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Mahmoud Dicko lors du meeting du dimanche: « tant que IBK sera juste, il aura toujours le soutien de la communauté musulmane »
Publié le mercredi 1 mars 2017  |  Info Matin
Cérémonie
© aBamako.com par Androuicha
Cérémonie de signature de l`accord de paix d`Alger
Bamako, le 15 mai 2015 au CICB. Le Gouvernement malien et les groupes rebelles du nord ont procédé en présence de nombreux chefs d`Etats africains et de la médiation internationale à la signature du document de paix issu du processus d`Alger. (Photo Mahmoud DICKO, imam et président du Haut Conseil Islamique du Mali)
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Un conflit intercommunautaire objet de récupération de la part puissances étrangères à des fins de dislocation du pays ; un ministre accusé de diviser la communauté musulmane au sujet d’une loi annoncée sur l’interdiction de la pratique de l’excision ; un Président IBK sommé de reprendre le contrôle du pays, tels étaient les principaux sujets abordés par l’Imam Mahmoud DICKO lors d’un meeting d’information et de sensibilisation, le dimanche dernier, au Palais de la Culture Amadou Hampaté Bâ.



Mahmoud Dicko chef haut conseil islamique stade 26 mars Bamako Mali
Comme c’est généralement le cas, quand il s’agit de sujets d’intérêt national, l’Imam DICKO n’a pas versé dans la langue de bois.

Des ressources propres
Selon le confrère ‘’Le Sursaut’’, il rappelle : « sur la base de nos valeurs culturelle et religieuse nous avons toujours su gérer nos différends ». En parlant ainsi, le Président du Haut Conseil Islamique du Mali (HCIM) soutient que nous disposons dans ce pays de ressources propres pour faire face aux différends qui pourraient surgir, autant entre individus qu’entre communautés. Le ‘’sinankounya’’ (cousinage à plaisanterie) étant un des mécanismes de prévention et de gestion des conflits qui a prouvé toutes ses vertus. Dès lors, aucune intervention extérieure ne saurait se justifier. Cela, au moment où certains ont fait de leurs choux gras le conflit intercommunautaire qui a éclaté à Macina mettant aux prises éleveurs et agriculteurs. Il y a eu comme une volonté d’exacerbation d’une situation qui est loin d’être une première dans l’histoire du Mali, quand bien même elle n’est pas des plus souhaitables pour des communautés condamnées à se côtoyer.

L’obstination des puissances
Selon le Président du HCIM : « ils ont voulu nous imposer un code de la famille dont le contenu est contraire à nos valeurs, nous l’avons refusé. Et depuis, ils ne nous lâchent plus d’une semelle. Hier c’était la rébellion, ensuite le terrorisme au nord du pays. Le plan A et B ayant échoué, ils ont trouvé un plan C qui consiste à mettre nos communautés les unes contre les autres ».
Il est aisé de constater l’opiniâtreté de ces puissances que met au pilori Mahmoud DICKO. Toutes les occasions sont bonnes, à l’évidence, pour elles, de revenir à la charge. Il est vrai que le Code de la personne et de la famille a été mis en échec à la suite d’une impressionnante mobilisation aux allures de démonstration de force. Mais le pays a été moins heureux avec la rébellion et le terrorisme qui continuent à faire des ravages. Cela pendant, qu’un Accord a été signé avec les Mouvements armés qui acceptent de rentrer dans les rangs de la République. Mais ne s’avouant pas vaincus, les pyromanes-pompiers se rabattent sur les communautés dont certaines sont teintées à dessein de djihadisme devenant sujettes à stigmatisation. Il y a un amalgame qui est volontairement créé dont le corollaire est de mettre les communautés les unes contre les autres.

La coexistence pacifique
Ce qui est contraire à la coexistence pacifique qui a toujours prévalu chez nous comme le relève fort opportunément l’Imam DICKO : « jamais au grand jamais, les Bambaras, les Dogons, les Sénoufos, les Peuls ou n’importe quelle autre communauté ne s’en prendront à une autre communauté, à cause de son appartenance ethnique ou religieuse. Nos ancêtres ont vécu en parfaite symbiose durant plusieurs siècles ce n’est pas maintenant que nous allons nous entretuer les uns les autres ». Le Mali n’a pas une réputation de bestialité même si certains, sournoisement, tentent de l’entraîner dans une telle aventure. Il n’y a pas d’animosité légendaire entre les communautés qui ont chacune leur mode de vie. Elles se tolèrent et s’acceptent telles qu’elles sont. D’hier à aujourd’hui, aucune communauté ne cherche à en imposer à l’autre. Le Malien est pacifique par essence. Ce qui rend le vivre ensemble agréable. Pourquoi cela devrait-il changer ? Il n’y a aucune raison de troquer l’or contre le cuivre. La coexistence pacifique est consubstantielle de la Nation malienne. Aucun élément catalyseur ne devrait pouvoir en venir à bout, pourvu que les Maliens sachent ce qu’ils sont, d’où ils viennent, et non ce que les fauteurs de trouble souhaitent qu’ils soient.

