Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Annonces    Femmes    Nécrologie    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Société
Article
Société

Décès de l’imam du vendredi de la mosquée de DJENNE : Le Président du Haut Conseil Islamique en Colère contre le Ministre Hass Diallo
Publié le jeudi 9 fevrier 2017  |  Carrefour
Cérémonie
© aBamako.com par Androuicha
Cérémonie de signature de l`accord de paix d`Alger
Bamako, le 15 mai 2015 au CICB. Le Gouvernement malien et les groupes rebelles du nord ont procédé en présence de nombreux chefs d`Etats africains et de la médiation internationale à la signature du document de paix issu du processus d`Alger. (Photo Mahmoud DICKO, imam et président du Haut Conseil Islamique du Mali)
Comment


Le vendredi 27 janvier 2017, sur la radio NIETA, le Président du Haut Conseil Islamique du Mali, le très respecté Mahmoud Dicko a étalé au grand jour toute son indignation par rapport à ce qu’il considère comme un traitement de faveur accordé par le gouvernement à la religion catholique, au grand dam de la religion musulmane. Et pour cause ?
En effet, le grand imam de Djenné est décédé le jeudi 19 janvier 2017. Aucun représentant de l’Etat n’était sur les lieux lors des funérailles. La colère du Président du HCIM vient de là. Il est furieux contre nos autorités pour cette absence. Est-il dans son droit de protester ?
L’analyse peut se faire à niveaux sur le plan social, l’Etat devrait être représenté. Avant tout Djenné est une ville religieuse qui a une longue histoire. Elle a même commandé un temps soit peu une région du Maroc, grâce à la présence d’un gouverneur marocain qui était installé dans cette ville. C’est donc à ce titre qu’il a gouverné une région du Maroc à partir de Djenné.
Djenné est le chef-lieu d’un cercle, donc le commandant de cercle et le sous-préfet de l’arrondissement central y habitent. Nous sommes sûrs qu’ils étaient sur les lieux des funérailles. Ces responsables cités sont les représentants du chef de l’Etat. Nous sommes sûrs aussi que le juge et les chefs de services locaux étaient présents lors des funérailles du grand Imam.
Ils y étaient au nom de l’Etat et en leurs propres noms. Nous sommes sûrs qu’ils ont contribué financièrement aux dépenses relatives aux funérailles. Sur le plan de la représentativité de l’Etat, nous y sommes donc, sauf si le Président du HCIM voulait la présence du Ministre Hass Diallo sur les lieux. Cela va-t-il commencé avec le décès de l’Imam de Djenné ?
En Arabie Saoudite, lorsqu’un roi meurt, avant que le royaume ne soit informé en totalité, on procède aux funérailles. C’est à la Mecque qu’il y a la Kaba qui est le lieu le plus important sur le globe terrestre pour les musulmans. Ceux-ci n’exigent pas que tous les musulmans du monde se rendent aux obsèques du roi lorsqu’il décède. Pourquoi alors le Président du HCIM voudrait-il que le Président IBK ou le Premier Ministre ou le Ministre en charge des religions s’y rendent fut-il un Imam ?
Ceux-ci peuvent-ils aller à chaque évènement social de ce genre ?
IBK le fait lorsqu’il a le temps, sur un plan purement social. Reconnaissons à lui ce mérite d’être très social. Quand il n’a pas le temps, il participa de loin aux dépenses des funérailles où il envoie un représentant sur les lieux pour parler en son nom. De 2013, à nos jours, il a participé à 34 enterrements.
Les Présidents Alpha Oumar Konaré et ATT ont toujours eux aussi cultivé le social sans qu’ils ne soient contraints de le faire. Ils l’ont fait sur un plan purement humanitaire quel que soit les religions des personnes défuntes.
De là à lancer des menaces à nos autorités pour leur absence aux funérailles d’un Imam, il y a un pas à ne pas franchir par le Président du HCIM. Surtout ce qui est grave encore dans son discours c’est la récrimination à l’endroit de nos autorités pour avoir participé aux obsèques de l’Archevêque de Mopti.
