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Le General de Brigade Moussa Sinko Coulibaly, ex-directeur de l’Ecole de maintien de la paix persiste et signe : «J’ai décidé de quitter l’armée afin de faire face à d’autres défis. Et personne ne pourra changer mon avis»
Publié le samedi 9 decembre 2017  |  Autre presse
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© aBamako.com par A.S
Administration territoriale : Des autos neuves pour les gouverneurs de région
Bamako, le 16 janvier 2014.Dans le cadre des actions de soutien et d’accompagnement  aux représentants de l’Etat, le ministre de l’Administration Territoriale, Moussa Sinko Coulibaly, a remis jeudi dernier des véhicules aux gouverneurs des 8 régions et du District de Bamako. La cérémonie s’est déroulée dans la cour du département en présence des gouverneurs et des membres du cabinet du ministre.
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«Je n’ai aucun contact avec IBK. Nous voulons un nouveau président de la République en 2018 »

Dans cet entretien, le Général de brigade Moussa Sinko Coulibaly explique les raisons fondamentales de sa démission à la tête de l’Ecole de maintien de la paix Alioune Blondin Bèye la semaine dernière ainsi que ses ambitions. Son souhait le plus ardent, c’est d’apporter le changement en 2018. Pour ce faire, il compte mettre en place un mouvement populaire qui regroupera tous les fils du pays, toutes catégories confondues, pour réaliser cet ambitieux projet.



Aujourd’hui : Comment expliquez-vous votre démission à la tête de l’Ecole de maintien de la paix, qui a d’ailleurs surpris de beaucoup de gens ?

Moussa Sinko Coulibaly : Merci beaucoup de m’avoir donné cette opportunité. Disons que la décision de ma démission a été sagement mûrie. Cela fait plusieurs mois que je partage cette réflexion avec beaucoup d’amis qui sont autour de moi. Cette décision est liée au fait que je suis arrivé au bout d’un parcours, d’une carrière militaire. C’est pourquoi, j’ai pris la décision de pouvoir avoir l’opportunité de faire face à d’autres défis, de m’ouvrir à d’autres horizons.

Comme vous le savez, le statut des militaires impose des règles, de réserves, de la limitation d’activité… Si je voulais réellement m’investir dans d’autres domaines, le seul choix qu’il me restait, c’était vraiment de me libérer des contraintes de la charge militaire. Et c’est ce que j’ai réellement fait, la semaine dernière. J’ai décidé de présenter ma lettre de démission. C’est ce qui explique pourquoi j’ai décidé de quitter l’armée.

Vous, en tant que jeune Général, êtes-vous satisfait de votre carrière militaire, après avoir rendu le tablier ?

Pour moi, ma carrière n’est pas encore finie, même si je quitte les habits de militaires. Je peux toujours contribuer. C’est ce que j’ai dit aux personnes avec lesquelles j’ai eu à changer. J’ai bien dit que je reste toujours disponible pour l’armée. Les compétences ou l’expérience que j’ai, ne vont pas disparaitre avec ma démission. Donc, je pourrais toujours continuer à contribuer au niveau de l’armée. Je pense que c’est la forme et les moments qui vont changer, mais je serais disponible comme je l’ai dit dans ma lettre de démission, à servir le pays partout ou besoin sera. C’est pour vous dire que ma carrière continue, mais sous une autre forme.

Quelles sont aujourd’hui vos ambitions ?

Je sais que beaucoup de gens lient ma décision à l’actualité du pays. Bien évidemment, mes prises de position politique actuelles sont connues. Je pense que l’équipe du Président IBK a montré beaucoup d’insuffisances, des limites. Il est donc évident qu’il y a des opportunités qui s’offrent à la nation malienne l’année prochaine, en 2018, pour essayer de changer le cours de notre histoire, de donner une nouvelle façon de gouverner à ce pays, bien évidemment que je veux contribuer activement à ce qu’on se donne les chances, toutes les chances, d’amener notre équipe qui va pouvoir nous gouverner plus efficacement à partir de 2018.

Cela veut dire que vous serez probablement candidat à la Présidentielle de 2018 ?

Je suis en train de mobiliser, de faire en sorte que toutes les bonnes volontés, tous les Maliens qui veulent aujourd’hui le changement, qu’on se donne toutes les chances, je dis bien toutes les chances, pour que ce changement soit une réalité.

Avec vous ?

Moi je suis un contributeur. Aujourd’hui, il y a beaucoup de gens plus motivés que moi, qui souhaitent ce changement. Chacun va contribuer à mobiliser de son côté. Peut-être au mois de janvier ou février, nous pourrons faire une convergence et de pouvoir identifier qui pourrait le mieux incarner le nouveau visage de ce changement.

Pour cela, peut-on s’attendre à la mise à la place d’un mouvement ?

Nous pensons qu’il va falloir mettre en place un grand mouvement populaire pour essayer de porter ce changement. Nous réfléchissons sérieusement à cela. Il sera sous forme de plateforme qui pourra accueillir tout le monde. Il s’agit bien des personnes physiques, des associations, des partis politiques… En d’autres termes, toute personne aujourd’hui qui pense qu’il peut apporter une contribution pour le changement.

