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L’Essor N° 17382 du 28/2/2013

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Cedeao : Les grandes décisions de Yamoussoukro.
Publié le lundi 4 mars 2013  |  L’Essor


© AFP par DR
Crise au Mali : clôture du 42eme sommet des chefs d’Etats de la Cedeao à Yamoussoukro
Jeudi 28 février 2012, Yamoussoukro. Les Chefs d’Etat de la sous-région se sont réunis durant 48 heures dans la capitale ivoirienne pour plancher sur la crise au Mali.


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coopération avec « les amis » à la mobilisation des ressources humaines et financières pour la Misma en passant par les organes de la Transition, les dirigeants de la sous-région se sont prononcés sans détours au cours du 42ème Sommet ordinaire de la CEDEAO qui s’est achevé jeudi dans la capitale politique et économique de la Côte d’Ivoire

Le professeur Dioncounda Traoré a participé au 42 ème sommet de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement en compagnie d’une forte délégation composée essentiellement de techniciens et de diplomates. Le jeu en vaut la chandelle : notre pays attendait beaucoup de cette rencontre des dirigeants de la sous région, la Cédéao s’étant imposée comme acteur majeur de la gestion de la crise qui secoue notre pays.

La capitale politique et économique de la Côte d’Ivoire, Yamoussokro, avait fait peau neuve pour l’occasion. Les organisateurs ont mis les petits plats dans les grands pour que tout se passe bien dans le majestueux bâtiment de la Fondation Felix Houphouet Boigny. Les chefs d’Etat et de gouvernements étaient tous là, sauf le béninois Yayi Boni et cap-verdien Pedro Rodrigues Pires.

Sur l’estrade, de part et d’autre du président-hôte, Alassane Dramane Ouattara, l’on distingue Blaise Compaoré du Burkina Faso, Sheikh Prof. Alhaji Dr. Yahya A. J. J. Jammeh de la République de Gambie, John Dramani Mahama, du Ghana, Alpha Condé de la République de Guinée, Manuel Serifo Nhamajo de Guinée Bissau, Mme Ellen Johnson-Sirleaf du Liberia, Mahamadou Issoufou du Niger, Goodluck Ebele Jonathan du Nigeria, Macky Sall du Sénégal, Ernest Bai Koroma, de Sierra Léone et Faure Essozimna Gnassingbe du Togo.

Le sommet de Yamoussokro a connu la participation d’autres chefs d’Etat et de gouvernement, en qualité d’invités spéciaux. Il s’agit du Tchadien Idriss Deby Itno, du Mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz et du Burundais Pierre Nkurunziza. Le Maroc était représenté par son Premier ministre Abdel-ilah Benkiran.

Le président de la Commission de l’UEMOA, le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest, le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en Guinée Bissau, le commissaire à la paix et à la sécurité de l’UA, le secrétaire exécutif de la CPLP, le Haut représentant de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel, chef de la MISMA, les commandants de la MISMA et de l’ECOMIB et le président de la Banque africaine de développement ont également pris part à ce sommet en qualité d’observateurs.

A cette liste, il faut ajouter les représentants des pays et organisations suivants : l’Algérie, le Canada, l’Egypte, l’Espagne, la Guinée Equatoriale, la France, l’Italie, la Lybie, le Royaume Uni, les Etats Unis d’Amérique et l’Union européenne.

C’est dire que Yamoussokro a affiché complet. Comme on s’y attendait, le sommet a été dominé par la situation au Mali. Des attaques suicides dans le Septentrion, à la mobilisation des ressources humaines et financières pour la Misma en passant par les organes de transition, les dirigeants de la sous-région n’ont rien occulté.

D’abord, la situation au Nord. Dans ses résolutions, la Conférence a condamné « les attaques suicides et de guérilla en cours menées par les groupes terroristes et extrémistes » et exhorté « les forces alliées à prendre les mesures nécessaires, dans le cadre de la contre-offensive, afin de les neutraliser et d’engager des poursuites contre leurs complices ».

Dioncounda Traoré et ses pairs ont exprimé leur profonde gratitude au gouvernement français pour son action décisive. « La Conférence exprime également sa profonde gratitude au gouvernement et au peuple tchadiens pour le témoignage exemplaire de solidarité dont ils font preuve à l’égard du Mali et pour leur attachement aux idéaux de l’Union africaine » a dit le président de la Commission qui a rendu un hommage spécial aux vaillants héros de cette grande Nation, qui ont payé de leur vie en aidant le Mali dans la reconquête de son intégrité territoriale.

