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Hameau de Tougamaka : Un nouveau-né sous les arbres
Publié le lundi 20 fevrier 2017  |  L’Inter de Bamako
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Fondé il y a cinquante (50) ans, le hameau de culture de Tougamaka, peuplé de 103 âmes, a connu l’enfer, en janvier 2016. En effet, par une décision de justice, les populations dudit hameau ont perdu tout l’espoir en leur avenir. Cette décision ordonnait la démolition totale et entière de ce hameau. Alors que la justice ordonnait la destruction d’une maison située à 3 kilomètres de Tougamaka.

De janvier 2016 à nos jours, la population vit sous l’ombre des arbres qu’elle avait plantés. Il faut dire que la vie sous les arbres bon an mal an, contre vents et marées offre des jours de tristesse et de désolation causée par des intempéries de toutes sortes. Les affres d’une telle vie se passent de tout commentaire. On assiste à tout ce qui est mauvais et dramatique comme en témoigne la naissance d’un bébé en plein air sous les arbres, le 19 novembre 2016.



Tenez ! La population vit des jours sombres du fait de Diatourou Conté, un superman comme il aime se faire appeler. Celui-ci impose aux populations de Tougamaka ses propres lois, sa propre vérité sans autre forme de procès.

Aidé en cela par Me Mamadou Gakou, conseiller à la présidence de la République, le superman ne recule devant rien. Me Gakou qui cumule contre toute norme sa fonction de conseiller à la présidence et son rôle d’avocat du superman Diatourou, continue de défendre cet homme malgré l’avertissement du barreau de le radier du corps s’il persistait dans sa violation de la loi.

Profitant de la décision de démolition d’une maison d’habitation située à 3kilomètres de Tougamaka, Diatourou Conté et Yaya Conté ont tout simplement procédé à la démolition d’un village contre lequel il n’avait qu’un seul reproche : celui d’être habité par des démunis sans défense et sans bouche. Compte-tenu de leur position sociale, les populations de Tougamaka ont élu domicile sous les arbres, depuis janvier 2016, n’ayant pas la possibilité de reprendre les constructions sous peine de s’attirer la furie du superman et de son avocat. Dire que nul n’est au dessus de la loi cela devient un seul mot de passe pour tous ceux qui rendent dans ce village de démunis.

Au regard du calvaire des populations de Tougamaka, il est indispensable que les autorités s’assument enfin en leur remettant dans leur droit tant il est vrai que nul n’a réussi de la nature le droit de dicter ses intérêts aux autres.

On se rappelle que 56 maisons ont été démolies lors de cette opération, des greniers incendiés avec tout leur contenu, des animaux calcinés, des jeunes qui attendaient de défendre leurs parents ont été brutalisés par les forces de l’ordre qui supervisaient la démolition. Djegui Dianka, né, en 1932, n’ayant pas pu supporter la destruction de sa maison, est mort de crise cardiaque quelques heures après la dramatique démolition.

Comme pour dire ainsi que dans cette partie du Mali, la raison du plus fort reste toujours la meilleure, que la loi aille au diable !

Yoro SOW
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