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Régions nord du Mali : L’Azawad, c’est vrai!
Publié le mardi 4 avril 2017  |  Le 26 Mars
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© aBamako.com par Momo
cloture de la Conférence d’entente nationale
Bamako, le 02 avril le président IBK préside la cérémonie de cloture Conférence d’entente nationale au palais de la culture
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Ni un village, ni une ville, ni une région, encore moins un “pays”. L’Azawad, n’est rien d’autre qu’un très ancien lieu de pâturage, qui depuis maintenant plusieurs années est définitivement englouti par l’implacable sable du désert.
A peine l’indépendance nationale acquise en 1960, certaines composantes des populations du nord du Mali avaient pris les armes pour réclamer un territoire : l’Azawad.
Une rébellion vite réprimée et qui a attendu les années 1990 pour se manifester de nouveau.
Depuis, des morts et des blessés ont été enregistrés par millier pour une histoire méconnue de beaucoup. Souvent des mêmes acteurs de cette guerre fratricide.
Pour mieux apprécier le phénomène, un géographe chercheur au Centre Ahmed Baba de Tombouctou et un éminent historien de la ville des 333 Saints, nous a édifie sur ce que c’est que l’Azawad et comment certains de nos frères en sont venus aux armes pour une portion de terre où toute vie humaine est de nos jours impossible.
En effet, selon le géographe chercheur au Centre Ahmed Baba, l’Azawad ou “terre de pâturage”, existe bel et bien, mais seulement du point de vue géographique.
C’est une sorte de région naturelle, une bande désertique située au nord de Tombouctou entre Araouane et Taoudenit.
L’Azawad donc n’est qu’une composante du relief dans le nord du pays tout comme les falaises de Bandiagara ou les monts mandingues ou encore les collines de Koulikoro sur d’autres parties du territoire malien.
Aussi, parallèlement à l’azawad qui se limite à Araouane, commence une autre vallée sèche dénommée Azawak qui s’étend de Ménaka à Ansongo.
L’Azawad donc, selon le chercheur n’est qu’un élément du sahel où jadis, deux types d’activités étaient pratiquées : l’élevage autour des oasis et une agriculture insignifiante des nomades.
Quant à une population dite de l’Azawad, soutient le chercheur, elle n’existait et n’existe toujours pas dans la mesure où, 80% de ceux qui occupaient l’Azawad étaient des nomades, donc en constant mouvement.
Toutefois, explique pour sa part cet autre historien, l’Azawad n’a jamais constitué historiquement un terroir, car ne constituant depuis toujours qu’une de zone de transit pour les caravanes commercialisant le sel gemme entre l’Algérie et Tombouctou.
D’ailleurs, ajoute-t-il, du point de vue concentration humaine, l’Azawad n’avait jamais été habité et ne l’est pas encore en dehors de ses limites Taoudenit et Araouane.
Quelle lutte, pour quelle libération ?
Pourquoi donc, pour une zone désertique, inhabitable, des frères touaregs ont-ils pris les armes ?
L’histoire remonte selon l’historien, en l’an 1957, trois ans avant l’accession de notre pays à la souveraineté nationale, quand, désespéré, le colonisateur français tentait de créer l’organisation commune des Etats sahariens. C’est alors qu’un Cadi d’Arouane Mohamed Maouloud avait été coopté par le colon qui faisait ses bagages et qui avait alerté : “Bientôt le Soudan ira à l’indépendance. Si les touaregs ne luttaient pas, ils seront sous la domination noire. Il faut créer un Etat saharien entre l’Algérie et la Mauritanie“. C’est-à-dire un Etat dans l’Etat malien.
Le colonisateur français venait de semer les prémices d’une division dans notre pays. Et ce sera, grâce aux efforts conjugués de plusieurs patriotes maliens notamment de Mahamane Alassane de Tombouctou que l’idée sécessionniste avait été combattue et le dessein de création d’un Etat saharien était tombé dans l’oubli.
Ce ne sera hélas pas pour longtemps car, trois ans après l’accession de notre pays à l’indépendance, en 1963, des groupuscules touareg s’étaient organisés dans l’espoir de pouvoir créer un Etat à part entière dans un autre : le Mali.
La rébellion naissante avait systématiquement été démantelée par la 1ère République conduite par le président Modibo Kéïta. Mais, après, explique l’historien, d’autres groupuscules, touaregs et arabes, aidés par certains Etats voisins et européens, se sont réorganisés à partir de juin 1990 pour reprendre les armes.

Boubacar Sankaré
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