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Trois questions au Dr Bréma Ely Dicko
Publié le jeudi 13 juillet 2017  |  Le Pays
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e ne suis pas tombé sur la tête en parlant d’après révision avortée à un moment où la lutte est encore après entre le non et le oui, et où l’issue reste incertaine malgré l’avancée certaine du camp du refus et le semblant essoufflement du camp du Oui qui ne parvient même pas à se sentir requinqué par l’illusoire victoire, que j’ai qualifiée à la Pyrrhus arrachée devant la Cour constitutionnelle qui, cette fois, a fait preuve de moins de zèle en adoptant pas en bloc les arguments de ses protégés, les mettant du coup dans une situation embarrassante.

Dans mon analyse d’hier, j’ai pensé que ce surcroît de temps que gagne le camp du non peut être bien mis à profit non seulement pour accentuer la pression par les actions déjà entreprises, mais surtout renforcer sa position dans l’opinion en usant des pratiques dont le pouvoir est coutumier, de larges concertations avec certaines autorités morales et religieuses, action qui semble déjà porter ses fruits puisqu’aujourd’hui le doute semble largement gagner les esprits quant à l’opportunité d’une telle procédure référendaire dans un moment aussi tendu, et même quant au risque qu’un entêtement du pouvoir ferait courir au pays tout entier à cause des violences et de l’état insurrectionnel qui se dessine et qui risque de nous entraîner vers les pires cauchemars.



Dans cette lancée, je ne me mets pas seulement à rêver, mais même à croire en la possibilité de canaux tout aussi persuasifs, qui viendront en renfort du camp du non pour persuader le président d’accorder une oreille moins attentive à tous ceux qui s’agitent vainement sur le terrain et que je me garderais de traiter de faucons, dont le moins qu’on puisse dire est qu’ils ne se soient illustrés par aucun fait marquant qui puisse laisser espérer une victoire du Oui, malgré tous les moyens et artifices déployés.

Je me dis aussi que le président garde une pincée d’amis sincères, de sa famille ou autres, qui se feront un devoir de lui ouvrir les yeux. Qu’il n’aura d’ailleurs besoin de personne pour découvrir l’amère réalité qui n’est guère reluisante pour lui. Et le fait même d’avoir accepté dès le lendemain du 17 juin de rencontrer certaines personnalités nous prouve à dessein que nous avons, malgré le langage guerrier auquel il nous a habitué, un président ébranlé ou en voie de l’être, et qui sent peut-être pour une fois l’approche d’une menace qui pourrait être fatale à son pouvoir.

Tout cela m’amène à penser que nous allons raisonnablement et inévitablement vers une tentative mort-née de révision, même s’il est trop tôt pour crier victoire, et que dans le camp du non, nous devrions tenir compte de ces données, loin d’être fantaisistes, pour continuer le parcours sans faute que nous observons, et éviter de se laisser emporter par l’impatience. Je l’ai déjà dit avant que nous n’avions gagné moralement, mais j’ose aller plus loin en pensant que ce sera une victoire complète, physique et morale, et surtout heureux de voir que la jeunesse n’a pas failli et qu’elle a su faire preuve de maturité en agissant en synergie avec des personnes mûres, car ce combat est celui de tous les patriotes, jeunes ou moins jeunes.

C.S.F

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