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Côte d’Ivoire: la grogne des militaires s’étend, appel au calme du gouvernement
Publié le vendredi 6 janvier 2017  |  AFP
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© Autre presse par DR
2 individus armés attaquent des hôtels situés sur la place de Grand Bassam
Dimanche 13 mars 2016. 2 individus armés attaquent des hôtels situés sur la plage de Grand Bassam. Les forces de sécurité déployées sur le terrain.
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Bouaké Un mouvement de protestation de militaires a éclaté vendredi à Bouaké, capitale de l'ex-rébellion armée en Côte d'Ivoire, avant de s'étendre à la mi-journée aux villes de Daloa et
Daoukro, dans le centre, et Korhogo dans le nord.

Des tirs à l'arme lourde ont résonné toute la matinée à Bouaké, deuxième ville de Côte d'Ivoire, dont les militaires mutins ont pris le contrôle, après avoir attaqué des commissariats de police, a constaté un correspondant de
l'AFP.

"C'est une mutinerie des ex-combattants intégrés dans l'armée qui réclament des primes de 5 millions FCFA (7.600 euros), plus une maison chacun", a expliqué à l'AFP un officier sous couvert d'anonymat.

"Nous réclamons non pas 5 millions de FCFA mais plutôt 10 millions chacun, plus une villa (...) Le cas échéant, nous ne regagnerons pas les casernes", a assuré un soldat à l'AFP.

"Dans la nuit du 5 au 6 janvier 2017, aux environs de 0h30, un groupe de militaires a fait irruption à l'état-major de la 3ème région militaire (de Bouaké, ndlr) en faisant usage d'armes à feu", a déclaré le ministre de la Défense, Alain-Richard Donwahi, dans un communiqué lu à la télévision
nationale vendredi à la mi-journée.

Le ministre a appelé "tous les soldats (à) garder leur calme et (à) rentrer dans les casernes, en vue de permettre la recherche de solutions durables pour l'ensemble des composantes des Forces Armées de Côte d'Ivoire".

Selon lui, les revendications de ces soldats portent notamment sur le paiement de primes, les augmentations de salaires et une promotion plus rapide entre les grades.

Vendredi dans la matinée, le gouvernement a réuni un Comité national de crise, selon une source proche du ministère de la Défense.

A Bouaké, les soldats ont "cassé la poudrière du camp du 3e bataillon" le plus important de la ville, "c'est de là qu'ils ont sorti les lances-roquettes et d'autres armes montées sur des pickups", a expliqué un officier à l'AFP.

"C'est vers 03h00 du matin (03H00 GMT) que des militaires sont arrivés au commissariat du 1er arrondissement situé au quartier Sokoura où ils ont désarmé les policiers présents et emporté des kalachnikov", a indiqué à l'AFPm un responsable de la police locale sous couvert d'anonymat.

- Ecoles et commerces fermés -


Les militaires ont attaqué la préfecture de police et les sept commissariats de Bouaké et dressé des barricades au centre-ville, coupant toute circulation, a constaté le correspondant de l'AFP.

Des soldats ont pris position à divers carrefours stratégiques de la ville et d'autres sillonnaient la ville à moto ou dans des colonnes de véhicules qu'ils ont pris à la police.

Ecoles et commerces étaient tous fermés à Bouaké, ancienne capitale de la rébellion qui contrôlait le nord du pays lorsqu'il était coupé en deux entre 2002 et 2011. Cette rébellion était favorable à l'actuel président Alassane Ouattara, alors que le sud du pays était tenu par les forces loyales à
l'ex-président Laurent Gbagbo.

A Daloa, grande ville du centre-ouest, "des militaires à moto sillonnent la ville en tirant en l'air", a raconté un habitant à l'AFP. "Ça tire, on a peur, on est caché dans la maison", a expliqué d'une voix tremblante un autre habitant joint par téléphone depuis Abidjan.

A Korhogo, un militaire joint au téléphone a indiqué que "le mouvement de révolte est observé dans cette ville. Des rues ont été occupées par les
soldats".

En début d'après-midi, la contestation a également gagné Daoukro
(centre-est), fief de l'ex-président Henri Konan Bédié et grand allié du
président Ouattara.

"Des militaires, le visage recouvert de peinture, à moto ou en voiture et
armés de kalachnikov sillonnent la ville en tirant à l'air. Le marché s'est
vidé, les commerces ont fermé", a rapporté un journaliste.
En novembre 2014, une vague de protestation de soldats était partie de
Bouaké pour s'étendre à Abidjan, la capitale économique, et d'autres villes du
pays.
Le quartier-maître Siaka Ouattara, porte-parole des militaires, avait alors
présenté le non-paiement des "arriérés de soldes de 2009-2011 et de 2011-2014
des ex-combattants intégrés dans l'armée" comme principal motif de leur
mécontentement, rejetant toute "politisation" du mouvement.
Le président Ouattara s'était engagé fin novembre 2014 à verser ces
arriérés de soldes.
L'avancement de 8.400 caporaux, autre revendication des protestataires,
devait également être assuré dès "le 1er janvier 2015", à travers des
promotions.
Selon plusieurs sources sécuritaires, d'anciens éléments rebelles, intégrés
en 2009 dans les forces de sécurité nationales à la suite de l'accord de paix
de Ouagadougou signé en 2007, étaient à l'origine du mouvement.
str-eak/lp
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