Je pense que tous les Maliens ont leur place dans ce mouvement. Nous voulons nous adresser à tous les fils de ce pays. Ce n’est pas un mouvement pour une seule personne, mais c’est pour le Mali. C’est pour vous dire que tous les Maliens doivent trouver un espace d’expression et d’épanouissement à l’intérieur. Donc, notre projet, c’est pour le Mali. Et tous ceux qui ont envie à ce que nous puissions changer les choses positivement et que nous puissions envoyer les enfants à l’école, qu’il y ait plus de sécurité, tout le monde peut apporter une contribution.

Avez-vous déjà une idée sur le nom de ce grand mouvement ?

Effectivement, ce sera un mouvement populaire qui peut intégrer tous les fils du pays. Pour le moment, nous réfléchissons à des noms. Je crois qu’avant la fin de ce mois, nous serons fixés sur de beaucoup de choses. Nous avons déjà repéré un siège qui va servir certainement de Quartier Général (QG) et mettre en place des structures sur l’ensemble du territoire national. Nous voulons fédérer toutes les énergies dans tout le pays afin d’être sûrs d’apporter le changement en 2018.

Nous sommes à la phase de mobilisation. Pour le moment, notre mouvement ne se dessine pas autour d’une seule personne. Il se dessine autour d’un projet qui s’appelle le Mali.

Et si cette plateforme vous désignait comme candidat en 2018 ?

J’ai bien dit dans ma lettre de démission que je suis prêt à servir mon pays partout ou besoin sera. Je pense que le message est très clair.

Que répondez-vous à cette rumeur comme quoi vous êtes le dauphin de l’actuel président, notamment IBK ? En d’autres termes, que vous serez le plan B au cas où il ne sera pas candidat en 2018 ?

Je ne sais pas ce que vous voulez dire. Mais, j’ai dit que nous allons nous donner les chances, toutes les chances pour qu’en septembre 2018 on ait une nouvelle équipe dirigeante pour le Mali.

Pour être très précis, il parait qu’on vous prépare au cas où IBK ne briguera pas un second mandat ? Est-ce vrai ?

Si tel est le cas, moi personnellement, je ne suis pas au courant. Je n’ai aucun contact avec le président de la République.

Par rapport au changement comme vous le souhaitez, est ce que vous êtes en contact avec certains acteurs de la société civile ou leaders politiques ?

Disons que part mes fonctions au ministère de l’Administration Territoriale, j’ai créé des contacts avec beaucoup d’organisations, d’associations, de partis politiques et de personnalités du pays et j’ai continué à garder ces contacts même par mes fonctions à l’Ecole de maintien de la paix. C’est pour vous dire que j’ai beaucoup de contacts avec beaucoup de structures. Bien évidemment, nous faisons régulièrement les points de la situation socio-politique du Mali. Je pense que pour la majorité des Maliens, le constat est que rien ne va, rien ne marche aujourd’hui dans notre pays. Et donc il est urgent qu’on essaye de se rassembler et de changer la gouvernance de ce pays. Je suis en contact avec beaucoup d’organisations, qui sont vraiment plus motivés que moi et qui désirent une seule chose, le changement.

Cela passe par quoi ?

Cela passe obligatoirement par les élections. Nous souhaiterions qu’il y ait les élections l’année prochaine, en particulier la Présidentielle, pour élire un nouveau président de la République.

Est-ce que vous êtes aujourd’hui prêt à assumer au cas où ce changement passerait par vous ?

Je suis prêt tout naturellement à servir mon pays à tous les niveaux. Mais, pour le moment, l’importance, c’est de contribuer avec toute mon énergie, toute ma force, à conduire ce changement.

Après votre démission, vous allez définitivement quitter l’Ecole de maintien de la paix ?

Ce n’est qu’une question de jours. Après avoir rendu ma lettre de démission, j’ai demandé au Ministre qu’il serait souhaitable qu’il trouve quelqu’un pour me remplacer à la tête de l’Ecole de maintien de la paix afin que je puisse me consacrer à 100% au projet de changement.

Et comment le Ministre a apprécié votre démission ?

Disons qu’il a son avis, mais la décision de ma démission est purement personnelle. Je respecte les avis des uns et des autres, mais ce n’est pas cela qui va changer ma décision.

Est-ce que vous êtes aujourd’hui en contact avec le Général Amadou Aya Sanogo ?

Je suis en contact avec tous les Maliens. Je ne m’impose pas de limitation.

Avez-vous aussi des contacts avec certains chefs d’Etat de la sous-région ?

Disons que nous allons nous donner les moyens de communiquer et de rassurer tous les partenaires du Mali. Cela afin de nous aider à la réalisation de notre projet de changement. La situation actuelle est difficile et impacte les Maliens.

Avez-vous un appel à lancer ?

Je profite de cette opportunité pour inviter tous les Maliens à se rassembler, à croire au changement, surtout à un avenir meilleur de ce pays. Personnellement, je crois à cela. J’ai envie de dire à tous les Maliens de se mobiliser pour que cette amélioration des conditions de sécurité et économique puisse être apportée. Croyez donc à ce projet et surtout il faut que nous-mêmes, Maliens, nous ayons tous les ressorts et toutes les potentialités qu’il faut pour amorcer ce changement.

Interview réalisée par Alou Badra HAIDARA
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