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Départ et retour de l’ADEMA au pouvoir : Le mea-culpa s’impose!
Publié le jeudi 27 avril 2017  |  Le 22 Septembre
15ème
© aBamako.com par A S
15ème Conférence Nationale de l`ADEMA PASJ
L`ADEMA PASJ a organié sa 15 è conférence Natonale le 25 Mars 2015 au stade Modibo KEITA
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Depuis les USA où il réside, le Pr Mahamane Kalil Maiga, ancien ministre de la Défense et des anciens combattants, nous a fait parvenir une importante contribution concernant l’état de déliquescence de l’ADEMA-PASJ. Nous publions ci-dessous la première partie

Le parcours que nous décrivons dans cette publication est synonyme de prise de conscience citoyenne et de responsabilité politique face à l’histoire sans précèdent que traverse notre pays. L’avenir du Mali est devenu inquiétant. Le pays est dans une situation délétère et très critique, qui ne doit laisser personne indiffèrent. L’esprit d’autocritique s’adresse à tous les patriotes, à titre individuel, ou regroupements au sein des partis politiques et des organisations de défense des droits de l’homme.
Le MALI ne peut pas sombrer dans la misère, l’ignorance, la maladie, l’injustice, la dépravation des mœurs et l’insécurité généralisée, sans que personne ne lance un cri d’alarme pour alerter les autorités et la population.

Les gouvernants de toute évidence, n’ont plus la maitrise de la gestion du pays. Le climat social se dégrade de jour en jour, malgré les interventions de secours des partenaires bilatéraux, régionaux et internationaux. Ces derniers ont exprimé de vive voix, qu’ils ne peuvent, ni défendre le Mali, ni le développer à la place des maliens. Le pays est devenu la convoitise permanente de bandits armes apatrides, de trafiquants de drogue sans foi, de politiciens égoïstes et démagogues, et de commerçants véreux et corrompus.
L’appel, que nous lançons à partir de la tribune de la démocratie, doit être entendu par tous les citoyens intègres, qui sont partie prenante de la démarche proposée, celle du sacrifice pour sauver le MALI. Dans le cas d’espèce du parti politique ADEMA, le traitement du problème passe par trois étapes :
1) pourquoi l’ADEMA PASJ a perdu du terrain politique ;
2) quelle devrait être la réponse de l’ADEMA PASJ face à l’état de dégradation des valeurs de la nation ;
3) quel avenir faudrait- il envisager pour l’ADEMA PASJ.
Ce parcours du parti, logiquement, devrait le ramener au préalable, à faire son mea-culpa devant le peuple malien ;à assumer son rôle de leader du mouvement démocratique malien, à reconnaitre que le fait majoritaire une fois perdu, ne se partage pas, et ne se négocie plus en politique ; enfin, a répondre a l’attente des populations et des électeurs par un projet de société cohérent, capable d’endiguer le désastre ambiant que la nation endure, et de relancer le développement économique et social du Mali, sur une base solide et durable.

POURQUOI L ADEMA PASJ A PERDU DU TERRAIN POLITIQUE
Après une décennie de gouvernance en maitre absolu sur la scène politique nationale de1992 a 2002, le parti des abeilles s’est enfin lassé en labeur, le dard tondu, la butineuse brisée, contraint de battre en retraite pour céder le pouvoir a d’ autres .Depuis, le parti se contente d’un strapontin de second rang, sur la tribune de la mouvance présidentielle dirigée par les hommes au pouvoir. Par définition, ce choix délibère de l’ADEMA, ne saurait être confondu avec une alternance du pouvoir, mais plutôt à une stratégie de fuite en avant.
Pour éviter de perdre totalement le contrôle sur l’appareil politique qu’il a méticuleusement bâti pendant dix années de règne sans partage à compter de 1992 , la direction du PARTI, sans consultation préalable de sa base, a décidé de se rallier à tous les PRESIDENTS ELUS de 2002 a ce jour et se réfugier dans une mouvance présidentielle qui ne lui concède aucune capacité de manœuvre. Mais en politique personne n’est dupe. Tous les acteurs, sont en permanence habités de la même conviction « que le pouvoir ne se partage pas ».

