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Crise de la FEMAFOOT, sanction de la FIFA, contrat de l’entraineur des Aigles, vie de la CODEM: le Ministre Poulo dit tout
Publié le mardi 2 mai 2017  |  Le Procès Verbal
Championnats
© aBamako.com par A.S
Championnats d`Afrique d`Escrime Juniors et Cadets.
Bamako, le 4 mars 2016 au palais des sports. Le ministre des sports a donné le coup d`envoi des Championnats d`Afrique de Scrime Juniors et Cadets.
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Dans une interview exclusive accordée à notre rédaction, le ministre des Sports, Housseini Guindo dit « Poulo » revient sur les circonstances qui l’ont conduit à dissoudre le bureau de la Fédération malienne de football, les contours de l’accord de sortie de crise signé et sa propre participation à la mouvance présidentielle…

Pourquoi aviez-vous dissous le bureau de la FEMAFOOT dirigé par Boubacar Baba Diarra?

La crise au sein de la FEMAFOOT a débuté en 2013, suite au renouvellement du bureau exécutif à Mopti. Des mésententes ont plongé le bureau dans une crise qui a duré presque quatre ans. Tout le Mali a tenté une médiation en vain: le président de la République Ibrahim Boubacar Kéita; Dioncounda Traoré, ancien chef de l’Etat; Issiaka Sidibé, le président de l’Assemblée nationale; les leaders religieux Ousmane Cherif Madani Haidara, Mahmoud Dicko et le Chérif de Nioro; les familles fondatrices de Bamako, le Comité Olympique qui regroupe 32 associations sportives, les personnes âgées, etc. Toutes ces personnalités ont tenté de faire la paix entre les deux tendances rivales qui se combattaient au sein du bureau de la FEMAFOOT. Toutes ces médiations ont échoué.

Face à cette situation de blocage, le ministre des Sports que je suis, garant du bon fonctionnement du sport national, n’avait d’autre choix que de dissoudre le bureau fédéral. Il ne fallait pas permettre que dans un contexte de crise, un nouveau bureau soit mis en place car il aurait été également contesté et la crise se serait poursuivie au moins jusqu’en 2021. Plusieurs cadres de la FEMAFOOT étaient en effet suspendus à vie, d’autres pour 20 ou 30 ans : ils auraient été exclus des élections prévues pour fin 2017 et auraient continué à contester le bureau sorti de ces élections. La crise avait conduit à la formation de bureaux parallèles. La crise s’était même délocalisée au niveau des ligues : Ségou avait eu deux ligues, Bamako aussi.

En dissolvant le bureau fédéral, mon but était de donner au pays les moyens de résoudre à l’interne la crise de la FEMAFOOT.Je savais que la FIFA suspendrait la FEMAFOOT suite à ma décision.

Un accord de sortie de crise a été signé le 27 avril: dans quelles circonstances ?

Avec le Premier ministre Abdoulaye Idrissa Maiga, nous avons rencontré toutes les parties. Le Premier Ministre, après m’avoir consulté, a désigné une équipe de médiation composée du Ministre du Commerce, porte-parole du gouvernement, Abdel Karim Konaté; du ministre de la Jeunesse, Amadou Koita; du directeur national des Sports qui me représentait; du président du Comité de normalisation du football que j’avais nommé, et d’autres personnalités.

L’équipe de médiation a réuni les deux camps rivaux pendant deux jours. Les discussions ont abouti à un accord.

Cet accord n’est-il pas un désaveu de votre décision de dissoudre le bureau de la FEMAFOOT ?

Au contraire, c’est ma décision qui a permis l’accord de règlement de la crise. Elle a permis aux deux parties de se mettre autour de la table pour discuter, ce qui n’avait pas été possible avant la dissolution du bureau. L’équipe de médiation désignée par le Premier ministre n’est pas plus respectable que le président de la République ou les autres personnalités qui, auparavant, avaient tenté sans succès une médiation. Si la médiation a abouti cette fois-ci, c’est parce qu’elle intervenait après que le bureau fédéral avait été mis en position de faiblesse suite à sa dissolution. Et dès lors qu’il y a eu accord entre les parties en conflit, je ne pouvais que revenir sur ma décision. Je n’avais aucune raison de maintenir des sanctions qui pouvaient empêcher nos jeunes de participer à la Coupe d’Afrique.

Quel est le contenu de l’accord ?