Les mises en garde
C’est fort d’une telle conviction que le Président du Haut conseil islamique du Mali met en garde : « ils veulent faire chez nous ce qu’ils ont fait au Rwanda, en Côte d’Ivoire et dans d’autres pays. Car si le conflit perdure, ils resteront aussi longtemps qu’ils le voudront, mais ils ne réussiront jamais ». Concomitamment à la fin de la rébellion de nouvelles situations de crise sont créées pour justifier la présence sur nos terres d’intrigants venus se servir et non servir. Ainsi, la lutte contre le terrorisme est l’un des meilleurs prétextes. Apparemment, cela ne suffit plus. Désormais, il faut mettre les communautés dos à dos ; mettre le pays à feu et à sang. Ainsi, les forces du mal auront toutes la légitimité requise pour s’éterniser chez nous pour s’éterniser chez nous. Cela, au nom du droit d’ingérence (le droit d’ingérence est la reconnaissance du droit des États de violer la souveraineté nationale d’un autre État, en cas de violation massive des droits de la personne) comme cela a été le cas avec l’opération turquoise menée par la France au Rwanda en 1994. Un homme averti en vaut deux. Ce qui s’est passé dans certains pays, ce n’est pas ce que nous souhaitons chez nous. Dès lors, il revient de faire en sorte que leur vigilance ne soit jamais prise à défaut sous peine que pays soit précipité dans le gouffre creusé par des puissances maléfiques qui y ont tout à gagner.

La responsabilité historique
En tout cas, l’Imam DICKO est pleinement conscient de sa responsabilité. Dans ‘’L’Indicateur du Renouveau’’, il fait savoir : « ce serait une faute historique d’accepter de laisser nos ethnies, nos races, nos religions s’entretuer entre elles-mêmes ». Il est de la responsabilité de tous d’éviter ce piège béant tendu par les ennemis du pays. Et pour cause, un conflit intercommunautaire est souvent le terreau fertile d’une guerre civile avec son cortège de morts, de mutilés, de veuves, d’orphelins, de famine… Le Mali a besoin de tout sauf de cela. Ce que recherchent les Maliens, c’est la paix, la sécurité, le développement. L’Accord signé avec les mouvements armés en pose les jalons. La Conférence d’entente nationale prévue par ledit Accord mettra un accent particulier sur ce triptyque, à travers une Charte pour la Paix, l’Unité et la Réconciliation nationale qui sera élaborée sur une base consensuelle. Les conflits intercommunautaires n’ont pas leur place dans une telle dynamique qui devrait contribuer à tourner la douloureuse page de la crise qu’a connu le pays à partir de 2012 : occupation des 2/3 du territoire national ; flagellations en public ; privations de libertés ; déplacements forcés des populations. Tous les efforts devraient être tendus vers des lendemains meilleurs où les populations vivent dans la paix et la concorde. Les auteurs de tout acte ne s’inscrivant pas dans cette dynamique auront à répondre devant le tribunal de l’histoire.

Le démon de la division
Très en verve, Mahmoud DICKO épingle, tacle le ministre de la Justice et des Droits de l’homme, Garde des Sceaux, Mamadou Ismaël KONATE, accusé de vouloir diviser la communauté musulmane tout en exprimant son rejet formel d’une loi interdisant la pratique de l’excision dans notre pays. Dans ‘’L’Indicateur du Renouveau’’ il déclare : « le Mali est un pays laïc. Nous devons promouvoir cette laïcité en respectant toutes les couches socio-professionnelles et religieuses. Nous estimons que cette loi n’est pas la bienvenue chez nous. Non à une loi qui divise ». Voici l’éternel débat qui revient au-devant de la scène : l’excision. Les centaines de millions de francs CFA engloutis dans les campagnes de sensibilisation ; la reconversion des exciseuses traditionnelles, n’auront finalement pas suffi. Il faut carrément une loi interdisant la pratique de l’excision. L’annonce a été faite par le ministre KONATE lors de la journée mondiale de lutte contre les utilisations génitales féminines. S’il est avéré qu’il a un faible pour les mouvements féministes, il ressort aussi de cette attaque en règle de Mahmoud DICKO que son annonce spectaculaire est aussi populiste qu’impopulaire. Quelle mouche donc a pu piquer le ministre avocat de la cause féministe ? Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’attaque là à un gros morceau que même les plus téméraires de ses prédécesseurs ont préféré contourner. El clair, Me KONATE est sur le point de s’engager sur une voie sans issue, parce qu’il trouvera en travers de son chemin la grosse artillerie de la communauté musulmane qui ne sourit plus quand il s’agit d’interdire la pratique de l’excision. À moins qu’il ne s’agisse d’un effet d’annonce, la cause de cette loi en vue est déjà entendue. Parce que si un président de la République a dû faire machine arrière au sujet du Code de la personne et de la famille, ce n’est pas un ministre qui tiendra tête à Mahmoud DICKO et ses coreligionnaires qui sont intransigeants sur cette question qui n’est pas d’une urgence absolue.