Les militants sont navrés de cette forme d’allégeance, qui plombe ’horizon des ambitions du plus grand parti politique du Mali. Qui pouvait présager en 1992 que la sensibilité politique, encore de nos jours, représentée dans toutes les circonscriptions électorales du territoire national, et dans tous les pays où vit la diaspora malienne, se retrouver en 2017 dans une situation de détresse, contrainte de s’aligner derrière un régime qui a atteint son seuil d’incompétence dans la gestion de la crise sociale, économique et sécuritaire que traverse le Mali.

La victoire politique d’un parti ou d’un homme est cautionnée par le capital électoral qu’il détient auprès des électeurs. Cette caution ne pourrait être longtemps préservée, que quand les promesses de campagne faites au peuple sont respectées. Le langage de la vérité, le sens de la responsabilité, la bonne gouvernance, le devoir du service publique, l’intégrité ,la transparence des actions gouvernementales suivies de résultats probants , la justice impartiale, le souci de préserver la vie et la survie du citoyen, la libre circulation des personnes et de leurs biens, et le respect des conditions du développement humain durable sont les qualités tant attendues par les communautés de leurs leaders politiques et de leur histoire. Ces vertus ne collent plus à la langue des dirigeants maliens, aujourd’hui au pouvoir.

Le parti africain pour la solidarité et la justice ADEMA-PASJ a-t-il pris une distance par rapport à ses engagements vis-à-vis du peuple malien. En d’autres termes, le militant se pose à présent la question, si ceux qui parlaient à leur nom n’ont pas commis un délit de langage. Si oui, quelle en est la gravite, et quelles sont les conséquences du procès dans lequel il serait impliqué face au peuple. Sans nul doute, le PARTI a marqué en lettres d’or l’ère démocratique de la 3eme REPUPLIQUE, en gage de quoi, il aurait pu rester aux affaires et continuer et présider au destin du pays.

Mais l’égoïsme des dirigeants, la soif de pouvoir, la boulimie, les trahisons internes et le clanisme devenus des traits caractéristiques du comportement quotidien de la grande majorité des leaders du mouvement démocratique malien (LMD) y compris ceux issus de l’ADEMA, ont rendu le peuple malien sceptique, agnostique et perplexe. Un camarade, au cours d’une réunion du groupe du MANIFESTE a comparé les LMD a des poupées russes dont toutes les figurines se ressemblent et s’emboitent, de la plus petite a la plus grande, et ne se lâchent jamais, lies par le serment du profit sur le dos du peuple.

Le PARTI ne tardera pas, à subir les conséquences fâcheuses du comportement de ce type de personnalité peu respectable. La fatalité frappa aux portes de l’ADEMA. Dès la troisième année de son accession au pouvoir, des dissensions factieuses ont poussé la direction du parti à épurer de ses rangs de grands et sincères cadres qui plaidaient pour une gestion plus orthodoxe de l’état. Ces derniers ont créé le MIRIA dirige par Mr Mamadou Lamine Traore (paix a son amé).La deuxième vague de rejet de militants devenus encombrants emportera l’aile droite parti connue sous le nom de clan des bourgeois, rassemblés autour de l’ancien Président de l’ADEMA, Mr Ibrahim Boubacar Keita.

Ce dernier démissionnera de la tête du parti, et fonda sa propre mouvance le RPM. Comme le malheur ne vient pas seul, une dernière avalanche entraina dans son tourbillon, le détachement de la branche, communément appel le clan de la CMDT, dirigée par Mr Soumaila Cissé, qui crée son parti l’URD. Mention doit être faite sur la texture originale, fragile de l’ADEMA Association, qui donna naissance au parti après les évènements du 26 Mars 1991. Ces dissidences couvrent les champs d’influence des mouvements clandestins (PMT, PRMD, LIBERAUX etc.) Qui ont idéologiquement, au nom de la démocratie, combattu dans l’ombre le régime UDPM du Président Moussa Traore. L’alliance pour la démocratie au Mali a remporté la victoire politique au prix d’un lourd sacrifice humain, et a ouvert la voie au multipartisme et à l’alternance du pouvoir.

Ces pertes dans les rangs de l’ADEMA ont durement affecté la masse électorale du parti. A partir de l’année2002, le Parti a progressivement perdu les 2/3 de ses députes à l’assemblée nationale et les 2/3 de ses conseillers municipaux. Les principes de la démocratie et de l’alternance du pouvoir se sont dorénavant imposés au peuple malien et aux partis politiques.
Malgré cette tempête le parti tient encore debout, soutenu dans l’anonymat par des militants fidèles, honnêtes, compétents, loyaux hors de tout soupçon de corruption ou de comportement immoral. En 2012, ils se sont investis dans le groupe du MANIFESTE.