Le Président du HCIM, trouve cela comme un manque de considération à la religion musulmane. Son autorité morale doit l’amener à un devoir de réserve pour ne pas créer de conflits entre les religions. Avec de tels comportements pouvions-nous dire que le Président Alpha qui a toujours refusé de le nommer à la tête du HCIM avait raison ?
Alpha le trouvait trop extrémiste. Lors de la passation de pouvoir en 2002, il avait mis ATT en garde de ne pas le mettre à la tête du HCIM. Mais une frange wahhabite de l’Association Malienne pour l’Unité et le Progrès de l’Islam (AMUPI) a entreprit ATT en lui assurant de mettre l’Imam Mahmoud à la tête du HCIM. Ils ont rassuré ATT que les autres membres seront là pour l’encadrer. ATT a accédé à leur doléance. La suite est connue, il est soupçonné d’être de mèche avec la bande à Sanogo et Ag Iyad celui-là qui a fait occuper le nord par les djihadistes.
Selon les historiens, l’Islam est rentré dans cette partie de l’Afrique appelée ‟Pays des Noirs” en 734 avec l’arrivée des troupes du mouvement islamique Omeyyade. Il a été depuis cette date d’un tempérament modéré, acceptant en son sein nos pratiques syncrétistes qui vont avec lui. Cette perception de l’Islam dans notre société était bien intégrée dans nos mœurs islamiques. Cependant de plus en plus, depuis le dernier quinquennat d’ATT on a constaté une certaine déviation vis-à-vis de cette ligne conductrice, avec la grande manifestation contre le code de la famille. Alors que le dit code faisait avancer la société malienne dans la pratique des droits de l’homme. Malheureusement les religieux radicaux ne l’on pas comprit dans ce sens.
Dès lors, les leaders religieux, ont été courtisés par les politiques, conscients de leur degré d’organisation et de mobilisation. Contrairement aux premiers présidents de l’après indépendance, qui ont fait le choix responsable d’un état laïc et républicain ; nos dirigeants actuels au lieu de louer l’effort de leurs camarades politiques qui ont permis leur accession à la tête de l’Etat disent plutôt à haute voix que leur élection est due aux religieux. Par conséquent, ils leurs sont redevables. Ce qui a surpris plus d’un c’est le cas d’I.B.K qui se fait protéger par les leaders religieux qui jugent toutes ces actions positives.
On se rappelle que lorsqu’il était à la Primature de 1994 à 2000, il a fait battre les religieux marcheurs qui protestaient contre la non fermeture des bars pendant le mois de carême. Nous comprenons dès lors pourquoi, cette immixtion des religieux dans la gestion étatique jusqu’à aller défier les décisions de l’Etat tel que l’Etat d’urgence. Si sous Alpha l’Etat avait une emprise sur la religion, tel n’est pas le cas sous I.B.K qui a été élu grâce aux religieux selon ses propres expressions. Sous leur pression, il a même crée un Ministère des Religieux. Sous la transition, Soumana SACKO en qualité de Premier Ministre a refusé l’immixtion des religieux dans la politique et s’était opposé également en septembre 2013 à la création d’un Ministère chargé des affaires religieuses.
N’est-il pas temps que le Président I.B.K trace la limite à ne pas dépasser dans la gestion de l’Etat pour les religieux. S’il ne le fait pas, ils amèneront en 2018, un Imam comme Président de la République.
La religion et l’Etat doivent être séparés, si on veut garder un Mali laïc. Les premiers acteurs qui ont vite compris cela sont les français Aristide Briand (1832-1893 un homme politique). Jules Ferry (1832-1893 un homme politique). Ce dernier est considéré comme le promoteur de l’école gratuite, laïque et obligatoire. Il y a aussi Emile Loubert ancien président du SENAT. C’est lui qui a donné la grâce au capitaine Dreyfus et promulguer une loi sur les associations et le dernier est Waldek Rousseau (1846-1904). Il est l’auteur de la loi 1901 sur les associations.
Ivette GUINDO
Commentaires