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Focus : Négociations avec les chefs terroristes: Pourquoi vouloir danser avec le diable ?
Publié le samedi 29 avril 2017  |  Aujourd`hui
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© Autre presse par DR
Des djihadistes arrêtés à Abidjan
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Négocier avec les chefs terroristes, notamment Iyag Ag Ghali et Amadou Koufa ! Telle est la demande osée de la Conférence d’entente nationale. Il ne pouvait en être autrement car parmi ceux qui étaient à cette séance d’exorcisme national, on compte des complices du chef djihadiste, Iyad Ag Ghali. Qu’on ne s’y méprenne point : au nord du pays existe une centrale du mal contrôlée directement ou indirectement par Iyad Ag Ghali qui apporte son soutien financier et matériel en cas de besoin. En contrepartie, les groupuscules armés mettent à sa disposition de jeunes combattants recrutés, endoctrinés et drogués à souhait, pour d’éventuelles opérations terroristes.

Ces hommes sont très souvent formés dans des camps d’entrainement terroristes, sur lesquels Iyad Ag Ghali exerce une certaine influence, solidement appuyé de l’Extérieur. Et on sait que le prêcheur Amadou Kouffa, converti en chef djihadiste, a aussi fait allégeance à Iyad Ag Ghali devenu ainsi le grand seigneur du mal. Amadou Kouffa est connu depuis plus de 30 ans pour son extrémisme religieux, lorsqu’il parcourait les marchés hebdomadaires du centre du pays pour prêcher l’application de la charia. Il était déjà dans le viseur des services secrets qui jugeaient dangereux les messages qu’il véhiculait, mais on ne pensait pas qu’il allait en arriver à ce stade suprême de la criminalité. Mais l’occasion faisant le larron…

En demandant donc de négocier avec des criminels de cet acabit, c’est une simple façon de dire : “Nous voulons bien la paix, mais nous ne pouvons aller sans eux et il faut donc les inclure dans le processus et parler avec eux car ce sont les patrons”. Mais le gouvernement doit-il accepter de participer à ce jeu qui n’est rien d’autre qu’une danse avec le diable ? C’est là où gît tout l’intérêt de la réflexion.

De toute façon, la Conférence d’entente nationale se voulait une rencontre inclusive, donc n’excluant personne. Mais faudrait-il aussi que l’on respecte les principes sacro-saints qui fondent la République, dont le respect de l’intégrité territoriale et la laïcité de l’Etat, tels que prônés par la Constitution. Dès lors, comment discuter avec des gens qui ont à préciser, contrairement à la Coordination des mouvements de l’Azawad (Cma) et ses satellites, que leurs revendications ne sont pas d’ordre indépendantiste ou sécessionniste, mais qu’ils veulent et cherchent l’application de la charia sur toute l’étendue du territoire ?

C’est une position rappelée à l’Imam Mahamoud Dicko par Iyad Ag Ghali lors de leur rencontre facilitée par l’ex-junte du capitaine Sanogo après le coup d’état de 2012. C’est pourquoi l’on s’étonne de voir l’Imam Dicko insister sur des négociations à mener avec des chefs trafiquants déguisés en djihadistes.

Il ne faudrait donc pas pousser l’Etat – déjà affaibli avec l’Accord issu du processus d’Alger qui a fait beaucoup de concessions aux terroristes distingués des djihadistes – à commettre des erreurs fatales en prenant langue avec les criminels les plus recherchés par des pays sérieux de la Communauté internationale, lesquels ne souhaiteraient que de pouvoir mettre la main sur eux pour les juger. C’est d’autant plus important que la Conférence d’entente nationale trouve son fondement dans ledit accord, au sujet duquel, dès l’entame des négociations, le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, affirmait avec force conviction, que tout est négociable sauf le respect de l’intégrité territoriale et la laïcité de l’Etat.

Il faut rappeler que l’Algérie, tête de file des médiateurs, a appelé le Mali, à plusieurs reprises, à discuter sur son sol avec des groupes terroristes du nord du pays pour signer des accords. Cela faisait toujours mal aux dignes fils du Mali de voir les autorités de leur pays signer de prétendus accords avec des groupes de bandits qui ont osé lever des armes contre leur propre pays. Au fil des ans, les accords se multiplient avec la même trame de fond, mais que les ennemis du Mali améliorent toujours en leur faveur. Jusqu’à quand devra encore durer ce jeu de dupes ?

L’Algérie refuse de négocier avec des terroristes

Pourtant, cette même Algérie a pour principe de ne jamais négocier avec des terroristes et la dernière preuve fut son intervention musclée sur le site gazier d’Inanémas où avait lieu en 2013 une prise d’otages revendiquée par le chef terroriste algérien, Moktar Belmoktar. Pendant que des puissances européennes comme l’Angleterre demandaient de tout faire pour épargner la vie de leurs ressortissants restés enfermés dans le site gazier avec les ravisseurs, l’Algérie, fidèle à ses principes, a ordonné l’assaut par ses forces spéciales, tuant à la fois des terroristes et des otages.

Mais pourquoi donc l’Algérie devrait-elle refuser de négocier avec des terroristes, mais y a invité le Mali à plusieurs reprises ? Sujet à réflexion !

Toujours est-il que l’Algérie a une longue et riche expérience de la lutte contre le terrorisme et principalement contre les pseudo djihadistes qui usent de tous les moyens pour nuire et ne reculent devant rien pour atteindre leurs cibles. C’est certainement fort de ces enseignements que l’Algérie a opté pour cette ligne dure de non compromis avec les terroristes. Mai faudrait-il avoir les moyens de la mise en œuvre de cette option, c’est-à-dire la puissance militaire nécessaire.

C’est pourquoi l’Algérie, ces dernières années, a intégré le club très fermé des pays qui sont les plus gros investisseurs en matière de sécurité et de défense. En d’autres termes, les forces armées algériennes sont suffisamment préparées à appliquer le principe de la réponse militaire ferme, en lieu et place de la négociation.

C’est cette leçon que le Mali doit assimiler pour comprendre que le meilleur moyen de garantir l’intégrité territoriale, c’est d’abord de compter sur ses propres forces de défense et de sécurité, suffisamment outillées, pour se mettre à l’abri de tentatives de déstabilisation, fussent-elles l’émanation d’un complot international contre le Mali.

Ce qui amène aussi à dire qu’il faut beaucoup plus, de la part de prétendus amis du Mali comme la France, mais surtout l’Algérie et la Mauritanie, un jeu plus franc envers le Mali. Ce sont nos voisins et comme le disait Bismarck : “Un pays fait sa diplomatie, mais subit sa géographie”.

Amadou Bamba NIANG
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