Ils prônent la refondation de l’ADEMA autour des valeurs fondamentales qui rassemblent tous les militants. Cette nouvelle génération d’hommes intègres, aguerris sur les plans professionnels et politiques, constituent la colonne vertébrale du dernier rempart de cadres engagés et patriotes du parti, pour qui le MALI est au-dessus de tout. Ils sont des croyants fervents et détermines, qui au nom de la NATION et de leur foi, sont prêts à se sacrifier pour préserver la souveraineté de notre pays.
Le film du parcours de l’ADEMA projette toutes les variantes de démolition de la ruche des abeilles, une histoire épique, de vagues de démissions tonitruantes, de transfuges, d’alliances électorales contre nature et de départs opportunistes dans tous les sens.

Les tentatives de prévention des pertes en militants et sympathisants et de la fragilisation de la machine électorales ont restées vaines. Les anciens élus de l’ADEMA, a l’exemple de certains leurs dirigeants sans conviction politique et morale, de surcroit pas des moindres dans la hiérarchie du parti, ont choisi de migrer comme des nomades désespères, vers d’autres partis politiques, ou par fronde, ont fondé de nouveaux partis politiques ,dans le seul but d’accéder plus rapidement à l’exercice du pouvoir , au détournement des deniers publics et à l’enrichissement illicite. Ils ont réplique fidèlement les méthodes de convoitise du gain facile, appris à l’ADEMA, dans leurs nouvelles tendances.

L’idéologie politique malsaine, adoptée par les dissidents repose sur la transformation de la bataille pour la souveraineté du Mali, en outil d’enrichissement et d’accumulation de trésor de guerre pour la conquête du pouvoir. Leur mode opératoire est toujours le même, et suit deux axes strictement contrôles. D’une part, ils préparent des opérateurs économiques, à qui ils attribuent les marches juteux de l’état, défiant toutes les règles de bonne conduite de marches publiques.

Les opérateurs, à leur tour, entretiennent les réseaux de corruption des hauts fonctionnaires de l’état et des officiers supérieurs de l’armée et de la police nationale. D’autre part, les dirigeants du pays, toutes tendances confondues, et comme par serment solennel, prennent en otage les structures des organisations de masse, y compris les partis politiques de l’opposition. Le système de partage du butin est tisse de telle manière, qu’une collision entre les protagonistes se produit rarement. Les quelques soulèvements de contestation des syndicats sont vite étouffes dans l’œuf, en leur jetant des broutilles de soulagement, et en faisant des promesses de promotion, le plus souvent non tenues.

La liste des dissidents qui ont tenté de dégarnir et d’effilocher les pelotons de campagne de l’ADEMA est très longue, et leur historique pourrait faire l’objet d’un récit livresque. L’impératif du retour aux valeurs qui rassemblent le peuple ADEMA est d’actualité, et ne peut-être occulte par le comité exécutif du parti. Il doit être absolument inclus en bonne place dans l’agenda de rencontre des instances du parti pour éviter une nouvelle implosion, de toute évidence fatale.
Les héros morts pendant la révolution du 26 Mars 1991 doivent se retourner dans leurs tombes en apprenant que leurs compatriotes démocrates qui les ont poussés devant les balles des mitrailleuses de l’UDPM sont aujourd’hui des milliardaires et des passionnes du plaisir de vivre au détriment du peuple malien. Les martyrs et leurs familles encore en deuil, sont contraints de se contenter de l’espoir que la nation restera toujours reconnaissante.

Un quart de siècle après le 26Mars 1991, le MALI se retrouve, devant le même dilemme entre la réalité de l’exercice du pouvoir et la complaisance du peuple. La rhétorique politique est demeurée inchangée. Les grands instigateurs du soulèvement populaire du 26 Mars 1991, comme par ironie de l’histoire, sont aujourd’hui à la tête de l’état malien. Rattrapes par les évènements, mal à l’aise dans leur conscience morale, ils continuent à ignorer profondément le passe et les centaines de morts, le sang verse, et les milliers de victimes inconnues, dont ils se sont servis , comme d’une courte échelle, pour monter sur le trône de la magistrature suprême. Les revendications qui leur ont données droit de cite au pouvoir, se retournent au grand jour contre eux.