L’effet d’annonce
Malijet, rapportant les propos de l’Imam DICKO, écrit : « ce même ministre a ensuite couru chez le Groupement des leaders religieux pour se dédouaner et tenter de mettre un courant musulman en cause. Son objectif, c’était de diviser les musulmans sans savoir que nous sommes unis. C’est malhonnête ». La bonne vieille recette : diviser pour régner. Manifestement la mayonnaise ne prend pas, puisque le leader religieux a vu le jeu que menait le ministre de la Justice et des droits de l’homme. En se précipitant chez Chérif Ousmane Madani HAIDARA, pour obtenir son assentiment au sujet d’une future loi interdisant la pratique de l’excision, il s’agissait logiquement d’isoler Mahmoud DICKO dont la position tranchée est connue de tous sur ce sujet. La conséquence serait alors de créer deux tendances aux positions inconciliables. Ainsi, divisée, la communauté musulmane ne pourrait qu’assister impuissante à l’adoption de la loi pour le plus grand bonheur de tous ceux qui ont fait fortune dans ce combat qui heurte certaines sensibilités religieuses.

IBK interpellé
Malijet rapporte les interpellations du Président du HCIM à l’endroit du Président IBK : « que le président de la République se ressaisisse. Il y a trop de bourdonnements, trop de laisser-aller dans le pays. Mais vaux mieux tard que jamais. (…) Ce n’est pas pour rien que les Maliens l’ont surnommé Kankélétigui ». Selon Ambroise Rendu ; Traité de morale (1834) : ‘’entre les amis vertueux, il doit y avoir communauté de sentiments et de volontés : et pourtant, les amis doivent aussi s’adresser des avis réciproques ; donnés avec bienveillance, les avertissements doivent être reçus avec plaisir. Il faudrait désespérer de l’homme dont les oreilles seraient fermées à la vérité, au point de ne pouvoir entendre la vérité de la bouche d’un ami’’.
L’imam DICKO est dans son beau rôle pour interpeller le Président IBK au nom de l’intérêt supérieur du pays. Il est indéniable que des choses ne marchent pas comme elles devraient l’être, occasionnant des récriminations, des mouvements d’humeur. Des usagers des services publics sont souvent lésés. Il est normal que le chef de l’État le sache et apporte les corrections nécessaires pour continuer à mériter son sobriquet ‘’kankelentigi’’. En cela, l’Imam DICKO, qui côtoie au quotidien les nombreux dysfonctionnements, représente une voix autorisée que le Président IBK ne saurait ignorer.
« (…) Nous lui avons dit de tenir bon, et il y a de l’espoir de croire encore en lui, mais à condition que la situation change. Tout en attirant l’attention du Président IBK sur des dysfonctionnements, l’Imam DICKO garde encore une confiance non entamée en lui. Ce qui est réconfortant pour le président d’un pays où presque tout est prioritaire. Pour autant, il y a une condition qui est posée, à savoir que les choses évoluent positivement. Ce à quoi devrait s’atteler le chef de l’État qui incarnait tous les espoirs de ses compatriotes en 2013, lesquels l’ont plébiscité avec plus de 77 % des suffrages exprimés.
« Tant qu’il sera juste, il aura toujours le soutien de la communauté musulmane ». L’ancienne Garde des Sceaux de la France, Christiane Taubira déclarait : « s’il y a une mission régalienne sur laquelle on ne peut pas se permettre une indigence de pensée et de conception, c’est bien la justice. La justice est l’épine dorsale de la démocratie. C’est une mission régalienne qui doit rassurer, apaiser l’ensemble de la société ». Le Président IBK sait à quoi s’en tenir pour continuer à bénéficier du soutien de la communauté musulmane. Dans son discours, lors de la cérémonie de prestation de serment, il s’engageait : « la confiance, la grande, la très grande confiance placée en moi ne sera jamais galvaudée. Je veillerai désormais à sauvegarder notre peuple, en ses personnes et ses biens ». Il s’agit donc là d’un défi toujours renouvelé que Mahmoud DICKO se fait le devoir de rappeler au chef de l’État.

Rassemblés par Bertin DAKOUO

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