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CONFERENCE D’ENTENTE NATIONALE : Un Piège sans fin pour le Peuple !
Publié le jeudi 2 fevrier 2017  |  Carrefour
Moussa
© aBamako.com par A.S
Moussa Mara préside l’ouverture de la 19è session de l’Espace d’interpellation démocratique (EID)
Bamako, le 10 décembre 2014. Le Premier ministre Moussa Mara qui a présidé l’ouverture de la 19è session de l’Espace d’interpellation démocratique au Centre international de conférences de Bamako.
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Dans son adresse à la nation à l’occasion du nouvel an, le Président IBK a annoncé la tenue de la conférence d’entente nationale en mars 2017.
Pour lui l’objectif de cette conférence est de permettre un débat national entre toutes les composantes de la nation malienne pour échanger sur les causes profondes des rebellions successives qui ont secoué le nord afin que plus jamais ça. Au finish, une charte pour la paix, l’unité et la réconciliation sera produite qui servira de garde fou.
La dite conférence est sensée prendre en compte les dimensions mémorielles, identitaires et historiques de la crise malienne. Toutes ces annonces ne seront que chants de sirènes si elles ne prennent pas en compte les aspirations profondes du peuple malien meurtri qui continue à souffrir le martyr.
C’est ne pas la première fois que le peuple malien nourrit de grands espoirs suite à des grands rendez-vous pour discuter de son avenir il ya bien eu des précédents la conférence nationale souveraine, les assises sur le nord. Lors de la campagne présidentielle de 2013 le candidat IBK avait promis de faire du retour de la paix son cheval de bataille. Il parlait de restaurer l’honneur et la dignité du peuple, et de la résolution de la crise du nord en trois mois etc…
N’a-t-on pas l’habitude de dire que ‘’Le premier con, n’est pas con, mais c’est le deuxième con qui est con’’. Le peuple malien va-t-il accepter encore une fois de plus après avoir été le premier con en 2013, d’être cette fois-ci le deuxième con ?
Le peuple prendra-t-il encore le risque d’accorder un autre chèque en blanc à un candidat qui a déçu la majorité du peuple alors que son premier quinquennat n’est pas achevé ?
Notre constat est que le peuple est à un pas de l’être, à travers cette conférence d’entente nationale que le gouvernement est entrain de miroiter au peuple, en lui faisant croire qu’il peut changer les données de l’accord d’Alger. Le Gouvernement sans tenir compte des conséquences de cet accord sur l’unité nationale s’est précipité à parapher le dit accord qui porte sur treize pages .
Pourquoi alors, peut-on espérer que ce qui n’a pas pu être fait à Alger, puisse l’être à travers une conférence dit d’entente nationale ?
Dans l’esprit de l’accord d’Alger, il y a un certain nombre de questions déjà traitées sur lesquelles la dite conférence ne peut revenir à savoir :
Il est reconnu dans le préambule de l’accord d’Alger pour la paix et la réconciliation qu’il faudra une gouvernance conforme aux spécificités géo-historiques et socio-culturelles des régions du nord. Cela voudrait dire que les régions du nord ne seront plus désormais gérées, comme les régions du sud. Il y aura des super chefs et leurs familles qui auront droit de mort et de vie sur les autres composantes des populations du nord notamment les Touaregs noirs communément appelés ‘’Bella’’. Le sort de ces peuples appelés ‘’Bella’’ sera-t-il pris en compte par ladite conférence nationale pour mettre un terme à l’esclavage ?
L’appellation Azawad a suscité beaucoup de critiques lors des pourparlers inter maliens d’Alger. L’appellation a tout de même été retenue provisoirement dans le document de l’Accord, en attendant la conférence d’entente nationale. Cette appellation sera-t-elle remise en cause lors des débats de la conférence d’entente nationale qui s’annoncent houleuses ?
La réponse sera-t-elle oui ou non la question mérite d’être posée , car lors de la journée de réflexion organisée le 30 juin 2016 au CICB par la Fondation Balazan dont le thème était ‘’Regards croisés sur les contraintes politiques, institutionnelles liées à la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation, un représentant de la CMA, un certain Maïga, a dit que si on changeait une seule virgule dans le dit accord, il n’engagera plus les groupes armés qui ont paraphé l’accord d’Alger le 20 juin 2015 à Bamako. Cette position tranche-t-elle avec la volonté des peuples du sud s’ils désirent qu’on revienne sur certains aspects de l’accord en question ?
