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A Gao, dans le nord du Mali: "si les Français partent, nous repartons avec eux"
Publié le mercredi 13 mars 2013  |  AFP


© Autre presse par EMA
les forces maliennes (FAMA) appuyées par les soldats français de l’opération Serval
Le 21 janvier 2013, les forces maliennes (FAMA) appuyées par les soldats français de l’opération Serval ont repris aux terroristes les villes de Diabaly et de Duentza. Cette conquête permet désormais, en complément du dispositif en place aux alentours des villes de Mopti et de Sévaré depuis le 19 janvier 2012, de couvrir l’accès vers la capitale malienne et d’empêcher les groupes terroristes de menacer le Sud du Mali.


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GAO (Mali) - A Gao, la grande ville du nord du Mali où les drapeaux bleu-blanc-rouge ont fleuri sur les murs, les soldats français ont été accueillis en sauveurs. Mais l'annonce du début de leur retrait en avril inquiète, la population soulignant "l'amateurisme" de l'armée malienne.
"On a crié au secours et l'armée malienne n'est pas venue, alors il ne faut pas nous laisser", explique à l'AFP Bassirou Diarra. Le lendemain de la "libération" de Gao fin janvier, ce dessinateur a peint le panneau érigé dans le centre-ville en mémoire de Damien Boiteux, le premier soldat français mort au Mali.
"Si les Français partent, nous repartons avec eux. Nous n'avons pas une armée qui peut nous protéger", renchérit Issiaka Touré, quinquagénaire rencontré à la gare routière de l'ancienne "place de la charia", redevenue place de l'indépendance depuis le départ des islamistes armés. "Avec la rancune, ils vont nous égorger", dit-il à propos des jihadistes.
"Les soldats africains, ils sont à Mopti (ville du centre, ndlr), où il n'y a rien à sécuriser. Ici, on ne les voit pas. Quant aux soldats maliens, ils
ont fui" quand les jihadistes se sont rendus totalement maîtres de Gao et des autres villes du Nord entre avril et juin 2012.
L'an dernier, "nous avons été trahis par l'armée et l'Etat malien", accuse son ami Alassane.
L'intervention française lancée le 11 janvier en appui à l'armée malienne a permis la reprise des grandes villes du Nord. Les soldats français et les troupes tchadiennes engagées dans la Misma, la mission africaine de plus de 6.000 hommes au total, combattent désormais les islamistes retranchés dans le massif des Ifoghas (extrême nord-est) et dans la région de Gao.
Pour Paris, qui compte passer le relais à une force de l'ONU, une nouvelle phase s'annonce: le contingent français débutera son retrait en avril, a annoncé le président François Hollande.

Soldats en sandales

A la télévision malienne, une femme de Tombouctou, autre grande cité du Nord, est apparue en larmes en apprenant cette nouvelle.
"Cette annonce inquiète tout le monde", confirme sous couvert d'anonymat le responsable d'une ONG internationale présente à Gao. "La population accorde sa confiance aux Français, des professionnels mieux équipés", indique-t-il.
Dans les rues de Gao, on croise beaucoup plus de militaires maliens que de Français. Mais, souvent assis dans des chaises en plastique à siroter leur thé, parfois en sandales, les soldats maliens ne font guère l'effet de troupes de choc.
En février, il a fallu l'intervention des militaires français pour que le
calme revienne à Gao, après les premiers attentats-suicides et un raid de
jihadistes qui ont fait craindre un nouveau cauchemar aux habitants.
A Bamako, le général français François Lecointre, commandant de la Mission
de formation de l'Union européenne (EUTM) qui devra former plus de 2.500
soldats maliens, a évoqué la nécessité d'une "refondation" de l'armée malienne.
"Les Français sont venus nous aider. S'ils veulent partir, qu'est ce qu'on
y peut?", philosophe le lieutenant-colonel Nema Segara, numéro 2 de l'armée
malienne à Gao. "Nous souhaitons qu'ils restent, mais s'ils partent nous
reprendrons les choses en main. On ne peut pas les obliger à rester une
éternité", assure-t-elle.
Yacouba Maïga, conseiller municipal, a une autre idée en tête. "Si les
Français partent, nous tenterons de récupérer Kidal", tranche-t-il. L'armée
malienne n'est pas déployée dans cette ville du Nord, où sont présents des
soldats français et tchadiens mais aussi des hommes du Mouvement national de
libération de l'Azawad (MNLA), la rébellion touareg qui s'était installée dans
Gao avant d'en être chassée par les jihadistes l'an dernier.

sj/tmo/stb/sd

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