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Le Centre du Mali : un continuum écologique, économique, sociologique, culturel et cultuel en voie de désintégration ?
Publié le vendredi 19 mai 2017  |  sahelien.com
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Dans une étude publiée ce mois de Mars par le Centre pour le dialogue humanitaire, les problématiques majeures au niveau du centre du pays ont été encore souvent soulignées[1]. Quelques aspects résument cette étude et montrent encore une fois le rôle central du centre du pays face aux différentes problématiques. La place particulièrement importante de la région de Mopti est également mise en exergue.

Dans cette même lignée, ce document vient évoquer certaines problématiques majeures qui sont au centre de l’instabilité dans le Centre du Mali.

Le Centre du Mali : un ensemble écologique et économique qui se désintègre ?

On retiendra à ce niveau que le Centre du Mali est une zone de vie et de déplacements d’humains mais également de grand nombre d’espèces animalières notamment. On parle ici d’un réservoir de populations animales. Les réserves locales ont fait à cet égard, à plusieurs occasions, l’objet d’études internationales. Il s’agit d’un milieu favorable à la présence de certaines espèces, même si une grande partie de ces espèces sont aujourd’hui menacées de disparition. Les déplacements de la faune dans cette zone font du centre du Mali un corridor biologique et économique non négligeable.

Dans la continuité du premier raisonnement, la région de Mopti demeure un acteur important au niveau économique pour les régions du nord, plus précisément au niveau de l’élevage. La région de Mopti est une zone d’élevage. A ce titre, à travers l’histoire, la région a approvisionné le sud, le nord du Mali et d’autres pays de la sous-région par voies fluviales et routières. Loin de s’estomper, cet approvisionnement continue et il joue toujours un rôle économique majeur entre le sud et le nord du Mali.

Par ailleurs, le poids économique des « échanges » entre les régions du Nord et des pays frontaliers comme l’Algérie ou encore le Niger n’est pas négligeable. D’autant plus que certains produits sont acheminés de Kidal, puis de Gao jusqu’à Ségou, voir Bamako en passant par le Centre du pays. C’est le cas du sucre, des pattes alimentaires provenant de l’Algérie.

L’engagement militaire et politique de groupes « peulh » ou le risque d’une « régionalisation » de la crise

Dans l’étude réalisée par le centre pour le dialogue humanitaire, plusieurs risques ont été relevés. Il s’agit notamment du risque de revendications régionales par les Peulh.

Un premier élément allant dans ce sens, c’est l’engagement de certains groupes se revendiquant d’être peulhs dans l’action armée. A ce titre, plusieurs attaques à l’égard d’autres communautés ethniques vivant dans la zone ont été identifiées et médiatisées. Certains analystes diront qu’il s’agit d’actes isolés qui s’inscrivent essentiellement dans les questions de vivre-ensemble entre bergers et agriculteurs. Cependant, ces groupes se revendiquant peulh se sont armés. Cette militarisation a été médiatisée au bon vouloir des groupes.

D’autre part, ces groupes de revendications ont tenu à faire savoir qu’ils s’inscrivent dans une action politique, notamment par le biais de médias internationaux. Cet aspect est illustré par le contenu d’un discours relaté. Dans ce discours, on retrouve la volonté de défendre les intérêts de la communauté peulh, voire de l’ « identité peulh ». Ce qui sous-entend une quête d’une certaine reconnaissance politique notamment par la voie militaire.

Ainsi, la prise en compte de ces deux éléments constitutifs d’une revendication territoriale et politique semble de plus en plus importante. Ce, sans oublier les revendications religieuses, à la tête desquelles se trouverait un « mystérieux » Ahmadou Koufa. Cet engagement est comme une rébellion qui tend vers une reconnaissance sociale. Donc un risque de régionalisation.

Pour conclure, comme on a pu le voir plus haut mais de façon brève et sans éléments quantitatifs, le Centre du Mali ne se résume pas uniquement à la région de Mopti. Il s’agit bien d’un territoire dont la maitrise par l’Etat est primordiale pour assurer une continuité territoriale, une intégrité territoriale et une cohésion sociale nationale.

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