La misère généralisée, la précarité de la vie, les salaires modiques des fonctionnaires, les pères de famille qui ne peuvent plus regarder leurs épouses et leurs enfants en face, l’enrichissement spectaculaire et l’arrogance de l’Elite, la crispation sociale, sont les lots quotidiens de la vie des maliens. Le pays est sur le point de sombrer dans le chaos. L’insécurité omniprésente, la décadence des mœurs de la société, la corruption des institutions de l’état, et la défection des forces armées et de sécurité face à la rébellion , sous le regard indiffèrent de dirigeants suffisants, plus soucieux de se maintenir au pouvoir, que de l’avenir du peuple malien, sont les signes précurseurs d’une révolte populaire imminente au Mali.

Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Les motifs de la révolution de Mars 1991 ressurgissent comme des vieux démons en Mars 2017. Les revendications catégorielles des corporations syndicales et estudiantines, et l’éclatement des foyers d rébellion dans le septentrion et le centre du pays, convergeant comme des coulées de laves ravageuses d’un volcan, devraient interpeller les dirigeants politiques et la société civile au Mali. Cette réalité met en contraste le mutisme et la complicité de toute la classe politique, des organisations de défense des droits de l’homme, et des congrégations religieuses complaisantes.

L’ADEMA, incapable d’arrêter l’hémorragie du nomadisme politique et de la désapprobation du peuple ne trouva meilleure réponse que d’accompagner et de s’accrocher aux régimes auxquels il a concédé le pouvoir d’état. En fait que cache cette frénésie. La mutation spontanée du parti en saprophyte n’était pas du gout des militants sincères, qui sont restes fidèles aux idéaux et aux valeurs de partage, de justice et de solidarité, qui marquent le sceau du PARTI. Le bilan de la stratégie d’accompagnement de l’ADEMA prouvera un jour, si cette manœuvre politique a bêtifie ou à porte préjudice au parti. Les militants constants dans leur engagement patriotique, épris de bon sens et confiants en l’avenir du MALI et du PARTI ADEMA, s’interrogèrent sur le risque que comporte ce sortilège qui les frappe en plein cœur.

Conscients de leur responsabilité face à l’histoire, ils ont constitué en 2012,le front du MANIFESTE sein du PARTI.A travers la presse, les contacts de proximité et les réunions de groupes, ils tentèrent de sensibiliser le plus grand nombre de militants, sur la question de la refondation du parti, avant que d’autres vagues d’implosion ne se soulèvent. Ils sont déterminés à défendre et perpétuer les valeurs qui rassemblent le peuple ADEMA depuis sa création. Il faut à tout prix préserver l’unité, la cohésion et la force combattante du parti. Ce groupe informel de refondation de l’ADEMA, compte dans ses rangs des membres recrutes a tous les échelons des organes du parti, du CE a la base. Le but vise dans ce combat, est de redonner à l’ADEMA un nouveau souffle et un espoir de retour au pouvoir, pour réaliser les promesses de la révolution démocratique du 26 Mars 1991.

Certains seraient enclin à penser que c’est de l’utopie et leurs efforts seront voues inéluctablement a l’échec. Apres toutes les divisions et les fractures irrémissibles qui ont affaiblies le mouvement démocratique malien et l’ADEMA, les chances de réussite du courant de la refondation du parti sont intimement liées, à l’obtention d’un large consensus, et a l’introduction du thème dans l’agenda d’une conférence nationale extraordinaire. Une bonne dose de confiance en soi, et de foi en l’avenir du Mali, devraient attiser les cœurs de tous ceux qui volontairement ont embrassé ce combat.

Le travail de la coalition nationale pour la refondation du parti ne sera pas chose aisée, par ce qu’il faut remonter une pente glissante, bien surveillée par une direction politique du parti, qui est restée très attachée aux prérogatives de sa légitimité. Contre toute attente d’un éveil de conscience et de responsabilité historique, la direction du parti à travers son réseau tentaculaire d’influence et de lobbies, s’ est agrippée dans une offensive de défense des intérêts matériels et financiers qu’elle tire de l’accompagnement des régimes a qui, elle a troque le pouvoir du peuple malien .Pour le profane, la vérité n’est pas facile à percevoir. Que l’on prenne en considération les relations de l’ADEMA avec les régimes des Présidents Amadou Toman TOURE(ATT),Amadou Aya SANOGO ou Ibrahim Boubacar KEITA(IBK), on se rend compte que des cadres influents, très proche de ces leaders et bien places dans la hiérarchie du parti se sont tailles des postes sur mesure, dans les gouvernements successifs mis en place.

