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Nord-Mali : Le Gatia lâché et sacrifié sur l’autel de l’Accord
Publié le mardi 1 aout 2017  |  Le Témoin
MNLA
© Autre presse par DR
MNLA (Mouvement National pour la Libération de l`Azawad)
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Le groupe armé loyaliste était sur le point de prendre sa revanche en faisant cap sur Kidal, la semaine dernière, mais ses colonnes ont essuyé à Takellot une déroute sans précédent depuis la belligérance au nord a connu une tournure communautaire. Le Gatia, de sources concordantes, s’est retranché à Gao avec son chef de guerre ElhajGamou, après de lourdes pertes humaines et matérielles sans la demi-centaine de combattants fait prisonniers dans le camp adverse. Rapporté par une source bien introduite, ce bilan fait suite aussi à un premier revers déjà subi à Anéfis, une position précédemment tenue par les combattants de la Plateforme, qui ont dû l’abandonner devant l’impressionnante puissance de frappe de la CMA, probablement appuyée par des éléments djihadistes d’Iyad Ag Ghali.





La Coordination des Mouvements de l’Azawad ne s’est pas contentée de nettoyer les alentours de Kidal du Groupe d’Autodéfense des Imghad et Alliés ainsi que de leur redoutable chef de guerre. Elle s’est par la suite autorisé une insolente descente sur la ville de Ménaka, la nouvelle région fraichement créée et d’où semblent se préparer tous les assauts que la région de Kidal subissait jusque-là de la part des forces adverses.

Et, de sources concordantes, l’expédition de la CMA à Ménaka n’a été qu’une simple promenade puisqu’elle s’est opérée sans la moindre résistance au soir du vendredi dernier. En plus d’être facilitée par des autochtones de la ville apparentés au mouvement d’Algabass Ag Intalla, l’opération de reprise de Ménaka a été effective grâce à la collaboration d’une ancienne dissidence de la CMA, qui lui a fait allégeance pour la circonstance. Il s’agit notamment du MSA de Moussa Ag Acharatman. Forte de ce viatique, la CMA a ainsi paradé sans rencontrer d’obstacles dans la ville de Ménaka où certaines sources affirment que la poignée de combattants du Gatia et d’éléments des Famas se disputaient l’abri des forces internationales (la Minusma). Aux dernières nouvelles, la gestion de la ville ainsi conquise a fait l’objet d’un deal entre les assaillants, les Famas et la Minusma afin que l’administration et les services sociaux continuent de fonctionner.

Quoi qu’il en soit, cet épisode pourrait avoir consacré une perte définitive de la guerre par la branche armée de la Plateforme, tant bien sur le champ de l’affrontement armé que sur le registre des enjeux politiques de la belligérance. Il faut noter, en effet, que la présente escalade s’est déclenchée dans la foulée des négociations sur les modalités du retour de l’administration et de d’installation du MOC à Kidal, objet de vives tensions et de farouches convoitises sur fond de positionnement communautaire entre la majorité Imghad (loyaliste) et les autonomistes de la CMA. Avec l’intermédiation de la communauté internationale et d’émissaires de Bamako, les parties étaient sur le point d’accorder leurs violons lorsque les négociations ont soudainement achoppé sur de nouvelles disputes en rapport avec le retour aux positions antérieures de leurs troupes respectives ainsi que le retour des combattants Imghad à Kidal. Il semble évident, par ailleurs, que sur la question la branche armée de la Plateforme s’illustre depuis quelques temps par une gênante intransigeance qui n’agrée point les autorités maliennes engagés dans une course contre la montre pour le respect du calendrier d’application de l’Accord, un agenda freiné par les escalades communautaires intempestives en ce qui concerne l’installation de l’administration et du Mécanisme Opérationnel de Coordination. Au Gatia, on en a une nette conscience car les récents revers successifs infligés par le groupe rival sont ressentis comme un lâchage de la part de Bamako. Plusieurs voix et non des moindres s’élèvent de plus en plus pour pointer du doigt les autorités maliennes, leurs alliées objectives qu’ils accusent de ne pas être effarouchées par une certaine posture partiale qu’ils prêtent aux forces internationales présentes sur le terrain des combats. Le Gatia ne s’explique pas, en clair, l’indifférence de la Minusma et de Barkhan devant l’épisode de Ménaka tandis que la Plateforme en position de force similaire avait été empêchée en son temps d’en faire de même à Kidal. Toutes choses que conforte du reste par la synthèse de la médiation conduite par l’Imam Mahmoud Dicko. En compagnie de trois autres émissaires dont le président de Djina Dogon, il a été convenu du retour immédiat de l’administration à Kidal en échange du départ du Gouverneur Ag Ichrach présenté comme pro-Gatia ainsi que de l’absence des combattants de la Plateforme au sein du Moc. Idem à Ménaka où la présence des représentants du Gatia au Moc est désormais conditionnée à une baisse totale de la tension avec la CMA.

Abdrahamane KEITA

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