Ce qui n’a pas pu s’obtenir à Alger peut-il être obtenu à Bamako ? Nous en doutons !
Cette position tranchée de la CMA est consécutive à l’intervention de Tiébilé Dramé président du PARENA lorsqu’il a fait remarquer qu’une relecture consensuelle de l’article 6 de l’accord est nécessaire car il prête à confusion par rapport aux rôles et responsabilités des nouveaux responsables régionaux de la nouvelle de la nouvelle administration du nord du pays.
En effet, ces nouveaux responsables régionaux seront selon l’accord à la fois chef de l’exécutif, et joueront un rôle législatif dans leurs régions. Cette façon de faire est contraire aux principes démocratiques selon le modèle de Descartes relatif à la séparation des trois pouvoirs (Exécutif, Législatif, Judiciaire).
La question de la gouvernance dans les régions du sud sera-t-elle aussi remise sur la table de la conférence d’entente nationale ?
Rien n’est moins sur mais cela devient une nécessité, si l’on veut que le régime soit juste envers toutes les composantes de la nation. Cette conférence d’entente nationale ne doit pas se faire au détriment des régions du sud. Déjà un collectif pour la défense des nouvelles régions créées en 2012 par l’ancien Président ATT a donné de la voix. Les gouvernements successifs de Modibo Keïta I, II et III, ont été incapables de mettre en œuvre cette loi à travers ne serait-ce que la nomination des gouverneurs dans un premier temps. Faut-il le rappeler, il s’agit des régions de Douentza, San, Koutiala, Niono, Nara, Kita, Bandiagara, Dioila, Gourma-Rharouss et Bougouni.
Les cadres de ces nouvelles régions doutent que la nomination de nouveaux gouverneurs par le président IBK, ne soit mal interprétée par la France, comme un sabordage de l’accord d’Alger. En effet, dans l’accord d’Alger, nous avons noté avec regret une différence notoire dans la gouvernance entre les régions du nord et celles du sud au détriment au détriment du second.
L’accord d’Alger prévoit une plus grande représentativité des populations du nord au sein des instances nationales de prise de décision. Ce terme nous semble disproportionné par rapport à la réalité nationale. Si dans l’accord, on avait recommandé une représentation proportionnelle, ce concept serait plus compréhensible et sa mise en œuvre plus facile. Nous avons comme l’impression qu’une minorité veut s’imposer sur une majorité avec l’appui des autorités françaises. Le peuple souverain du Mali acceptera t-il cela ? Les autorités ont sans doute la réponse.
Dans le cadre de la représentation de l’Etat et du contrôle de légalité, il est dit dans l’accord que l’Etat à travers son représentant exerce un contrôle de légalité à postiori sur les actes administratifs des collectivités territoriales. Ce principe de notre point de vue, n’est-elle pas contraire à toute règle de bonnes gouvernances ? C’est comme si on exécutait le budget avant de le faire entériner par l’Etat.
La création d’une zone de développement des régions du nord, dotée d’un conseil consultatif, pour hisser les régions du nord au même niveau de développement que ceux du sud n’est qu’un alibi, pour constituer le futur Etat de l’Azawad. Si ce n’est pas le cas, pourquoi alors chaque région ne peut-elle pas prendre en main la planification de son propre développement ?
Y-a-t-il dans l’accord, un conseil consultatif interrégional pour les régions du sud?
Les débats seront très houleux lors de ladite conférence d’entente à condition que la CMA accepte le concept de la conférence comme pensé par le Gouvernement.
Nous avons l’impression qu’après avoir délégué la souveraineté du Mali à la France et à l’Algérie dans la rédaction et la validation du texte de l’Accord d’Alger, le gouvernement veut se rebiffer après un constat d’échec dans la mise en œuvre de l’Accord, pour aller à une conférence d’entente nationale dans le but de se racheter peut-être.
La CMA et la Plateforme vont-ils accepter ? Wait and see!
Badou S. KOBA
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