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Financement des activités sportives : louer le sacrifice méconnu des mécènes
Publié le mardi 4 avril 2017  |  Le Reporter
Championnat
© aBamako.com par A S
Championnat de Taekwondo du District de Bamako
Bamako, 19 Octobre 2014, Championnat de Taekwondo du District au Stade Modibo Keita
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Généralement, nous refusons d’entrer dans le débat sur la compétence des dirigeants des fédérations sportives nationales dans notre pays. Et cela pour la simple raison que cette compétence est liée à plusieurs facteurs pas forcément maîtrisables, notamment le financement des activités sportives.

Dans un environnement où le sponsoring est loin d’être une réalité à cause de la faiblesse du tissu économique, les fédérations s’en remettent généralement à l’Etat. L’Etat providence qui est le plus souvent aussi le bouc émissaire en cas de contreperformance d’une discipline, notamment du football qui est "l’opium" du public sportif.

Par la force des choses, surtout par sa popularité, nous avons beaucoup plus de "ministères du Football" que de Sports. D’une manière générale, c’est le financement du sport qui pose problème au Mali où les moyens mis à la disposition sont insignifiants (souvent moins de 1% du budget national). Quelle que soit la compétence ou l’ambition d’un ministre des Sports, il se heurtera toujours à l’inévitable équation des moyens. En dehors des subventions accordées aux fédérations (essentiellement englouties par le football et relativement le basket-ball), le reste du budget suffit à peine à faire fonctionner correctement le département.

Il faut toujours recourir à l’Hôtel des finances (ministère de l’Economie et des Finances) pour trouver les fonds nécessaires à nos participations à diverses compétitions en Afrique et dans le monde. Et même si on a en face un collègue compréhensif, le zèle de certains agents fait que les budgets laborieusement élaborés et présentés sont systématiquement réduits de façon drastique sous prétexte de moraliser. Une moralisation qui ne tient pas généralement compte des contraintes liées aux déplacements des sportifs de haut niveau et aux réalités des compétitions sportives.

C’est pourquoi le contrat de sponsoring négocié par le Comité national olympique et sportif du Mali (Cnosm), avec Sotelma/Malitel, a été accueilli par les bénéficiaires comme une bouffée d’oxygène. Et cela d’autant plus que dans un tel contexte, il faut que les dirigeants fédéraux fassent preuve de dynamisme, de générosité et surtout de don de soi pour booster leur discipline. Et le judo est une référence dans ce domaine. En prenant la tête de la FMJ, Habib Sissoko avait réussi à mobiliser d’anciens pratiquants et des opérateurs économiques au sein d’un "Club des amis du judo". Ces mécènes ont conjugué leurs efforts aux énormes sacrifices consentis par les dirigeants pour faire de la discipline la locomotive du sport malien dans les années 1990. Malheureusement, ce club a fondu comme beurre au soleil quand Habib Sissoko a passé la main à une nouvelle équipe après son élection à la présidence du Cnosm en mars 2000.

Ses successeurs n’ont pas réussi à capitaliser le crédit de confiance des mécènes. Ce qui a entraîné le déraillement de la locomotive. N’empêche que pendant ses deux mandats, Amadou Traoré n’a pas lésiné sur ses propres moyens pour lui redonner sa vitesse de croisière. En dehors du sponsoring de Sotelma/Malitel et de la modeste subvention du ministère des Sports, il est le principal bailleur de fonds du judo malien, même si Habib Sissoko (président du Cnosm et maintenant de l’Union africaine du judo) l’épaule dans sa noble tâche. Ainsi, c’est le président Traoré qui a pris en charge la participation de nos judokas à la 19e édition du Tournoi International de la ville de Saint-Louis (Sénégal, 3 au 4 mars 2017). Et c’est entre autres illustrations de son dévouement à cette discipline.

C’est pourquoi nous trouvons ridicule que le fameux "Collectif des judokas maliens" (des revanchards) sollicite le département des Sports pour exiger de la Fédération un rapport détaillé des états financiers de ces dernières années. Ce qui nous réconforte dans notre conviction que même si on leur laisse la gestion du judo malien, aujourd’hui, ils ne pourront le mener nulle part. Peut-être qu’ils ont la volonté, mais certainement pas les moyens financiers ni les relations. "Quand on voit l’os dans la gueule d’un chien, on a tendance à croire qu’il est mou", dit l’adage bamanan. C’est pourquoi tous ces activistes de l’ombre échouent lamentablement une fois que nous leur faisons confiance. Nous voyons aujourd’hui là où a conduit notre football le "Mouvement tout sauf Kola" (Hamadoun Kolado Cissé, paix à son âme) d’octobre 2013 à Sévaré (Mopti). Ces agitateurs sont à l’image des opposants africains : d’excellents théoriciens et nuls dans la pratique !

Si nos magiciens de l’ombre, pardon les managers de "haut niveau" (un autre complexe hérité de la France), veulent le "redressement" du judo malien et relever son niveau, ils n’ont qu’à faire leur preuve à la base en soutenant par exemple les salles où ils ont été formés ou en créant des salles de référence ! C’est à ce niveau que les niveaux ont baissé. Et c’est face à ce défi que leur contribution est la plus attendue !

Moussa BOLLY
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