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Passe d’armes entre Me Konaté et l’Imam Dicko
Publié le mercredi 1 mars 2017  |  mali24.info
Conférence
© aBamako.com par Momo
Conférence de presse de L`avocat Me Mamadou Konate sur l’Affaire Birama Touré
Bamako, le 04 mars 2016 L`avocat du dossier Me Mamadou Konate et le président du comité de soutien Kassim Traoré étaient devant la presse
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Les déclarations peu ‘’amères’’ de l’Imam Mahamoud Dicko, président du Haut Conseil Islamique (HCI), à l’encontre du ministre de la justice, Me Mamadou Ismael Konaté, lors du meeting du 26 février 2017, continuent d’animer les débats. Le ministre Konaté qui n’a pas gobé ces propos, a vite réagi à travers un communiqué dont nous vous livrons le contenu. Un duel à distance en perspective.

Lors de sa prise de parole à l’occasion d’un meeting à Bamako, le 26 février 2017, le Président du Haut Conseil Islamique (HCI) nous aurait prêté des propos relayés par « Afrikinfos », indiquant qu’une loi contre «l’excision» serait prise par nos soins, au plus tard le « 31décembre 2017», dans notre pays. Il aurait poursuivi en affirmant que ce n’est qu’en face de la virulence de sa réaction que nous nous serions précipité à apporter un «démenti» de notre «propre déclaration » auprès du Groupement des leaders religieux. Il aurait soutenu que nous cherchons à diviser les structures et corporations religieuses.

Si ces affirmations émanent vraiment de lui, c’est que la teneur de notre déclaration sur les conséquences dramatiques des violences conjugales en République du Mali aura, de bonne foi sans doute, échappé à la vigilance habituelle de Monsieur le Président du Haut Conseil Islamique que nous rencontrons souvent pour échanger sur ces sujets et bien d’autres, sans discorde ni dissension, et dans le strict respect de nos fonctions réciproques.

Nous l’avons déjà entretenu du sujet des violences conjugales. À ces occasions, nous n’avons essuyé aucune réprobation de sa part. Bien au contraire, nous avons compris que les prescriptions religieuses étaient en faveur de la «protection » de l’épouse. Les statistiques insupportables sur les violences conjugales indiquent qu’au moins une dizaine d’épouses ont été tuées ces deux dernières années au sein de leur foyer. Les époux des défuntes sont fortement soupçonnés des meurtres commis. Face à ce drame, aucun être ne saurait rester insensible.

Au sein du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, nous avons instruit à tous les Juges de Paix à Compétence Etendue, à tous les Procureurs de la République et Procureurs Généraux d’être particulièrement attentifs aux violences conjugales, notamment lorsque des blessures graves et des morts d’hommes surviennent. Qui plus est, le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme a déjà saisi certains départements ministériels d’une Note Technique faisant l’état du sujet et recommandant le renforcement de la sanction légale. C’est dans ce cadre qu’un projet visant à modifier les dispositions du Code pénal est à l’étude pour réprimer davantage les violences conjugales.

Il n’est nullement question d’excision, contrairement aux affirmations prêtées à Monsieur le Président du Haut Conseil Islamique par certains médias. Il est plutôt question de violences conjugales. Lorsque nous avons été alerté par diverses associations religieuses sur la rumeur persistante de l’adoption d’une «loi contre l’excision», nous nous sommes rendu au siège du Haut Conseil Islamique et chez son Président pour donner la bonne information.

Si le Président nous avait invités à nouveau à échanger, cela aurait évité certains malentendus et les propos peu amènes tenus à notre encontre au cours d’un meeting. Nous n’entendons entamer ni poursuivre aucune polémique de nature à affaiblir les nombreuses bonnes initiatives prises par les uns et les autres, y compris par le Haut Conseil Islamique et son Président, visant à consolider la paix, la concorde et l’unité nationale, seuls gages de la stabilité du Mali.

Bamako, le 27 février 2017
Me. Mamadou Ismaël Konaté
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