nous avons obligation de soutenir) est salutaire, comparable à celle de Sainte Jeanne d’Arc dite la Prucelle d’Orléan. Beaucoup de baraka au ministre BATHILY et au gouverneur KANE pour que Bamako retrouve son éclat d’antan.

L’Agriculture
Au Mali, comme dans la plupart des pays africains, le budget de l’Agriculture, pour des contraintes multiples, n’est pas à hauteur de souhait. Par contre, aux États-Unis, ainsi qu’en Europe, les agriculteurs voient tout ce que les subventions leur font gagner. Dans le même temps, en Afrique, des milliers de paysans africains fuient les campagnes.
Comment peut-on faire une bonne gouvernance si les produits agricoles lourdement subventionnés des pays industrialisés inondent nos marchés ? Comment peut-on lutter contre la pauvreté si les 80 % de la population sont des agriculteurs cloués dans un système qui génère la pauvreté. Dès lors, il est aisé de comprendre l’engagement du président IBK en faveur de l’augmentation du budget alloué à l’agriculture, conformément à ses promesses de campagne. Il s’agit, pour lui, d’accélérer des centres de formation professionnelle qui formeront des techniciens et des cadres en machinisme agricole, pour aboutir à la création d’une industrie de fabrication des tracteurs ; d’accélérer l’électrification rurale qui permettra l’installation des entrepôts frigorifiques qui faciliteront l’installation des usines de fabrication des conserves ainsi que des installations permettant la conservation en chambre frigorifique des fruits et légumes.
Ce n’est pas tout, d’autant que tous ces efforts visent à élever le niveau de vie en campagne par la construction de logements sociaux dans des grandes agglomérations rurales ; d’aider la Chambre d’Agriculture à participer à des foires agricoles internationales ; c’est là où la diaspora malienne, d’où qu’elle se trouve, pourra jouer un rôle important. En définitive, le président IBK veut une agriculture de développement pour que le Mali profite de plus en plus de la plus-value de son potentiel agricole.

Renforcement de la démocratie
Pour renforcer la démocratie et établir la confiance entre l’élu et ses électeurs, IBK n’a pas attendu la fin de son mandat pour faire étaler les réalisations. Désormais, depuis peu, un compte rendu mensuel, par le biais des mas médias (qui sont les miroirs de la société), dénommé rendez-vous avec Koulouba, est instauré. Il permet aux citoyens de suivre les activités de la présidence et d’en juger. Une première au Mali.
Pour renforcer la démocratie, il est créé auprès du Premier ministre, par décret 2015 – 0708 PM – du 6 novembre 2015, un centre d’information gouvernementale du Mali (CIGM). C’est l’œuvre d’un grand républicain pour qui, toute politique de renforcement de la démocratie, exige une démocratisation des sources d’information. Une première au Mali.
Pour la transparence nécessaire au renforcement de l’institution parlementaire, la 5e législature 2014 – 2018 a éli, en son sein, une commission de contrôle dont le président est issu de l’opposition. Faut – il rappeler que la Constitution du 25 février 1992 dispose huit (08) institutions, parmi lesquelles la Haute Cour de Justice. Le peuple souverain du Mali a attendu plus de vingt (20) ans pour que cette juridiction soit mise en place, grâce à l’arrivée du président IBK. C’était une aliénation de la volonté du peuple, une atteinte grave à la démocratie.
La loi organique fixant l’organisation, les règles de fonctionnement de la Cour suprême (la plus haute juridiction du Mali), et la procédure suivie devant elle ; ou la loi portant statut général des militaires furent adoptées sur l’initiative gouvernementale que sous l’action d’une pression irrésistible d’une certaine opposition ou la pression d’un syndicat quelconque. C’est l’œuvre d’un grand républicain, dédié au renforcement de la démocratie au Mali.

Que retenir
Quelle signification peut avoir la démocratie pour un homme qui a faim ?
Quelle signification peut avoir la démocratie pour un homme qui ne peut pas se soigner ? Quelle signification peut avoir la démocratie pour un homme qui ne peut pas scolariser ses enfants ? Quelle signification peut avoir la démocratie pour des jeunes diplômés chômeurs ? Quelle signification peut avoir la démocratie pour un citoyen qui n’arrive pas à faire exécuter la grosse de justice ?
La démocratie n’est finalement pas dans les institutions politiques, mais dans le quotidien des hommes. De ce fait, pour renforcer la démocratie, il faut renforcer la justice sociale pour que l’homme ne perde pas la liberté. C’est à cette justice sociale qu’IBK veut consacrer ses hauts faits de gouvernance publique.
Le philosophe allemand ; Goethe, a dit que : LeÚ temps use le mensonge et polit la vérité ».

Somita KEITA
Dravela rue 364 Porte n° 150
Email : somikeit2@yahoo.fr
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