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Rencontre Haïdara-plateforme « an te a bana » : Ce qui a été dit…
Publié le mardi 11 juillet 2017  |  L’Indicateur Renouveau
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© aBamako.com par FS
Atelier de validation du rapport sur l`employabilité des diplômés et formés en langue arabe
Le CICB a abrité le Jeudi 27 Août 2015, l`Atelier de validation du rapport sur l`employabilité des diplômés et formés en langue arabe. Photo: Ousmane Chérif Madane Haidara
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Dans la nuit du vendredi à samedi derniers, une délégation de la plateforme « An Tè, A Bana, Touche pas à ma constitution » a été reçue au domicile du chérif Madani Haïdara, pour rencontrer les membres groupement des leaders religieux. Cette rencontre faite à la demande du guide religieux a duré de 19 heures à 22 heures 30. Qu’est-ce qu’ils se sont dit ? Réponse.

A la demande du Chérif Madani Haïdara, une forte délégation de la plateforme « An Tè, A Bana, Touche pas à ma constitution » a été reçue, le vendredi dernier, par le groupement des leaders religieux du Mali.

Prenant la parole, Madame Sy a expliqué que la plateforme qui mène une lutte farouche contre la révision constitutionnelle est composée d’une centaine d’associations de la société civile (à l’intérieur et à l’extérieur) et d’une quarantaine de partis politiques de tous bords. Eux tous se sont « spontanément retrouvés pour défendre la loi fondamentale du Mali » et mettre un frein aux dérives autocratiques du régime en place.

Ensuite la présidente de la plateforme a affirmé que la constitution actuelle (celle du 25 février 1991) est « le fruit d’un consensus national ». Cette constitution a été écrite avec le sang des Maliens et « nous ne saurons accepter qu’elle soit déchirée pour être remplacée par une feuille de choux écrite en France et par des Français. Aussi, nous n’accepterons pas que la nouvelle constitution soit taillée sur mesure pour faire d’IBK un monarque ».
Madame Sy a également exposé les points de divergence entre le Mouvement « An Tè, A Bana » et le pouvoir en place. Selon elle, les partisans du NON ne sont nullement des apatrides, encore moins des « ennemis de la nation » contrairement à ce que les tenants du pouvoir IBK tentent de véhiculer.

« Nous ne sommes pas contre une révision, mais… ».

La présidente du Mouvement a profité de l’occasion pour apporter une précision de taille : « Nous ne sommes pas contre la révision constitutionnelle, mais nous avons des préalables. Il s’agit notamment du retour de l’administration dans les localités du nord, la mise en œuvre des dispositions de l’Accord et surtout le retour effectif de la paix ».

Cependant, Madame Sy Kadiatou Sow a solennellement demandé aux leaders religieux de « mettre en garde le président IBK et certains membres de son gouvernement sur les écarts de langage, les menaces et autres brimades dont nous sommes victimes ».

A la suite de Madame Sy, le représentant de la Cstm (Confédération syndicale des travailleurs du Mali), M. Kalapo, membre de la plateforme, a exprimé sa profonde inquiétude sur « l’implication de certains religieux dans le champ politique ».

Avant d’ajouter ceci : « Les membres du groupement de leaders religieux doivent prendre l’exemple sur les Moro Naba au Burkina Faso ou le chef des Mourides au Sénégal. Ils doivent être les derniers recours en cas de mésentente ou de problèmes sociaux-politiques dans le pays ». M. Kalapo a ensuite invité les religieux à « mériter le respect du peuple et accepter ce rôle… ».

« Personne n’intérêt à une guerre civile… ».

A propos du Sénat (prévu dans le projet de constitution), le syndicaliste a indiqué que le régime d’IBK est en train de leur « vendre un rêve ». Car, nulle part dans la constitution (projetée), il n’est dit qu’un quota au sein du Sénat est réservé aux religieux, a martelé M. Kalapo.

Pour sa part, le chérif Madani Haïdara, a remercié les membres de la plateforme pour avoir bien voulu répondre à son invitation. Ensuite, il dira que Mahamoud Dicko, président du Haut Conseil Islamique était chez lui la veille (le jeudi dernier) pour donner sa position sur la révision.

Après cette précision, le leader religieux d’un ton ferme dira : « Le Mali n’appartient pas aux politiciens, ni à IBK ». « Je veux que cela soit clair pour tous… », a martelé Haïdara.

Dans sa lancée, le chérif du mouvement Ansar Dine a exprimé toute son inquiétude face à la situation qui prévaut actuellement. Avant d’ajouter : « Personne n’a intérêt qu’il y ait une guerre civile dans le pays. Et le Mali est un bien commun. Nous ne laisserons sombrer ce pays… ». Aussi, Haïdara s’est dit surpris par les explications de Madame Sy concernant certains points de la révision.

Aussi, le guide religieux a reconnu qu’avant la délégation de la plateforme, il avait eu des entretiens avec le ministre Kassoum Tapo et son cabinet ainsi que des députés du RPM (Rassemblement pour le Mali), le parti présidentiel.

Mais, le groupement des leaders religieux a mis en place une commission composée d’experts qui est en train d’étudier le projet de révision. « Au moment de nous prononcer, nous allons le faire. Et nous allons faire ce qui est bon pour le Mali », a dit Haïdara.

En outre, le chérif a évoqué différentes actions qu’il a personnellement entreprise depuis des années dans le sens de l’apaisement du climat socio-politique. « J’ai toujours agi à chaque fois qu’il a été question de l’intérêt supérieur de la nation », a-t-il précisé.

C’est sur des vœux d’espoir que la délégation de la plateforme « An Tè, A Bana », a quitté le domicile du chérif Madani Haïdara aux environs de 22 h 30…

Sambou Diarra
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