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Nord-Mali: le nouveau repaire des combattants du Front Polisario
Publié le lundi 30 janvier 2017  |  Le Procès Verbal
MNLA
© Autre presse par DR
MNLA (Mouvement National pour la Libération de l`Azawad)
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Le Mali est victime de sa position géographique. Sa partie septentrionale fait frontière avec l’Algérie, le Niger et la Mauritanie. Or, le puissant voisin algérien se trouve, depuis 1960, dans une compétition geostratégique avec le Maroc pour la domination du Sahel et de sa périphérie. L’Algérie a trouvé le meilleur moyen de faire mal à son voisin marocain: entretenir le Front Polisario, bras armé de la République arabe sahraouie démocratique (RASD). Cette République, créée de toutes pièces par le colonisateur dans le désert marocain, a été reconnue par l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA, actuelle Union africaine), ce qui a conduit le Maroc à quitter l’organisation continentale aux lendemain des indépendances. Les indépendantistes sahraouis, que le Maroc considère comme de simples rebelles, voire terroristes, ont un gouvernement, des autorités politiques et une armée soutenus à bout de bras par l’Algérie. Depuis 1990, l’ONU pilote, mais en vain, un processus référendaire tendant à demander aux populations sahraouies leur préférence entre leur intégration au Maroc et l’indépendance de leur contrée.

Déployés aux environs de Kidal

C’est pour mettre les combattants sahraouis à l’abri de toute attaque-surprise que l’Algérie a oeuvré à leur installation progressive sur le territoire malien. Selon nos sources, les soldats sahraouis ont pris leurs quartiers à Intadéni, à quelque 25 kilomètres de Kidal. Bien cachés dans le vaste désert, leurs armements n’apparaissent pas aux yeux d’un visiteur quelconque. Et le jour, ces bonshommes portent l’habit et le turban de paisibles bergers touaregs. Toutefois, en cas de nécessité, ils forment aussitôt une armée redoutable, cette armée qui tient tête à celle du Maroc depuis plus de 50 ans. « Avec AQMI et la Cordination des Mouvements de l’Azawad, les combattants du Polisario contrôlent le commerce illicite des armes et de la drogue dans le grand nord malien; sans eux, pas moyen de convoyer ces « marchandises » vers la Libye et l’Europe », nous confie une source bien informée. Une autre source nous assure que c’est grâce au renfort des soldats sahraouis que la CMA est parvenue, en 2014, à chasser l’armée malienne de Kidal.

D’une pierre sept coups

A travers le bras d’armée du Polisario déployé dans le désert malien, l’Algérie fait d’une pierre sept coups:

– maintenir son emprise sur un noman’s land frontalier riche en ressources minérales;

– contrôler les axes de trafic de la région;

– pouvoir faire pression sur AQMI et la CMA en cas de besoin;

– se rendre incontournable dans tout règlement de la crise malienne;

– peser sur la diplomatie malienne aux dépens des intérêts du Maroc;

– constituer une puissante force de reserve en cas d’hostilités déclenchées par le Maroc;

– garder une forte marge de négociation avec les puissances occidentales, telle que la France, qui s’installent au Sahel pour de bon.

Une puissante armée

Les soldats du Polisario déployés au nord-Mali ne sont qu’une petite fraction de l’Armée populaire de libération sahraouie (APLS), appellation officielle des forces armées de la République arabe sahraouie démocratique (RASD). La création de cette armée remonte au congrès du Front Polisario tenu le 10 mai 1973. L’APLS a, par le passé, affronté la Mauritanie (1976-1979) et au Maroc (1976-1991). Depuis le cessez-le-feu proclamé en 1991, l’APLS contrôle la partie du Sahara occidental qui se situe à l’est du Marocain, soit 20 % du territoire marocain.

L’APLS compte une force de 7000 militaires répartis entre 7 régions militaires: celles de Zoug, de Tifariti, de Mijek, de Meres, de Bir Lahlou, de Tindouf et de Sellaourich. Le secrétaire général du Front Polisario est le chef suprême de l’APLS. Chaque région militaire se compose de 6 bataillons comptant chacun 5 unités militaires. L’APLS, comme toute armée, dispose de services de communications, d’analyse tactique, de médecine, d’approvisionnement et d’intendance. A Tindouf, 6ème région militaire de l’APLS, siège le commandement général. L’APLS compte plusieurs casernes, d’importants stocks d’armes et de munitions, des chars, des blindés et des canons. La caserne « Al-Kaïda » abrite même des usines de fabrication de matériels destinés aux soldats : chaussures, treillis, casquettes, etc. Les hommes de l’APLS ont une solide expérience du milieu désertique et un encadrement rompu aux stratégies de guerre. Les vétérans de la longue guerre livrée à l’armée marocaine sont aujourd’hui les plus favorables à la reprise des hostilités avec le Maroc, seul moyen, à leurs yeux, de régler une fois pour toutes le dossier sahraoui.

L’essentiel de l’équipement de l’APLS est d’origine soviétique. Les capacités de l’armée sahraouie révèlent la présence de 74 chars de combat composés de T-62, T-55 et T-50 russes, de véhicules blindés pour le transport de troupes; de systèmes pour la défense anti-aérienne (SA-6 et SA-9), de mortiers et de lance-roquettes de toutes sortes.

Dans le rapport du 12ème congrès du Front Polisario en décembre 2007, on lit ce qui suit: « les régions ont été dotées d’engins militaires, de camions de transport de troupes et de camions-citernes. Des ateliers et des dépôts ont été construits à l’arrière, des installations et des centres militaires ont été bâtis dans les territoires libérés, la maintenance du matériel militaire a été assurée et un musée de l’armée construit. Les régions militaires ont pu également bénéficier des services des missions médicales et des programmes de vacances estivales, de même qu’un niveau acceptable de soins et de nourriture leur a été assuré. L’intérêt porté à l’état général de l’armée s’est poursuivi et des visites sur place ont été établies, les programmes d’inspection effectués. Les efforts visant l’élévation du niveau de l’armée ont été continus, notamment à travers l’exécution de projets tactiques, des programmes d’entraînement et de formation destinés à tous les niveaux. La cadence des recrutements a augmenté au long de cette période, ce qui a permis l’alimentation régulière des régions militaires par des effectifs jeunes. Les rémunérations ont été régulières et revalorisées à hauteur de 75%. Les Directions et écoles militaires ont été dotées d’un budget de gestion. Le déficit en cadres a été comblé. Des efforts ont été faits en direction des familles des martyrs, des blessés de guerre et des personnes âgées issues des rangs de l’armée ».

Tiékorobani
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