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Grève des Magistrats: enfin un accord !
Publié le jeudi 9 fevrier 2017  |  Info Matin
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C’est dans une atmosphère électrique qu’ont débuté, avant-hier mardi, au ministère de la Justice, les négociations entre les représentants du gouvernement et les 1ers responsables des deux syndicats de magistrats (SAM et SYLIMA), sous l’égide d’une Commission de conciliation.

Après les vives échauffourées entre les responsables du SAM, tout semble revenu à la normale. D’ailleurs, de source proche des négociations, apprend-on, au moment où l’on mettait sous presse, que tout serait fin prêt pour lever le mot d’ordre de grève, aujourd’hui même.
Placée sous l’égide de son président Amadi Tamba CAMARA, ancien président de la Cour Constitutionnelle, la Commission de conciliation comprend côté gouvernement, le ministre du Travail et de la fonction publique, DIARRA Raky TALLA, et des cadres du ministère de la Justice et celui de l’Économie et des finances, ainsi que Me Harouna KEITA, Hamidou MAIGA et le Pr Doulaye KONATE.
Du côté des Syndicats, pour le SAM : Cheick Mohamed Chérif KONE, président, Badara Aliou NANACASSE, vice-président, Moussa Oudé DIALLO, 1er Secrétaire au conflit, Amadou BA, 2e Secrétaire au conflit, Dramane DIARRA, Secrétaire aux relations extérieures, Mamoudou KASSOGUE, Secrétaire général, Boya DEMBELE, 1er Secrétaire aux Revendications.
Pour le SYLIMA, on y notait la présence de Siaka S. COULIBALY, vice-président, Ladji SARA, Hamidou DAOU et Michel Karaba DIASSANA.

La question préjudiciable :
À peine le président de la Commission, Amadi Tamba CAMARA, ouvert la séance que
Badara Aliou NANACASSE a pris la parole pour signifier : « Monsieur le Président, nous avons une question préjudiciable à poser ».
Aussitôt Dramane DIARRA rétorqua en ces termes : « On dit préjudicielle hein ». Ainsi, un silence radio a régné dans la salle.
Puis, NANACASSE remit au Président une petite enveloppe de couleur kaki contenant une correspondance, en disant qu’ils exigent le départ de Cheick Mohamed Chérif KONE et de Dramane DIARRA de la salle. Chérif à son tour remis au président une copie des Statuts du SAM (Syndicat autonome de la magistrature).
Le président de la Commission, après avoir pris connaissance du contenu de ladite correspondance a dit ceci : « J’estime que les gens qui étaient là lorsqu’on suspendait les travaux de la commission, ce sont les mêmes qui sont là. Le SAM est un, le SYLIMA est un. J’estime que cette question n’a pas d’incidence sur les discussions. Vous et nous, on va laver le linge sale en famille. J’ai compris votre message, mais cela ne va pas être débattu ici, mais ailleurs. Ce n’est ni le lieu ni le moment », a martelé le président.
Badara Aliou NANACASSE a ensuite déclaré : « J’ai beaucoup d’estimes et de considérations pour le président Chérif, qui a du mérite. Il n’y a rien de personnel entre nous. Il est un ami et un frère. Mais le bureau a décidé qu’il y a une situation qui doit être réglée. Chérif n’est ni suspendu, ni radié.

Mais pour des mesures conservatoires, les statuts disent que si le président n’est pas là, c’est le Vice-président qui le remplace. Le Bureau s’est spontanément réuni pour me dire de continuer la mission ».
En réaction à M. NANAKASSE, M CAMARA a dira ceci : « pour que le vice-président remplace le président, il faut qu’il soit suspendu ou radié. Vous ne pouvez pas le remplacer de la sorte. Le Juge, c’est la prudence. Si vous n’êtes pas sûr d’appréhender une question, il faut éviter d’aller au-delà. Vous êtes des délégués, vous ne pouvez pas tout rapporter à la base. Ce n’est pas opportun d’évoquer ce problème. Nous sommes là pour nous occuper de l’intérêt des magistrats. Je suis sonné par ce qui s’est passé, car je venais de vous féliciter pour la cohésion et l’acceptation de la suspension de l’autre jour. Ne gâchez pas cette union. Discutons des doléances pour évoluer. »
Ensuite, répond Chérif KONE : « Vous l’avez dit, Monsieur le Président, le Juge c’est la responsabilité, c’est le respect du droit. Cette correspondance ne m’a pas été notifiée pour susciter ma réaction. En tout état de cause, et au-delà des passions, suivant les statuts, le Président est la seule voix du SAM. Aucun autre membre du Comité directeur ne peut parler ou signer sans délégation. Nous sommes dans la ligne droite de ce qui a été fait l’autre jour. Je suis la seule voix autorisée du SAM. Toute démarche contraire serait une violation de nos statuts et règlement intérieur. Par ailleurs, une Assemblée générale ne peut pas destituer le Président, encore moins une Assemblée générale extraordinaire SAM-SYLIMA. Le Président est élu par le Congrès. Son départ entraine le vide. Tout autre membre peut quitter sans que la survie du Comité directeur ou du Syndicat lui-même n’en soit affectée. »
Sur-le-champ, NANACASSE demande une suspension qui a été accordée aux autres délégués du SAM hormis Chérif KONE et Dramane DIARRA.

Au retour
de la suspension :
À la reprise, Amadou BA : « J’ai une communication à faire. Je vous prie Conciliateurs et partie gouvernementale de comprendre notre émotion. Mais c’est une question de loyauté. Nous savons que la loi, c’est la loi «Dura lex, sed lex». Et de dire : «le président est le président».
Entre temps, Badara Alou NANACASSE a déclaré : « Autrement, nous sommes prêts à la discussion. L’exigence de leur départ est levée. L’incident est clos. Chérif est et demeure incontestablement le Président du SAM. »
Et le président de la Commission d’ajouter : « L’incident est clos».

Les points d’accord et de désaccord
Après des débats acharnés où tous les délégués des Syndicats de magistrats ont défendu avec beaucoup de ferveur et de conviction, les attentes des Magistrats, les résultats suivants, en l’état, ont été obtenus :
Sur le point des Salaires : un accord partiel sur les 10 % accordés par le gouvernement et l’examen des prétentions de la partie syndicale au moment de la relecture du statut de la magistrature, d’ici le 30 avril 2017.
Concernant la question des Primes et indemnités : il est convenu de l’augmentation de 50 % sur les indemnités de judicature.
Sur la Prime de logement, l’augmentation de 110 % (60 000 FCFA) n’a pas fait l’objet d’accord pour le moment.
Quant à la prime de monture : au moment d’aborder ce point, est intervenue la suspension des travaux à la demande de la partie gouvernementale, sollicitée en haut lieu. La reprise était en cours, depuis 15 heures, au moment où nous mettons sous presse.
En tout cas, la question se rapportant aux tiraillements de leadership est vidée. Et tout présage que les choses sont parties cette fois-ci sur des bonnes bases.
D’ailleurs, de source proche des négociations, apprend-on, au moment où l’on mettait sous presse, que tout serait fin prêt pour lever le mot d’ordre de grève, aujourd’hui même.
« Il ne reste que la signature du PV de conciliation par toutes les parties pour annoncer publiquement la levée du mot d’ordre de grève », confie notre source.

Par Sékou CAMARA
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