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Rétrospective : Discours du docteur Asagyesfo Kwamé Nkrumah, président de la République du Ghana au sommet de l’OUA 24 Mai 1963 (6ème partie)
Publié le mardi 2 mai 2017  |  Infosept
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« Pour comprendre pleinement la nécessité fondamentale d’une union dont les racines puisent dans une résolution commune, une planification commune, et des efforts communs. Une union qui ne tient pas compte de ces nécessités fondamentales n’est qu’un leurre. C’est seulement en unissant notre capacité de production et les richesses qui en résultent que nous pouvons amasser des capitaux. Une fois déclenché, cet élan ne fera que croître. Avec des capitaux gérés par nos propres banques, consacrés à notre véritable expansion industrielle et agricole, nous pourrons progresser.

Nous accumulerons le matériel industriel, nous pourrons créer des aciéries, des fonderies de fer et des usines ; nous unirons les divers Etats de notre continent en créant des voies de communication ; nous étonnerons le monde avec notre puissance hydro-électrique ; nous assécherons les marais et les marécages, nous purifierons les zones infestées, nous nourrissons ceux qui sont carencés, nous débarrasserons nos populations des parasites et les maladies. Il est au pouvoir de la science et de la technique de faire fleurir le Sahara lui-même et de le transformer en un vaste champ cultivé, porteur d’une végétation verdoyante pour notre expansion agricole et industrielle. Nous dompterons la radio, la télévision, les presses géantes d’imprimerie, pour faire sortir nos peuples des sombres abîmes de l’analphabétisme. Il y a dix ans seulement, tout cela n’aurait représenté que les paroles de visionnaires, des fantaisies de rêveurs oisifs.

Mais nous sommes à l’époque où la science a transcendé les limites du monde matériel et où la technique a envahi le silence de la nature. Le temps et l’espace ont été réduits à des abstractions dénuées d’importance. Des machines géantes percent des routes, éclaircissent nos forêts, construisent des barrages, des aérodromes, des camions monstrueux et des avions répartissent tous les produits ; de puissants laboratoires fabriquent des remèdes ; des relevés géologiques les plus complexes sont mis au point ; de puissantes stations d’énergie électrique sont construites, de colossales usines se dressent vers le ciel – et tout cela à une vitesse incroyable.

Le monde a cessé de progresser le long de sentiers de brousse, à dos d’ânes ou de chameaux. Nous ne pouvons plus nous permettre de régler nos besoins, notre développement, notre sécurité, sur le rythme de marche des chameaux et des ânes. Nous ne pouvons plus nous permettre de ne pas ne pas abattre la brousse exubérante des attitudes périmées qui obstruent notre voie vers les grands chemins modernes des réalisations les plus amples et les plus rapides d’indépendance économique et d’élévation au plus haut degré du mode de vie de nos peuples.

Même pour les autres continents qui ne disposent pas de ressources de l’Afrique, l’heure est venue qui doit voir la fin de la détresse humaine. Pour nous, il s’agit tout simplement de saisir avec certitude notre légitime héritage, en utilisant la puissance politique créée par notre unité : tout ce dont nous avons besoin, c’est de développer avec notre puissance commune les énormes ressources de notre continent.

Une Afrique unie offrira un secteur stable aux investissements étrangers dont nous encourageons l’apport tant qu’ils ne se comporteront pas en ennemis de nos intérêts africains, car de tels investissements doivent renforcer l’expansion de l’économie de notre continent, l’emploi de notre main d’œuvre, la formation technique de nos travailleurs et l’Afrique les accueillera favorablement. En traitant avec une Afrique unie, ceux qui apportent des capitaux n’auront plus à évaluer avec inquiétude les risques de négocier, au cours d’une période, avec des gouvernements qui pourraient ne plus exister dans la période immédiate. Au lieu de traiter ou de négocier avec un si grand nombre d’Etats séparés, ils traiteront avec un seul gouvernement uni qui poursuivra une harmonieuse politique continentale. »

Youssouf Sissoko
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