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Les vrais faux programmes de nos partis politiques
Publié le jeudi 23 mars 2017  |  Nouveau Réveil
Rentrée
© aBamako.com par Momo
Rentrée politique du PARENA
Bamako, le 20 février 2016 le PARENA a tenu sa rentrée politique 2016 au Palais de la culture
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Quand il y a la découverte de l’or dans une bourgade reculée du pays, l’autorité présente devant les caméras de IBK TV , pardon, de l’ORTM, pour immortaliser l’événement, incarnée soit par le maire ou par le préfet, met cette «prestation» sur le compte du programme d’IBK.

C’est devenu auprès des instances un réflexe naturel, un rappel machinal, un référent qu’il ne faut surtout pas rater. Même scénario lorsqu’ un tronçon de route est inauguré, une entreprise mise en service, une école ouverte, un centre de santé livré au public avec son matériel hypersophistiqué qui impressionne.



L’image d’IBK est partout, elle plane comme une bénédiction sur le développement multiforme du Mali, alors que ce sont les moyens de l’État qui sont l’assise principale de celui-ci. Toute œuvre ou réalisation destinée à améliorer les conditions de vie du citoyen est donc forcée à s’inscrire dans la pertinence des réformes engagées par le Président, que chaque responsable, quel que soit son statut, doit veiller à rappeler, pour montrer l’efficience de sa politique économique et sociale.

Quand l’électricité arrive enfin dans une bourgade reculée du pays, l’autorité présente devant les caméras de l’ORTM pour immortaliser l’événement, incarnée soit par le maire ou par le préfet, met cette «prestation» sur le compte du programme d’IBK. C’est devenu auprès des instances un réflexe naturel, un rappel machinal, un référent qu’il ne faut surtout pas rater. Même scénario lorsqu’ un tronçon de route est inauguré, une entreprise mise en service, une école ouverte, un centre de santé livré au public avec son matériel hypersophistiqué qui impressionne.

Ne parlons pas des grands chantiers, comme celui de la route Zantiébougou-Kolondiéba-frontière Côte d’Ivoire, ou du pont de Koulikoro lancés pour le court et moyen termes, qui deviennent des performances exceptionnelles en temps de crise et qui sont pour les représentants officiels autant de preuves palpables pour encenser le programme du Président.

Le clou de cette vaste opération de séduction ( et de persuasion) qui doit être convertie en plate-forme de popularité, et donc de soutien inconditionnel à celui qui fait montre de tant de mansuétude envers son peuple, reste l’attribution des logements sociaux, qui constituent toujours un grand moment d’émotion exploité en une imparable entreprise de communication pour renforcer le prestige du locataire de Koulouba.

Le décor est immuable : des logements neufs, des bénéficiaires asphyxiés par le bonheur d’avoir un toit après des années et des années de misère, des portraits géants d’IBK barrant les façades les plus visibles des bâtiments, des youyous généreux à la remise des clés sous les lumières des caméras, accompagnés bien sûr par les chaleureux remerciements au Président sans qui ce rêve ne se serait jamais réalisé. Voilà comment pour singulariser l’action politique du Président, on n’hésite pas à la confondre, sciemment, avec les réalisations économiques étatiques menées dans l’intérêt du pays, qui doivent être en principe l’attribution objective de celui qui est investi de la magistrature suprême.

En bloc, développer le pays et œuvrer à l’émancipation des citoyens reste une mission qui ne doit en aucun cas être servie pour des considérations politiciennes et électoralistes, à partir du moment où ce sont les expédients de l’État qui sont mis à contribution, et par conséquent du contribuable lui-même. Le raccourci entre les actes de développement qui relèvent de l’autorité publique et leurs retombées économiques et sociales attribuées à l’efficience du programme présidentiel prend ici les traits d’une manipulation politique assez malveillante au service exclusif du régime en place, malveillance que même les partis inféodés au Pouvoir, comme l’Adema, le CNID… instrumentalisent pour leurs visées électoralistes.

Que penser vraiment lorsque les leaders de ces partis n’éprouvent aucun scrupule à défendre le programme du Président comme simple paravent pour mieux s’incruster dans le paysage politique et conforter autant que faire se peut les positions acquises. Nous avons là un exemple de nullité (ou de parasitage) politique peut-être unique au monde : des partis qui se disent majoritaires, mais qui n’ont pas de projet propre à présenter à la société, sinon les reliques d’une allégeance qui leur permet d’évoluer dans le flou.

Jean Pierre James

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