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Gao : Le carnage planifié et exécuté de sang-froid !
Publié le mercredi 25 janvier 2017  |  Delta News
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© AFP par STRINGER
Des soldats se rassemblent près d`un pickup après l`attaque kamikaze qui a ensanglanté un camp de Gao, au Mali, le 18 janvier 2017.
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Gao : Mercredi 18 janvier, 08 h 45, camp militaire des FAMAS, une grande déflagration: 60, 77, 100, 110…morts ! Un carnage ! Une hécatombe !
Bien que nous ayons conscience que l’insécurité est généralisée au Mali, jusqu’ici des actions kamikazes n’étaient pas courantes chez les terroristes qui opèrent chez nous. Dans notre parution du mercredi dernier, nous sommes revenus sur la problématique de la sécurité. Nous soulignions : ῎Aujourd’hui au Sahel en général et au Mali en particulier, la sécurité ne doit pas être exclusivement l’affaire des professionnels, car les terroristes sont dans la population, dans la plupart des cas, comme des poissons dans l’eau.῎ (Delta News N°131 Le Mali des enjeux, page 5, De la sécurité).
L’hécatombe perpétrée à Gao le jour même de la parution de notre canard est venue hélas, corroborer notre propos. Sinon comment comprendre qu’un véhicule, bourré d’explosifs soit resté stationné au moins deux heures de temps devant un camp avant le forfait, sans attirer aucune attention ?
L’argumentaire avancé qui consiste à dire que le véhicule était aux couleurs de la Mission Opérationnelle de Coordination (MOC) est-il convaincant? Nous nous en doutons fort. Nous nous inclinons devant les dépouilles de toutes les victimes et présentons nos condoléances les plus attristées à leurs familles.
Ils ont calculé le moment propice d’amorce de leur action, afin de faire le maximum de victimes.
Après la période des émotions, il faut bien revenir à la réalité. Dans toute guerre, les différents protagonistes, pour atteindre leurs objectifs, utilisent des leurres soient immatériels telle la désinformation ou matériels tels le véhicule aux couleurs de la MOC utilisé par les terroristes. L’antidote de ces leurres est la recherche de l’information pour faire avorter toutes les actions planifiées par l’ennemi. Le fait que les terroristes soient parvenus à se procurer d’un véhicule aux couleurs de la MOC au nez et à la barbe de nos forces de sécurité, indique l’inefficacité de nos services de renseignements. A contrario, il montre le professionnalisme de l’ennemi.
En analysant cet attentat de Gao tout en relevant les différentes activités qu’il a fallu exécuter pour sa mise en œuvre, on ne peut qu’arriver à une conclusion : cet acte odieux a été minutieusement planifié. Le fait que le véhicule soit resté près de deux heures devant le camp avant l’heure H, indique le sang-froid des auteurs. Ils ont calculé le moment propice d’amorce de leur action afin de faire le maximum de victimes.
Après la manifestation « unitaire » du samedi 21 janvier de la classe politique face à cette barbarie, il est inutile d’ergoter sur le problème de sécurité. Il nous revient d’analyser froidement les nouvelles donnes de l’insécurité en général et du terrorisme en particulier au Mali ; et de prendre des mesures idoines pour leur totale éradication sinon de l’atténuation de leurs impacts sur le fonctionnement de l’état.
Le terrorisme est l’œuvre de ces fous de Dieu qui sont disséminés à travers l’Asie, le Moyen- Orient, le Maghreb et sur une partie de l’Afrique sub-saharienne.
En analysant les manifestations de l’insécurité dans notre pays, on se rend compte que depuis la signature des accords d’Alger et surtout après l’accord intervenu entre la CMA et la plate-forme, celles-ci se sont progressivement déplacées du nord au sud, faisant du centre du pays leur épicentre. Nous remarquons que la région de Kidal, à part quelques explosions de mines, quelques escarmouches entre les anciens ennemis, il existe très peu d’assassinats ciblés, de poses d’explosifs, que nous constatons en croissance dans quelques zones de la région de Tombouctou, Gao, le Gourma, dans la région de Mopti et une partie de la région de Ségou. Nous constatons que toutes ces zones où il y a recrudescence des actes terroristes, relèvent du territoire qui était avant l’opération serval, soit sous occupation islamo-narcotrafiquant ou dans ses visées. Or toutes ces zones sont revendiquées par les éléments de la plate-forme. Il y a là des points d’ombre à clarifier.
La revendication faite par les affidés d’AQMI de l’attentat et la création de différents mouvements ethno-religieux qui pullulent au centre du pays indiquent bien aujourd’hui, que le terrorisme est l’œuvre de ces fous de Dieu qui sont disséminés à travers l’Asie, Moyen- Orient, le Maghreb et sur une partie de l’Afrique sub-saharienne.
Sans verser dans le populisme, nous pouvons affirmer que le peuple malien a la solution de sa sécurité.
La nouveauté c’est que ces organisations du mal recrutent parmi les jeunes des populations locales qui sont souvent permissives à leur endroit, surtout que l’administration ne leur pas laissé que de bons souvenirs. C’est dire que le problème de sécurité ne pourrait se résoudre sans les populations. C’est pourquoi, nous suggérons au président Ibrahim Boubacar Keïta et à son gouvernement l’organisation sans délai, des assises nationales inclusives essentiellement consacrées au problème sécuritaire. Nous sommes de ceux-là qui croient que des propositions qui seront issues de telles assises pourraient nous amener à une paix durable.
Sans verser dans le populisme, nous pouvons affirmer que le peuple malien a la solution de sa sécurité, pourvu qu’on le responsabilise et qu’il ait quelque peu confiance en ses dirigeants!
Hamidou Ongoïba
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