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Transhumance politique : L’hypocrisie du RPM !
Publié le mercredi 26 juillet 2017  |  l'espion
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© aBamako.com par A.S
Meeting commémoratif du deuxième anniversaire de l’investiture de IBK
Bamako, le 06 septembre 2015, la CMP a organisé un meeting de soutien au président IBK
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Le phénomène du changement d’allégeance politique en cours de mandat électoral, appelé nomadisme ou transhumance selon les pays est assez répandu en Afrique en général et particulièrement la partie francophone. Pour plusieurs raisons, le Mali n’y échappe pas. Les causes de ce nomadisme parlementaire sont multiples, oscillant entre un changement d’idéologie, de principes et de projet de société dans lesquels le parlementaire ne se reconnaît plus et un opportunisme politique avec la promesse d’un poste important hors de son propre parti. Même si ce changement de cap n’est pas du goût des citoyens, il conduit forcement au débat de l’appartenance du Mandat. Entre le député et le parti, s’il faut être réaliste il est plus proche de l’élu que de sa tanière politique. Superficiellement, légiféré dans ce domaine peut être la solution pourvu qu’on tient compte de la transhumance des élus ainsi que celle des partis politiques ?




S’il est vrai qu’un élu qui quitte sa formation d’origine pour une autre en cours de mandat est un transhumant surtout si la destination est la majorité présidentielle, il doit également être admis qu’une formation politique qui quitte son regroupement (Opposition) pour la majorité avec ou sans élus est un parti transhumant.
Il est vrai que lorsque les citoyens constatent que des élus qui se sont présentés sous les couleurs d’un parti en défendant les principes et le programme, rompent en quelque sorte ce « contrat moral » et renient leurs présumées convictions d’hier pour adhérer à un parti qu’ils dénigraient auparavant, ils peuvent ressentir un sentiment de trahison, alimentant ainsi un cynisme politique déjà fort répandu au Mali.
Qu’en est il d’un parti qui quitte l’opposition sur la base de la quelle ses candidats ont eu la confiance du peuple pour rejoindre la majorité présidentielle ? Qu’en est-il des indépendants qui sont élus pour certains cas pour punir les partis et qui adhèrent après à des formations politiques ? Même si le nouveau projet constitutionnel n’en fait pas cas, il est clair que cela s’apparente à la transhumance. Le plus souvent, elle est loin d’être idéologique, mais opportuniste avec la promesse de poste comme on a constaté avec le Ministre Koita. Circonscrire le phénomène revient à traiter le mal à la racine. Car une idéologie politique ne saurait être une camisole de force qu’il faut porter contre vents et marrés même si on est élu.
Le jeu trouble du RPM
Pendant qu’il défend mordicus une révision constitutionnelle dont l’un des dispositifs censé être innovants est la lutte contre la transhumance politique, le rassemblement pour le Mali (RPM) continue sa politique de débauchage au sein des partis, y compris chez ses amis. Après le Modec à Dioïla, certaines indiscrétions affirment que la section codem de Kidal aussi insignifiante soit-elle, est la prochaine sur la liste.

Pour le RMP, un traitre est celui qui quitte son parti pour s’inscrire à un autre, et un converti, celui qui quitte cet autre pour s’inscrire chez les tisserands. Cette vision erronée qui a judaïsé les députés qui ont quitté le RPM pour l’ADP et qui a aussi motivé la prise en compte de cette disposition au sein du nouveau projet constitutionnel, risque tôt ou tard de rattraper ses initiateurs. La notion de transhumance politique ne saurait concerner que les personnes physiques. Pour illustrer cette pensée, le cas du parti du ministre Amadou Koita nous vient à l’esprit.
Un élu qui quitte un parti qui vire à 180° peut-il être considéré comme un transhumant dans le sens de la loi résiduelle en gestation. Difficile dans ce cas d’incriminer une personne qui quitte un parti qui fait de la transhumance.

Les différentes équations

Venir à bout du phénomène migratoire en politique revient à mettre plusieurs équations sur la table. Il s’agit des questions suivantes : qui, du parti ou du député, conserve le siège du député nomade ? Doit-on le faire remplacer par son suppléant qu’il va falloir instituer au Mali ? Ou encore doit-on plutôt tenir une élection partielle pour combler le siège ? Quelles sont les règles présentement applicables en ces matières ? Y aurait-il lieu d’en proposer de nouvelles ? Quelle est la juridiction qui les applique ?
En attendant que le Mali puisse répondre à ces questions, Au Burkina Faso, la révision constitutionnelle a été l’occasion d’adopter une disposition dans laquelle le député nomade est déchu de son mandat et remplacé par un suppléant. Du côté du Gabon, le député nomade perd son siège et une élection partielle est tenue dans les deux mois suivants.
Pour des raisons égoïstes, aucune de ses dispositions ne tiennent compte de la dimension transhumant d’un parti politique. Elles font du mandat une camisole de force qu’on porte au gré des humeurs et des intérêts des formations politiques au delà de tous principes et idéologies qui sont à la base de leur choix. Cette injustice calquée chez les autres n’est pas de nature à moraliser l’arène politique au Mali.
Pour plus d’équité, elle doit également concerner les membres du gouvernement. Si un mandat appartient au parti, un poste ministériel d’un cadre dont le CV a été fourni par le parti l’appartient également. Les débats égoïstes entre vampires politiques ne sont pas la solution. Les citoyens qui sont les victimes des transhumants doivent être associés au débat pour la prise en compte de leur avis. Même si IBK pour ses intérêts met l’assemblée au dessus du peuple, la démocratie passe forcement par là.

Fanta Sissoko
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