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Tombouctou en alerte maximale
Publié le mardi 29 novembre 2016  |  le Figaro du Mali
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© aBamako.com par mouhamar
Visite guidée de sites historiques (patrimoine mondial de l’UNESCO) en collaboration avec l’UNESCO et le Gouvernorat de Tombouctou
Bamako, le 26 août 2014. M. António Guterres, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés a visité ce mardi, des sites historiques (patrimoine mondial de l’UNESCO) à Tombouctou.
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Il ne faut plus par les temps qui courent, que les maliens s’étonnent de l’impasse généralisée dans laquelle le pays tourbillonne. Du nord au sud. A Tombouctou, ville par Excellence de paix et de cohésion, le Rubicon de l’indignité est franchi avec des élections qualifiées, preuve à l’appui, de mascarade.
Le 20 Novembre dernier, les partis en lice à Tombouctou avaient tous pris leurs dispositions. Les élections, dans toute nation sérieuse, doivent constituer un moment de fête. Depuis 1992, l’Adema règne sans partage sur les formations politiques à Tombouctou. Aux dernières législatives, elle a tout raflé sans trop forcer après avoir mobilisé ses militants pour le plébiscite d’IBK.

Le scrutin décrié a opposé principalement le RPM allié à l’UM-RDA et l’Adema et l’URD. Les bulletins prévôtés, estampillés en faveur de la liste RPM constituent le principal motif de cette vive tension à Tombouctou.

Selon des hommes de médias que nous avons joints sur place, les versions divergent. Pour Mahamane Askia de la Radio Alfarouk il n’y aurait pas eu de fraude : « Les RPM et l’UM-RDA ont gagné à la régulière dans tous les bureaux de vote à l’exception de Abaradjou, Il n’y a pas de mal à accepter une défaite quand on a gagné à la triche plusieurs fois. » relève-t-il.

Autre journaliste que nous avons contacté, Bilal Mahamane Traoré de la radio Lafia : « nous avons vu des militants et des sympathisants de l’Adema et de l’URD qui protestent par rapport aux bulletins prévôtés et qui ont été estampillés avant les élections et qui ont contribué à cette mascarade électorale qui a eu lieu le dimanche 20 Novembre. ».

Toujours selon le confrère, il y a une grande tension, l’Adema et l’URD sont les partis majoritaires à Tombouctou d’où la fraude orchestrée à une grande échelle.

Quant à Yehia Tandina, l’un des rares journalistes à braver les djihadistes et les séparatistes au pire moment de la crise, actuellement à l’ORTM régional de Tombouctou, le constat est le même : la grande marche de mobilisation avait donné le ton : « il y avait un monde que je n’ai pas vu durant toute la période d’occupation. J’ai vu une quinzaine de véhicules avec des responsables de la ville. Ceux qui ont marché n’étaient pas des voyous comme certains ont tendance à le dire. » .

Le brave journaliste insiste sur la morosité de la société civile. L’inquiétude pour Yehia Tandina, c’est les conditions créées pour une nouvelle sanction : « L’Etat doit prendre ses responsabilités pour qu’il y ait équité, pour qu’il ait justice. Nous avons dit que la crise de 2012 a été provoquée par l’injustice et c’est pourquoi Dieu nous a sanctionnés. Ici à Tombouctou si jamais on donne le mauvais reflet, c’est le Mali entier qui va tomber dans la crise. », a insisté Yehia Tandina brandissant des preuves matérielles de fraudes et des témoignages frappants de citoyens ayant avoué leur participation au vol.

Il y avait cinq (5) listes de partis et groupement de partis politiques en compétition dans la ville mystérieuse. La liste Rpm/umrda, l’alliance urd-Adema, la liste codem, la liste adp Maliba/APR/pdes et la liste Jaama

Abdoulaye Traoré dit Adian est de la radio Kalémé ; il n’y a pas de demi-mesure sur la gravité de la fraude : « c’est une honte pour le parti au pouvoir de procéder à des bourrages d’urnes. Dans tous les centres de vote, des militants du RPM ont été pris avec des bulletins »

Kader KALIL Ascofaré est l’un des vieux révolutionnaires de la ville qui a toujours su conscientiser la population. Aujourd’hui il donne, comme bien de personnes que nous avons contactées, une alerte. Tombouctou risque de rebasculer dans une autre crise si les autorités ne prennent pas la mesure de la fracture : « Ce sont des bulletins qui ont quitté Bamako, Nous connaissons ceux qui ont amené ces bulletins à Tombouctou ; pour nous Tombouctou n’existe même. Depuis au temps de l’occupation jusqu’à présent, le Mali fait semblant que Tombouctou existe. Pour nous il n’y pas eu élection à Tombouctou. » Les responsables de l’alliance Adema/URD ont, pour l’instant, emprunté la voie de la légalité en espérant que leurs preuves convaincront les juges du tribunal administratif de Mopti.

Abdou Kalil Ascofaré, secrétaire Général de la section URD de Tombouctou, ils sont allés aux élections pour consolider la stabilité et la paix mais aussitôt, ils ont désenchanté : « nous avons constaté un bourrage des urnes avec des bulletins estampillés partout. Nous avons beaucoup de ces bulletins et nous faisons confiance à la justice malienne. Même Tombouctou ne va jamais cautionner cela. »

L’élection du Président IBK à Tombouctou a été l’œuvre de l’Adema PASJ qui est de loin la première force locale. Les ambitions démesurées risquent d’embraser une ville placée à la queue d’un processus grippé.

Rappelons que les résultats provisoires officiels annoncés par l’administration donnent la liste RPM-UM-RDA victorieuse avec 6372 voix pour 15 sièges, la majorité absolue. Ensuite vient l’alliance Adema-urd avec 5160 voix pour 12 sièges et la CODEM ferme avec 899 voix pour 2 sièges.

Avec un constat d’huissier, l’Adema et l’URD disent tenir les preuves de ces fraudes intelligemment mises en œuvre. Dans la réalité ça parait illusoire. La sentence reste entre les mains d’une justice à l’image des gouvernants, une famille judicaire rongée par la corruption et la violation des principes sacro-saints. Pendant ce temps, un calme précaire règne dans la cité des 333 saints entre des populations dont la patience et la soumission semblent avoir atteint leurs limites.

Najim Baba Cissé
Source: Le Figaro du Mali
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