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Front social au Mali : L’aveu d’impuissance du gouvernement Modibo Keita
Publié le jeudi 16 mars 2017  |  Carrefour
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© aBamako.com par A.S
Ministre du travail de la fonction publique de la reforme de l’état chargé des relations avec les institutions : Mme Diarra Raky Tala
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Le président de la République Ibrahim Boubacar Keita, a été élu en 2013 avec 77,66% des suffrages exprimés. Une fois au pouvoir, le locateur de Koulouba est devenu depuis un homme politique méconnaissable. Ses hésitations, son mauvais choix des Hommes, ses mesures impopulaires, son pilotage à vue, et sa gouvernance ont mis à mal l’espoir de tout un peuple.

En quatre ans de gestion des affaires du pays, le patron de la colline du pouvoir a dilapidé le capital de confiance et de sympathie que ses compatriotes avaient placé en lui. Il s’est montré en deçà des attentes et la satisfaction de nombreux besoins urgents des maliens sont loin d’être à porté de main. Les Maliens ont regretté ce choix du moins pour le moment. Dans le chapitre crucial de notre combat collectif qu’est la lutte contre la corruption, il doit comprendre que le temps des grands discours est révolu. Le peuple a plutôt besoin d’actions vigoureuses et l’exemplarité qui sont plus que jamais impératifs maintenant pour notre pays.

Le front social est en ébullition depuis plusieurs mois un véritable aveu d’impuissance pour le pouvoir qui ne parvient pas arracher un pacte social. Une série de grève dans l’administration en est la parfaite illustration. La grève illimitée des syndicats des magistrats n’a fait qu’augmenter sur le mécontentement. Le comité syndical de l’enseignement supérieur SYNESUP observe, depuis le 26 janvier une grève illimitée pour protester contre l’assassinat d’un étudiant. Le SYNSUP a encore observé une grève de 48 heures du 8 au 9 mars dernier. Les enseignants du Nord du Mali, notamment ceux des cercles de Gao, Ansongo sont en grève depuis le 6 février. Ils dénoncent le retard dans l’application des décisions et arrêtés d’avancement et d’intégration dans la fonction publique. Ils réclament aussi, la titularisation de certains de leurs collègues et une prime spéciale de zone.

Comme pour mettre plus de sable dans le couscous du pouvoir les travailleurs du ministère des affaires étrangères ont eux aussi déclenchés un mouvement de grève. Ils ont observé une grève de 72 heures du 22 au 24 février. Ils ont réclamé de meilleures conditions de travail. Ils estiment que leur corps est très mal géré et qu’ils sont moins considérés par leur hiérarchie. Ils avancent comme argument les nominations de conseillers dans les ambassades et consulats à l’étranger qu’ils qualifient d’arbitraires. Les travailleurs de la santé, de l’action sociale et de la promotion des femmes ont aussi donné de la voix. Ils sont en grève illimitée depuis la semaine passée. Après une première grève des médecins du Mali (Syméma) suite à l’incarcération d’un des leurs au mois de Décembre.

Les travailleurs des collectivités territoriales et la Direction Nationale du commerce et de la concurrence (DNCC) ont aussi bandé aussi les muscles. Pour le premier, Ils exigent l’application intégrale des 15 points d’accord du procès-verbal de conciliation du 12 mai 2015 et l’intégration à la fonction publique des collectivités territoriales des contractuels de 2011 à 2015. En cas de non satisfaction, le secrétaire général du SYNTRACT, Seydou Oumar Diallo, envisage une nouvelle grève qui débutera le 22 mars prochain. Quant à la DNCC, les travailleurs iront en grève dans deux jours.

Il faut ajouter à tout cela la grogne sociale qui gagne toutes les couches de la société malienne, surtout les paysans qui sont dépossédés de leurs terres au profit des nantis de la République. Les propriétaires des kiosques démolis sont encore sur pied de guerre, on peut aisément constater que la gouvernance d’IBK a mis de l’eau partout. Face à ces dérives, le peuple demande et exige une justice juste et équitable quant au partage des ressources de l’Etat entre l’ensemble des maliens.

Mais le hic est que, le président IBK reste sourd face à la détresse de son peuple.

Nonobstant la crise le budget de fonctionnement des institutions ont presque doublé. Le train de vie de leurs chefs a considérablement augmenté : le PM, le président des institutions, les ministres et autres. Au même moment la corruption a atteint un seuil jamais inégalé au Mali, du fait que des centaines de millions qui prennent des destinations inconnues. Il n’y a-t-il pas une mauvaise foi de la part du régime pour ne pas vouloir accorder une importance aux doléances des syndicats ? Le peuple doit comprendre que l’année 2018, c’est maintenant.

Seydou Diarra
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