L’accord répond à tout ce qu’on avait demandé auparavant. Les parties signataires se sont engagées à lever toutes les sanctions liées à la crise; à suspendre toutes les actions judiciaires tant au plan nation qu’international. En plus, le bureau dirigé par Boubacar Diarra s’est engagé à s’auto-dissoudre au plus tard le 12 juin 2017 pour que soit mis en place un Comité de normalisation sous la supervision de la FIFA. La présence de la FIFA a pour but de constater l’auto-dissolution du bureau fédéral et de donner une reconnaissance internationale au Comité de normalisation.

En outre, les parties ont proposé au gouvernement du Mali :

– l’annulation des décisions numéro 001 1/MS-SG du 8 Mars 2017 portant dissolution du Comité exécutif de la FEMAFOOT et numéro 0012/MS-SG du 11 Mars 2017 portant mise en place d’un Comité provisoire ;

– l’indemnisation du « Djoliba AC » et des « Onze Créateurs » de Niaréla en raison de leur disqualification suite à la décision de suspension prise par la FIFA contre la FEMAFOOT.

L’accord prévoit enfin le maintien dans le bureau dirigé par Boubacar Baba Diarra du vice-président et du Secrétaire général du Comité de normalisation que j’avais désignés.

Avez-vous des garanties que Boubacar Baba Diarra respectera le protocole d’accord ?

La meilleure garantie d’exécution du protocole d’accord, c’est le peuple malien lui-même. Boubacar Baba Diarra a signé l’accord librement et devant tout le peuple. Le Premier ministre est garant de l’accord.De surcroît, ce mardi, les protagonistes de l’accord seront reçues par le président de la République. Y a-t-il de garanties plus sûres que celles du président de la République, du chef du gouvernement et du peuple malien ?

Que répondez-vous à ceux qui pensent qu’en remettant Boubacar Baba Diarra à sa place, le gouvernement vous a trahi ?

Je ne pense pas avoir été trahi par le gouvernement. Le Premier ministre a engagé tout le gouvernement après m’avoir régulièrement consulté.

N’avez-vous pas perdu la face devant Boubacar Diarra qui revient à la tête de la FEMAFOOT ?

Je ne le crois pas. Boubacar Diarra avait chassé des personnes du bureau fédéral. Ces personnes s’étaient tournées vers le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) qui avait déclaré leur suspension nulle. Malgré cette décision du TAS, Diarra avait maintenu la suspension. Lorsqu’on se permet de violer les lois, l’Etat a le devoir de vous rappeler à l’ordre. En tant que ministre des Sports, garant de l’application des textes dans ce secteur, je me devais d’agir. En dehors de cela, il n’ya aucun problème entre moi et Boubacar Diarra.

Vous parlez du retour de Boubacar Baba Diarra comme d’une victoire de l’intéressé. Est-ce vraiment une victoire ? Je ne le crois pas. En effet, Diarra revient mais pour lever toutes les suspensions qu’il avait décidées. Diarra revient mais pour traiter avec ceux-là même qu’il avait chassés. Diarra revient mais pour seulement 45 jours. Diarra revient mais pour procéder, avant le 12 juin, à l’auto-dissolution de son propre bureau et passer le pouvoir à un comité de normalisation qui organisera les futures élections. Et en attendant que ce Comité voie le jour, Diarra est flanqué d’un secrétaire général issu du bureau provisoire que j’avais installé. Ce secrétaire général remplace Yacouba Djan auquel Diarra tenait absolument. Est-ce vraiment là une victoire de Boubacar Baba Diarra?

Comment expliquer votre maintien dans le gouvernement malgré la crise, quand on sait que d’autres ministères secoués par des grèves ont perdu leurs titulaires?

Je laisse cette appréciation à celui qui a formé le gouvernement.

La crise de la FEMAFOOT ne vous a-t-elle pas affaibli politiquement ?

Non, je ne le pense pas. La crise sportive dont nous sortons est la plus grave qu’un gouvernement ait affrontée depuis 1960 car elle avait des implications dans tous les domaines. J’ai pris une décision qui, certes, aurait pu m’affaiblir, mais je préfère toujours prendre une mauvaise décision que de ne pas décider. La crise m’a remis en selle car la solution est venue de la dissolution que j’ai prononcée.

Comment sera géré le cas de du sélectionneur national, Alain Giresse ?

