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Zone Aéroportuaire: 23 ans sans toit, le ras-le-bol des déguerpis
Publié le lundi 23 octobre 2017  |  Le Pays
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Déguerpis suite au décret de 1995, portant emprise du domaine aéroportuaire, des familles sont toujours à la recherche d’une parcelle de recasement. Malgré, le décret n°99-252 du 15 septembre 1999 qui a exclu du champ de la zone aéroportuaire leur quartier démoli, leur parcelle ne leur a toujours pas été réattribuée. Quelques membres du Collectif des déguerpis de Niamankoro-Diallobougou se confient à notre micro…
Sénoumou Samaké, maçon: «Je m’en souviens, comme si c’était hier»



Ça fait 23 ans que ma maison a été démolie. Je m’en souviens comme si c’était hier. Nous étions à quelques jours de la fête de Tabaski, personne cette année-là n’a fêté dans notre quartier. Sept bulldozers étaient à l’œuvre. Ce jour-là, j’ai vu des malades alités transportés de leur maison avant qu’elle ne soit démolie. Du jour où lendemain, j’ai tout perdu et mes enfants ont quitté l’école. Je n’abandonnerai jamais la lutte avant d’avoir ma parcelle.

Mamadou Diarra, mécanicien : «J’ai été jeté en prison avec 68 autres de mes compagnons»

La démolition de notre quartier a duré dix jours. Nos affaires éparpillées partout sur le passage des bulldozers. J’ai été jeté pendant six mois en prison avec 68 autres de mes compagnons, laissant ma famille dans le dénouement. A ma libération, j’ai dormais dans une seule et unique chambre avec ma femme et mes enfants filles et garçons. C’est la pire chose pour un chef de famille dans notre société. Jusque-là certains, parmi nous, vivent encore dans cette condition.

Lamine Koné, professeur d’enseignement secondaire: «Rien ne peut réparer le tort qui nous a été causé»

Le jour de la démolition j’étais en service à Banamba [environ 150 km de Bamako]. Quand je suis revenu et que j’ai vu ma maison en débris, je n’ai pas pu retenir mes larmes, ce jour-là. Le fruit des années de sacrifice d’un enseignant réduit en néant. Plus de 20 ans après, je puis vous assurer que rien ne peut réparer le tort qui nous a été causé. Mes enfants ont pu continuer leurs études contrairement à ceux de beaucoup de mes compagnons.

Issa Mallé, soudeur «je ne demande qu’à être remis dans mes droits»

Ce malheur fait partie des épreuves de la vie. C’est ainsi que je vois les choses après tout ce que j’ai enduré suite à la perte de ma maison. Aujourd’hui à l’heure où je vous parle, j’ai 150 000 FCFA d’arriérés de loyer. On m’a mis en prison pour non-paiement de loyer alors même que mon fils était malade. La même maladie a emporté mon fils, depuis rien ne fait plus peur. Je ne demande comme tous les autres qu’à être remis dans mes droits.



Propos recueillis par Mamadou TOGOLA
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