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Le ministre Diop à propos de la signature d’un prétendu accord de réadmission avec l’UE : « Le Mali n’entend pas monnayer sa dignité pour des besoins mercantiles »
Publié le jeudi 22 decembre 2016  |  La lettre du Mali
Conférence
© aBamako.com par A S
Conférence de presse du ministre Abdoulaye Diop
Bamako le 19 décembre 2016 le ministre a tenu une Conference de presse sur l`accord de réadmission avec l`UE a Koulouba
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Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de l’Intégration africaine, Abdoulaye Diop, n’a pas porté de gang pour réagir à la grave accusation dirigée contre les autorités maliennes d’avoir signé un prétendu accord de réadmission des migrants en situation irrégulière en Europe. Il a apporté un cinglant démenti à cette mauvaise information. C’était au cours d’une conférence de presse qu’il a coanimée avec son homologue des Maliens de l’extérieur, Abdramane Sylla.

«L’Union européenne est un partenaire du Mali. Le Mali n’entend pas monnayer sa coopération. Il n’entend pas monnayer sa dignité et celle de ses populations pour des besoins mercantiles». Voilà ce qu’a déclaré le ministre en charge des Affaires étrangères du Mali. Abdoulaye Diop dénonçait ainsi l’attitude d’une certaine presse étrangère qui est à la base de cette désinformation à des fins inavouées.



Le patron de la diplomatie malienne reconnait avoir signé, le 11 décembre dernier, un communiqué commun avec le ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas, Bert Koenders, au sortir d’un dialogue de haut niveau sur les questions migratoires, initié entre le Mali et l’Union européenne depuis le sommet de la Valette. «Quand Koenders est retourné, il est allé brandir ce communiqué commun comme un trophée de guerre, annonçant qu’il a trouvé un accord global de réadmission des migrants maliens en situation irrégulière en Europe avec le Mali. Et que le Mali va y envoyer ses policiers pour aider à cela. Ça, ce n’est pas dans le communiqué que nous avons signé», a-t-il regretté.

Selon lui, aucun journaliste n’a daigné approcher les autorités pour vérifier la véracité de cette information. «Dans quel dessein ont-ils fait cela ? », a-t-il interrogé, soutenant que c’est une campagne de déstabilisation du Mali. Car, selon lui, certains ne veulent pas que notre pays se stabilise. C’est pourquoi, a-t-il expliqué, «chaque fois qu’ils voient que nous avançons un peu, ils essaient de nous créer un problème ». C’est la raison pour laquelle il a indiqué que quand cette désinformation a circulé, dès le lendemain, il a exigé des Pays-Bas et de l’Union européenne un démenti concernant la signature de cet accord. Partant, il a brandi une communication verbale de l’ambassade du Royaume des Pays-Bas qui prouve que le Mali n’a pas signé un accord avec l’Union européenne. «Mais ce démenti a été superbement ignoré par la presse internationale », a-t-il déploré, en rendant hommage à la presse nationale qui a largement diffusé ce démenti.

A l’en croire, l’objectif du Gouvernement, c’est de pouvoir prévenir l’immigration clandestine qui est un drame. «Nous travaillons pour faire en sorte que le Mali préserve les jeunes qui prennent ce chemin dans des conditions effroyables. Si les pays dans lesquels ces clandestins émigrent veulent les renvoyer dans leurs pays d’origine, nous voulons que cela soit fait dans le respect des droits de l’Homme», a-t-il déclaré. Il a ajouté qu’à ce jour, le Mali n’a signé aucun accord avec qui que ce soit pour faire venir nos migrants en situation irrégulière dans les pays de l’espace Schengen.

Selon lui, c’est une manipulation de l’information à des fins inavouées. Au cours de cette rencontre avec les journalistes, il a persisté et signé qu’aucun accord de réadmission n’a été signé avec l’UE. D’ailleurs, a-t-il rappelé, les traités qui touchent à la situation des personnes doivent passer devant l’Assemblée nationale pour être ratifiés. Il a ensuite lancé le défi que si quelqu’un dispose de cet accord signé, qu’il lui l’apporte.

Pour conclure, il a indiqué que lui-même est fils de migrant. Il a rappelé l’expulsion de son père, en 1978, du Congo Brazza. C’est dire qu’il mesure l’ampleur des souffrances liées à la migration.

Moussa Koné
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