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Chérif Ousmane Madani Haïdara à propos du projet de révision constitutionnelle : « Je ne suis pas du genre à monnayer ma voix. Je n’ai aucune vocation à influencer le vote de mes partisans »
Publié le samedi 8 juillet 2017  |  Le Tjikan
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© aBamako.com par FS
Atelier de validation du rapport sur l`employabilité des diplômés et formés en langue arabe
Le CICB a abrité le Jeudi 27 Août 2015, l`Atelier de validation du rapport sur l`employabilité des diplômés et formés en langue arabe. Photo: Ousmane Chérif Madane Haidara
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De milliers de fidèles (60 000), venus de l’intérieur et de l’extérieur du pays, avaient participé, le 29 juin dernier, à la ziara à Tamani, sous l’égide du guide spirituel d’Ançar Dine, Cherif Ousmane Madani Haïdara. L’évènement, qui avait lieu chaque fin de Tabaski, a été ramené au mois de Ramadan en raison de l’état défectueux de la route Tamani-Barouéli en période hivernale (lors de précédentes éditions, plusieurs accidents avaient été enregistrés sur ce tronçon).

C’est une participation record que les organisateurs ont enregistrée cette année avec la très forte mobilisation des fidèles de plusieurs bords religieux. En plus des officiels, plusieurs dignitaires religieux, notamment du Groupement des leaders spirituels, ont effectué le voyage de Tamani pour participer à cet événement annuel ponctué de prières et bénédictions pour la consolidation du processus de paix au Mali.

Les mêmes prières ont été formulées pour le repos éternel de nos disparus.

Dans la matinée du jeudi 29 juin, les fidèles ont convergé vers la place publique pour assister à la lecture du Coran et du Dalayilalou, livre entièrement consacré au prophète(PSL). Les noms les plus consacrés de Dieu et du prophète Mahomet ont été récités à plusieurs reprises. Les fidèles ont, dans une grande communion, prié pour la consolidation du processus de paix au Mali, la cohésion entre l’ensemble des fils de la nation.

Dans l’après-midi, les participants se sont retrouvés au cimetière de Tamani, où reposent les grands parents du guide spirituel d’Ançar Dine, dont son père Madani Haïdara et d’autres érudits qui avaient consacré toute leur vie à la diffusion de l’islam. Ils ont à nouveau, dans une procession totale, prié pour le repos des disparus et imploré Dieu pour qu’il fasse profiter notre pays de sa grâce infinie et le préserve de ses ennemis.

L’un des temps forts de la Ziara 2017 est aussi marqué par les interventions des participants qui ont trait à la crise sécuritaire, la cherté de la vie, à l’actualité brûlante, entre autres. Après l’intervention des autorités coutumières et administratives de Tamani, ce fut celle des leaders religieux.

Ces derniers ont dénoncé les critiques que la construction de la route Tamani-Barouéli a dû susciter dans certains milieux estimant que c’est tout à fait légitime pour les autorités du pays de réaliser le goudron là où elles pensent que c’est nécessaire, « plusieurs facteurs justifiaient la construction d’un goudron dans cette partie du pays. D’abord, parce que chaque année, plusieurs dizaines de fidèles venus de l’extérieur s’y rendent, c’est donc l’image du pays. Sans compter nos compatriotes qui se déplacent en grand nombre. L’apport de Tamani dans l’économie malienne à travers la riziculture, la pêche est loin d’être négligeable », ont fait remarquer plusieurs intervenants.

Lors d’une conférence de presse, le guide spirituel d’Ançar Dine, Chérif Ousmane Madani Haïdara, a remercié la communauté musulmane pour sa mobilisation. S’agissant de la réalisation de la route qui relie Tamani à Barouéli, qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive, il a indiqué que le projet de construction de cette voie remonte à Moussa Mara, alors Premier ministre, « ce dernier, lors d’un déplacement à Tamani pour la ziara, s’était plaint de l’état de la route et avait promis de faire en sorte qu’elle puisse être réhabilitée.

Il avait demandé au maire de lui adresser une lettre afin qu’il puisse défendre le projet lors d’un conseil des ministres. Le projet a été soumis au Chef de l’Etat qui l’a approuvé », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter « lorsque le Chef de l’Etat s’est déplacé en personne pour lancer les travaux, certaines personnes ont vu cela d’un mauvais œil et ont vite fait de croire qu’IBK en agissant de la sorte embarquerait Haïdara et ses proches à le soutenir pour la présidentielle de 2018. Qu’elles se détrompent, je ne suis pas du genre à monnayer ma voix.

Je n’ai aucune vocation à influencer le vote de mes partisans. Je l’ai tout temps dit et je le répète, un dignitaire religieux est censé avoir autour de sa personne les gens de divers horizons, donc de plusieurs sensibilités politiques. A cet effet, il ne doit pas se permettre de leur dicter leur orientation politique. Lorsqu’un dignitaire religieux s’affiche politiquement, au risque d’influencer le jeu politique, il brise le consensus autour de sa personne et crée une fracture dans ses propres rangs. Je reste toujours le même et ne vais pas lâcher ma foi pour un quelconque intérêt politique.

Un leader religieux peut exprimer son droit civique (vote) en tant que citoyen ». Et de poursuivre « J’ai vivement salué IBK et lui ai exprimé toute la reconnaissance des leaders religieux musulmans et chrétiens en ce sens qu’il est le seul à avoir compris que nous avons joué un rôle dans la consolidation de la paix en nous décernant une médaille. On nous a enseignés qu’il faut toujours reconnaitre le bienfait ».

Pour ce qui est du projet de réforme constitutionnelle, Cherif Ousmane Madani Haïdara a précisé que ladite réforme a du mal à passer auprès d’une frange importante de notre société. Il a indiqué que le Groupement des leaders religieux a été approché par le Gouvernement et l’opposition à ce sujet, « nous avons estimé qu’en raison même du risque de fracture sociale, il serait souhaitable de surseoir au référendum.

Nous n’avons pas jusque-là examiné tout le texte. Mais, nous pensons qu’une réforme constitutionnelle, quelle que soit sa nature, est censée avoir l’adhésion populaire. Nous exhortons le Gouvernement à partager le texte avec toutes les sensibilités afin qu’il y ait un consensus. Nous avons besoin de conforter notre cohésion sociale, surtout dans le contexte actuel marqué par l’insécurité », a insisté Chérif Ousmane Madani Haïdara.

Alfousseyni TOURE
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