Les nominations sont faites à titre personnel sans consultation préalable du comité exécutif. Chacun d’entre eux garde son CV soigneusement prépare sous l’aisselle, prêt à le soumettre, dès qu’une lueur de nomination se présente à lui, à l’insu des autres, en veillant de bien garder le secrets des .Leur attitude ostentatoire, nourrie de propos diffamatoires et de mépris, de leurs camarades cadres compétents et bâtisseurs ne laissent plus les militants intègres indifférents. Cette absence de transparence dans les procédures de désignation des personnes pour les missions gouvernementales prouve à suffisance que les cadres ADEMA, allies aux pouvoirs en place, ont développé des astuces de surenchère au détriment du parti. Ils continuent encore à déjouer l’attention des militants pour tirer leurs épingles du jeu, sans obligation de rendre compte.

Cette défiance des militants loyaux est sans nul doute responsable du désarroi dans les rangs du parti, de la recherche de l’argent facile, et de l’instinct de sauve qui peut, qui poussent des milliers d’ entre eux à chercher refuge dans d’autres regroupements politiques et électoraux. L’ADEMA a inconsciemment porte au dos des ennemis internes, qu’il faut bien un jour extirper ou mettre hors d’état de nuire. La déception du peuple malien est totale, face au comportement immoral de ces responsables devenus au frais du parti, de riches mercenaires et des trafiquants d’influence. Le verdict des urnes sanctionnera leur manque de soucis en l’avenir du parti qui leur atout donne.

En 2002 le peuple malien était devenu réfractaire à l’appel du candidat de l’ADEMA aux élections présidentielles, malgré la fortune colossale investie dans la campagne. La victoire était remportée par le candidat indépendant, le General Amadou Toumani Toure. Pour la première fois, l’imposante machine électorale de l’ADEMA a dévoilé ses faiblesses. Le même sort frappera les autres joutes électorales, législatives et communales. Apres toutes ces défaites, aucun replis tactique n’avait été envisagé par les dirigeants du parti. Bon nombre d’entre eux, ont préfère, marchander individuellement leur collaboration avec le président fraichement élu, sous le regard complice du comité exécutif.
L’érosion postélectorale s’est poursuivie en s’aggravant, avec la défection du candidat malheureux de l’ADEMA Mr. Soumaila Cissé, qui était arrive en troisième position des élections présidentielles.

En 2013 le candidat de l’ADEMA aux élections présidentielles Mr. Dramane Dembélé n’a pas fait le poids face à IBK et Soumaila. Les causes de cette nouvelle défaite sont présumées être, la mauvaise préparation du candidat, très peu connu au niveau des bases et également des populations. Les incohérences de son projet de société ont également contribue à cet échec. Il faut souligner par ailleurs, qu’une frange importante des membres du comité exécutif du parti, n’étaient pas convaincus des procédures et des critères qui ont prévalus au choix du candidat. Mr Dramane Dembélé, le candidat du plus grand parti politique du Mali, après sa désignation, s’est arrête au premier tour des élections présidentielles.

Pour quelle raison? Peut-on parler de mauvaise performance, ou de trahison par son propre camp. Qui sait, s’il n’a pas été jeté en pâture pour permettre à IBK de gagner les élections, sans crainte d’adversité. Apres la victoire de ce dernier, l’éventualité pour l’ADEMA de rejoindre les rangs de l’opposition était hors de question. L’argument d’une appartenance commune ADEMA/RPM à l’International Socialiste a servi de mot d’ordre de soutien au candidat IBK au deuxième tour des élections présidentielles. Le giottisme des cadres tranchera par la suite.