Après avoir adopté le Concept révisé des opérations (Conops) de la Misma, la Conférence a entériné les recommandations du Comité des chefs d’état-Major de la Cedeao portant sur les besoins urgents de la force d’intervention. A cet égard, les dirigeants ont instruit la Commission de la CEDEAO, en étroite collaboration avec la Commission de l’Union africaine, de veiller à ce que ces besoins immédiats soient satisfaits sans délai, notamment en ce qui concerne le déploiement des troupes et la fourniture de logistiques additionnelles.

Se félicitant de la coopération constructive de l’Algérie, de la Mauritanie et du Maroc pour la résolution de la crise au Mali, le sommet de Yamoussokro a exhorté les forces alliées à veiller au respect scrupuleux des droits humains et du droit international humanitaire dans le cadre de leurs opérations. La conférence s’est également félicitée des initiatives actuellement engagées par la Cedeao, l’UA et les autres partenaires, pour le déploiement rapide d’observateurs des droits de l’homme sur la zone de conflit et l’inculcation, à travers des sessions d’orientation, des valeurs relatives aux droits de l’homme au personnel de la Mission.



ASSISTANCE HUMANITAIRE ACCRUE. Au grand bénéfice des populations déplacées de notre pays, le sommet a réitéré son appel aux agences humanitaires internationales, afin qu’elles continuent à apporter assistance aux populations affectées. Il instruit, dans le même élan, la Commission de la CEDEAO, en collaboration avec les partenaires humanitaires, à assurer le suivi et la coordination des efforts de secours afin d’en garantir l’efficacité.

Les dirigeants de l’espace communautaire sont d’accord pour soutenir la requête formelle de notre pays portant sur la transformation de la Misma en une opération de maintien de la paix des Nations Unies avec un mandat approprié. Mais pour sa concrétisation, ils préconisent d’attendre le bon moment.

Pour que la période de transition se passe bien, les autorités qui en assument la charge ont besoin du soutien de la communauté internationale. A ce niveau, les présidents ont rassuré Dioncounda Traoré de leur soutien ferme et lui ont exprimé leur détermination à défendre la transition contre tout fauteur de troubles, civils ou militaires.

Tout en saluant l’adoption de la Feuille de route de transition par l’Assemblée nationale, la Cédéao a exhorté les autorités maliennes et toutes les parties prenantes à diligenter sa mise en œuvre. Toutefois, les dirigeants n’ont pas perdu de vue la question des élections que le président Traoré veut organiser au plus tard le 31 juillet.

La décision la plus remarquée aura été la prorogation du mandat des organes de transition jusqu’à la fin de la transition et ce, conformément à l’avis de la Cour constitutionnelle. A cette fin, ils exhortent les autorités maliennes compétentes à engager le processus constitutionnel nécessaire.

A Yamoussokro, tous étaient d’accord pour mener une guerre sans merci aux terroristes et aux bandits de grands chemins. Cependant, ils exhortent les autorités de la Transition à créer les conditions nécessaires pour la tenue d’un forum de dialogue sur les questions de gouvernance entre les populations des régions du Nord en impliquant notamment, les représentants des différentes communautés, les élus et les organisations de la société civile.

Dans ce contexte, ils exhortent également les autorités de la Transition à accélérer le processus de la mise en place de la Commission nationale de réconciliation et de dialogue en vue de promouvoir et ce, à travers la plus grande représentativité possible, la réconciliation nationale et la restauration d’une paix durable.

Comme un principe fondamental à n’écorcher sous aucun prétexte, la Conférence a rappelé son attachement à l’unité et à l’intégrité territoriale du Mali qui exige en particulier le déploiement de l’armée nationale sur l’ensemble du pays. A cet égard, elle a demandé le désarmement de tous les groupes armés, notamment le MNLA. Elle précise davantage que la renonciation du MNLA à la violence et de son projet sécessionniste est une condition minimale à remplir avant son acceptation dans tout processus de dialogue.

Avec autant des décisions prises, et cela avec la fermeté requise et de réaffirmation de principes fondamentaux de la démocratie, le sommet de Yamoussokro aura ténu toutes ses promesses.



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