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Education, santé : la grogne sociale s’intensifie
Publié le mercredi 12 avril 2017  |  Studio Tamani
Marche
© aBamako.com par A S
Marche des enseignants à Bamako
Les enseignants ont marché à Bamako le 5 Avril 2017.
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La grogne sociale s’intensifie au Mali. Une série de grèves en cours dans le pays depuis plusieurs mois paralyse les secteurs de la santé et de l’éducation. Le nouveau Premier ministre qui s’est rendu hier dans certaines structures de santé a demandé une trêve aux syndicats de la santé. Mais ceux-ci campent sur leur position et exigent des garanties.


Les principaux secteurs touchés sont l’enseignement et la santé. Ils réclament tous de meilleures conditions de vie et de travail. Au niveau de l’enseignement, ils sont au total sept syndicats à débrayer autour de six points de revendication non encore satisfaits. Après deux grèves de 48 heures et de 72 heures, les professeurs de l’enseignement supérieur sont entrés en grève illimitée le mardi 4 avril. Le Syndicat national de l’éducation de base a lui aussi entamé hier une grève de dix jours. En ce qui concerne le secteur de la santé, les travailleurs sont en arrêt de travail illimité depuis plus d’un mois. Le service minimum peine à satisfaire les besoins avec l’enregistrement de plusieurs cas de décès. A ce niveau, les populations s’impatientent face à « une grève qui n’a que trop duré » estiment-elles. Le peuple interpelle donc les autorités à trouver un compromis. Des collectifs d’associations de jeunes se sont formés pour dénoncer cette situation plus que préoccupante.

Malgré les différentes rencontres tenues entre la ministre chargée des Relations avec les Institutions et les centrales syndicales, le front social reste en ébullition. Diarra Raky Talla avait demandé aux syndicalistes l’observation d’une « trêve » qui n’a pas été respectée. Le nouveau Premier ministre Adboulaye Idrissa Maiga s’est rendu hier aux hôpitaux Gabriel Touré et Point G pour faire un état des lieux. Une nouvelle rencontre est prévue aujourd’hui entre le gouvernement et les syndicalistes pour une sortie de crise.

Dés sa prise de fonction hier le nouveau Premier ministre a décidé d’engager le dialogue avec les syndicats. Hier au cours de sa visite dans les structures sanitaires, Abdoulaye Idrissa Maïga a demandé une trêve. Les responsables des syndicats de santé estiment qu’une trêve sans compensation est impossible.

Mamadi Kané est le secrétaire général du syndicat national de la santé de l’action sociale et de la promotion de la famille :
« Trêve, si cela signifie d’arrêter la grève sans compensation, vous comprendrez qu’après plus d’un mois de grève, cela peut paraître difficile pour les syndicats. Nous ne connaissons pas tous les contours de cette trêve, nous n’allons pas peut-être nous prononcer. Mais s’il s’agit de faire une trêve sans tenir compte de plus d’un mois de grève et sans tenir compte des doléances de nos syndicats, cela nous paraîtra difficile. Nous avons toujours répondu à l’appel de toutes les autorités à fort priori, la première autorité qui est le Premier ministre. S’il nous convie, nous serons les bienvenues autour de la table. Nous préconisons la satisfaction vraiment de nos doléances ».

Le Premier ministre a visité les différents centres de santé, notamment l’hôpital Gabriel Touré, que pensez-vous de cette visite ?
« Moi je pense que c’est une très bonne chose. Ça veut dire quand même qu’il accorde de l’intérêt au problème de santé des populations. Ce que nous tirons de cette visite comme point positif, c’est que : et le Premier ministre sortant et le Premier ministre rentrant ont tous reconnus que le service minimum était assuré ».
Le mouvement « Mardi rouge » ou encore « Tarata wulen », quant à lui durcit le ton. Ses militants se sont rendus aujourd’hui dans certains centres de santé de Bamako. L’objectif de cette visite était de constater le déroulement du service minimum. Selon ses responsables, le constat est amer. Ils estiment qu’il n’ya que, « des morts, de la désolation et du mépris ».
Mamadou Sidibé Président du collectif « Equité Nord–Sud » :

« Nous sommes au Centre de santé de référence de la commune III, l’hôpital ressemble à un cimetière, parce qu’à la limite, il n’y a pas âmes qui vivent. Si nous sommes sortis aujourd’hui, pour prendre d’assaut l’ensemble des structures sanitaires comme nous l’avions annoncé, c’est pour faire le constat. Et aujourd’hui vous venez de faire le constat avec nous qu’il n’y a que désolation au niveau des structures sanitaires, qu’il n’y a que la mort au niveau des structures sanitaires, qu’il n’y a que je ne sais pas, les gens meurent, les malades meurent ne sachant à quel saint se vouer.

Et comme les médecins l’ont dit, ce n’est pas des gaités de cœurs qu’un médecin dit à un malade de retourner à la maison. Mais parce qu’il y’a un mot d’ordre qui est là qu’il faut respecter. Donc le mouvement « Tarata Wulen » va continuer jusqu’au dernier jour de la satisfaction bien évidemment de la prise en compte de l’aspiration du peuple malien. Parce que comme nous l’avions dit nous nous battons pour le peuple et nous n’allons nous dérober de cela pour qui que ce soit, pour quoi que ce soit ».
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