Le vertueux Président élu, celui qui avait claque la porte sous le nez de l’ADEMA en pleine conférence nationale, est soudainement redevenu un héros dont les nombreuses qualités sont étalées sur tous les toits. Toutes les versions de l’épopée mandingue les ont inspires. Ils ont fait l’éloge de sa prouesse, de sa véhémence, de sa dignité, de son intégrité, de sa noblesse, de sa bienfaisance, de son respect de la parole donnée, en somme le bon samaritain avec son long chapelet de promesses et de rêves qui ne verront jamais le jour, malgré les insistants appels au tout PUISSANT, vautres dans un soyeux bain de larmes.

Il prouvera sa générosité, en dehors de toute attente, en accordant deux jetons de compensation à l’ADEMA, qui lui ouvrirent les portes du gouvernement et de la mouvance présidentielle. Du reste, le dénouement de son slogan de campagne a subi une distorsion, car redimensionne en moins d’un an de pouvoir en , selon l’observation du peuple malien. Comment le Parti des abeilles a pu ménager sa monture pour en arriver là. Les lobbies en dessous, qui tiraient les dividendes en manipulant le parti sous AOK, ATT, Sang et maintenant IBK, ont encore réussi à faire main basse sur l’ADEMA pour sauvegarder leurs intérêts sordides.

Les partisans du MANIFESTE sont très conscients du danger que ces lobbies représentent pour la démocratie et reconstruction du Mali. Ils s’attendent à une résistance verbale féroce et des réactions de sabordage de leurs efforts de refondation du parti. La vérité ne tardera pas à crever les yeux des auteurs de ce complot ourdi.
L’analyse rétrospective du pouvoir ADEMA sous le Président Alpha Oumar Konaré(AOK), des moments de sa gloire a son état actuel de déliquescence, nous a conduit sur des pistes très intéressantes, mettant en exergue les raisons qui ont entrainé la perte du terrain politique de l’ADEMA.

Certes, les réformes entreprises par AOK dans les domaines de l’éducation, de la sante, de l’agriculture, du sport, des infrastructures, delà communication et même des relations politiques sous régionales et régionales africaines ont eu un impact positif sur la qualité de vie des maliens et la stabilité du pays. Le parti n’a manifestement pas tire des leçons de ce fabuleux accomplissement politique. Malheureusement, le succès de ces reformes a cultive un comportement adverse, de narcissisme, et de faire valoir des élus et des dirigeants, qui ont rapidement mitige le bilan de l’ADEMA au pouvoir. Ils ont imposé un système pharisaïque dans lequel, des élus sont devenus permissifs, défiant toutes les lois à travers leurs actes et faits quotidiens.

A l’intérieur du pays, les maires, les gouverneurs et les préfets se sont approprié des terres des pauvres paysans et des terrains d’habitation des populations paisibles, dont ils ont fait leurs fonds de commerce et de spéculation, sans crainte de réprobation. Au sommet de l’état, l’exécutif adoptait des lois, des décrets, des décisions et des exonérations de taxes, mécaniquement approuves par le législatif et le conseil des collectivités au cours de débats sommaires, qui favorisaient l’incrustation de la corruption du régime, et le pillage des biens matériels de l’état. Les archives de l’administration publique sont l’objet de pillage, de falsification et destruction systématique pour brouiller les pistes des délits commis, par les opérateurs économiques et leurs complices fonctionnaires.

Le système judiciaire a été profondément perverti par les juges et avocats corrompus, qui encore de nos jours ne respectent pas les règles fondamentales de distribution équitable de la justice. L’éthique et la moralité n’étant plus de mise dans le système judiciaire malien, le sacerdoce est piétine dans tous les procès. L’argent présidait à tous les verdicts rendus, dont les bien faires étaient charges au plus offrant.

Juges et avocats, partie civile et défense mangeaient dans la même assiette du justiciable. Les plaignants et les victimes sont systématiquement dépouilles, en percussion synchronisée, par des magistrats organises en bande de pilleurs.
Les medias ont emboite le pas après les autres corps, dans la délation et la course enragée pour l’argent facile. Les quotidiens sont devenus le forum d’exposition des vérités et des inepties pour abattre les ennemis présumes du régime ; et la plateforme de tous ceux qui peuvent glisser des aux journalistes pour obtenir gain de cause ou de ternir l’image d’un présumé concurrent.