Alain Giresse a été recruté par le bureau de la FEMAFOOT sur la base d’un contrat d’objectifs. Ces objectifs consistaient, de la part de Giresse, à qualifier le Mali à la coupe d’Afrique et à la Coupe du Monde de football. Mais le contrat en lui-même était mauvais car il ne chargeait pas Giresse de remporter une coupe. En qualifiant le Mali pour la phase finale de la Coupe d’Afrique 2017, Giresse a rempli une part du contrat. Il restait le second objectif à atteindre: qualifier le Mali pour la Coupe du monde. Mais du fait que l’équipe nationale a été éliminée dès le premier tour de la CAN 2017, le bureau de Boubacar Baba Diarra et le sélectionneur se sont retrouvés sous la pression de l’opinion publique. Au lieu d’assumer sa faute (la signature d’un mauvais contrat), le bureau de Diarra a voulu se débarrasser du sélectionneur Giresse. Et pour cela, il m’a demandé de verser au sélectionneur des indemnités de départ de 300 millions de FCFA. J’ai refusé net.

Vous savez, je viens d’un village pauvre. A 7 ans, avec mes deux frères de lait, je devais marcher pieds nus sur des pierres brûlantes pour aller à l’école distante de plusieurs kilomètres. Il n’y avait pas d’infirmier 80 km à la ronde et mes deux frères sont décédés à une semaine d’intervalle sans que je sache à ce jour pourquoi. Croyez-vous que je sois capable de payer 300 millions d’argent public à une seule personne parce qu’un bureau de la fédération a signé un mauvais contrat ? Je ne le ferai jamais ! Combien de puits, d’écoles et de dispensaires pourrait-on construire avec une telle somme ? J’ai dit au bureau d’assumer sa faute et que l’Etat ne paierait pas pour lui. J’ai souligné que je m’en tenais au contrat signé entre le bureau et Giresse: si ce dernier n’arrive pas à nous qualifier pour la Coupe du monde, il sera remercié pour avoir manqué son second objectif et l’Etat gardera son argent. Ayant su ma position, des membres du bureau fédéral sont allés raconter que si Giresse gardait son poste, c’était parce qu’il était « l’homme du ministre ». La vérité est autre. Diarra lui-même a prétendu que Giresse devait partir car sa sécurité ne serait pas garantie au Mali. La vérité est autre et je ne comprends pas comment on se permet de jeter le discrédit sur tout un pays pour masquer les mauvaises clauses d’un contrat.

Quelle est la force actuelle de votre parti, la CODEM, du point de vue des élus ?

La CODEM, à l’issue des élections communales du 20 novembre 2016, a obtenu 707 conseillers et 38 maires, ce qui nous classe 4ème rang des forces politiques du Mali, derrière le RPM, l’ADEMA et l’URD. Nous sommes la 3ème force politique de la mouvance présidentielle après le RPM et l’ADEMA. Nous avons bénéficié, plus tard, de multiples adhésions à Sikasso, Diago, Bamako et ailleurs. Ces adhésions ont porté à 737 le nombre de nos conseillers communaux. A l’Assemblée nationale, nous sommes aussi la 4ème force avec 5 députés. Nous ne cessons de progresser puisqu’en 2009, nous n’étions que le 6ème parti sur l’échiquier national.

Votre force électorale ne se reflète pas dans votre représentation au gouvernement…

Notre congrès qui se tiendra du 13 au 14 mai 2017 tranchera cette question.

Vous n’êtes que ministre des Sports malgré votre poids électoral…

Contrairement à ce que vous insinuez, le sport revêt à mes yeux la plus haute importance. C’est par le sport que je suis entré dans la politique. En 2004, à Sikasso, on m’a confié un club de football (le Stade malien de Sikasso) qui, la même année, est montée en première division. C’était historique pour la jeunesse de Sikasso car le club, créé depuis 1963, n’avait jamais réussi un tel exploit. Sur ces entrefaites, un député est décédé à Sikasso en 2005. J’ai été alors démarché par le RPM pour être son candidat. Je n’étais pas militant de ce parti qui n’avait même pas de siège local. Lors de cette élection législative partielle, j’ai battu la candidate de la majorité présidentielle. Voilà comment je suis arrivé à la politique grâce au sport. Et si la politique m’amène ministère des sports, j’y vois une consécration. Donc, le département des sports me convient parfaitement. Une fois à ce poste, j’ai revalorisé les primes des joueurs car les résultats passent par la motivation. Les résultats ont suivi…

Propos recueillis par Abdoulaye Guindo

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