La fraude électorale a grande échelle, le tripatouillage, les litiges électoraux escamotes ne produisaient que des résultats tronques, reflétant l’insouciance et la satisfaction du pouvoir. Les services de la douane, des impôts, des affaires économiques et des structures de souveraineté de l’état sont confiés à des individus peu scrupuleux et manipulables à la merci du régime. Des lors, l’exécutif s’était mis l’œuvre pour inventer des raccourcis, des astuces , des discrédits, pour transgresser les lois , et sous la couverture de textes adaptes a la circonstance, pouvaient en impunité totale, s’enrichir et détourner les deniers publics.

Pour mieux s’y prendre, les instances du parti ont été transformées en caisse de raisonnante, et en instrument de manipulation de l’opinion publique. Pour preuve plusieurs dirigeants dont les intérêts personnels et les velléités d’accéder à la magistrature suprême du pays étaient compromis, on opte de démissionner et pour fonder leurs propres mouvements. Ils emportèrent avec eux les principes et les méthodes de gestion déjà expérimentent au sein de l’ADEMA.

C’est le cas par exemple du RPM, de l’URD et du PDS dont les aspirations a la démocratie, a la souveraineté nationale, au développement intégral du pays et a la paix cachaient un sentiment inassouvi, d’opportunité de se servir , d’abuser et d’exploiter le peuple malien au profit de leurs familles. Les mauvaises pratiques de l’Ime politique ont atteint leur paroxysme au Mali: népotisme, clientélisme, nomadisme, absolutisme, débrouillardise etc., etc. Cette attitude fatidique a fini par avoir raison sur les valeurs morales de la démocratie, et a durement éprouve le serment des élus face à leur peuple.

Apres le départ d’AOK, la CE de l’ADEMA avait déclaré, à qui veut l’entendre, qu’il soutient et assume sa décision d’accompagner les pouvoirs en place. Le peuple malien étonne, l’observa d’un regard déconcerté, mais ne dit rien. Il asserte son honneur, sa dignité, sa foi et son serment dans le silence. Le rouleau compresseur celle par le régime en moins de cinq ans est devenu très sophistique, et il a pris au piège la population et les institutions. On ne reconnait plus en l’état, les valeurs pour lesquelles le peuple malien s’est battu depuis son indépendance en 1960.

L’état multiplie les manifestations grandioses pour masquer sa gestion calamiteuse, mais sans pour autant oublier de détendre le cordon de la bourse. Les grands chantiers surfacturent, la CAN, les sommets France/Afrique, les programmes d’ajustement structurel , sont des exemples d’arnaque des populations. Les délais d’exécution des marches sont sciemment retardes, pour imposer à l’état des avenants de financement.

A tout prix, il faut justifier l’utilisation des impôts des contribuables, surtout quand les dépenses folles, à elles seules ne suffisaient pas.
Des milliers de postes fictifs et des faux emplois occultes par les contrôles physiques ont été inscrits dans les registres de la fonction publique, en partie pour justifier les revendications d’emplois de la jeunesse. L’état était devenu le premier employeur aussi bien dans le public que dans le prive. Les marches publics maliens sont très convoites de l’intérieur comme de l’extérieure de nos frontières, par des sociétés très habiles en corruption.

Les biens de consommation, les équipements, et l’arsenal militaire de qualité désuète convergent vers le pays et sont réceptionnes a grand bruit avec des fanfares. Un véritable gâchis qui n’a apporté d’autre plus-value que la pollution, l’appauvrissement et la désolation. Pendant ce temps les populations croupissent dans la misère, l’insalubrité, l’analphabétisme, l’éducation de base et supérieure au rabais, la malnutrition, l’insécurité, le manque d’eau potable, l’insuffisance des services de santé et le déclin du pouvoir d’achat.

Les conflits d’intérêts sans cesse, continuent d’éclater au beau jour, entre les différents clans animes par les responsables du parti. Les militants inquiets et désorientés, s’agitent dans toutes les directions et cherchent refuge sous le parasol d’un des leaders du parti. Leurs droits de séjour sont payés par les rassemblements des clubs de soutien qu’ils organisent, la propagande et le giottisme qu’ils chantent pour la bonne cause de leurs mentors. Tous les ingrédients sont réunis, qui feront dire aux adversaires du parti, que l’ADEMA a failli et n’a plus la capacité de gouverner le Mali. Peut-on envisager le contraire ? À suivre…
Professeur Mahamane Kalil MAIGA, ancien ministre
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