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Terrorisme: Les otages oubliés du Mali
Publié le jeudi 25 janvier 2018  |  Le Républicain
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© aBamako.com par fousseyni
Journée nationale des Communes du Mali
Bamako, le 22 décembre 2017 le président IBK a présidé la Journée nationale des Communes du Mali au palais des sports. Photo: Nina Wallet Intalou
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Déconseillé aux Occidentaux, hostile aux agents de l’Etat en certains endroits, le Mali demeure un entrepôt d’otages. Dans un silence étonnant, deux Maliens et au moins six occidentaux sont mystérieusement gardés sur le territoire malien. La question des otages a été rarement évoquée en public par Emmanuel Macron, le grand patron du G5 Sahel et de la force Barkhane. Elle est davantage gênante pour IBK qui aurait aimé ne pas avoir à choisir entre la vie d’un concitoyen et l’injonction d’un barbu.

Iyad est versé dans le rap d’agents de l’Etat malien depuis plus d’une année. C’est ainsi qu’il détient Sounkalo Koné, le juge de Niono enlevé le 16 novembre 2016 dans la nuit, sous les yeux de son épouse. Il est à son 71è jour de captivité. L’autre otage malien est un officier de la gendarmerie, Mamadou Diawara, le commandant de brigade de Guiré qui est à son 100è jour de captivité. Il a été enlevé des suites d’une embuscade le 18 octobre 2018.

Plusieurs autres personnes enlevées au centre du pays seraient entre les mains des djihadistes qui ne veulent pas utiliser tous leurs otages comme monnaie d’échange. Selon des observateurs, certains sont endoctrinés. Mais les otages montrés en vidéos constituent des moyens de pression pour obtenir ce qu’ils veulent. Les otages Sounkalo Koné et Mamadou Diawara ont demandé la libération de djihadistes emprisonnés au Mali et l’application de la Charia.

Par ailleurs, en juillet 2017, AQMI a publié une vidéo de six otages étrangers parmi lesquels il y a l’Australien Arthur Kenneth Elliott, âgé de 82 ans. S’ajoute à ce dernier la Française Sophie Pétronin, le Sud-Africain Stephen McGown, enlevé en novembre 2011, le Roumain Iulian Ghergut, enlevé en avril 2015 au Burkina Faso, la missionnaire suisse Béatrice Stockly, kidnappée en janvier 2016 et la religieuse colombienne Gloria Cecilia Narvaez Argoti, enlevée en février 2017 au sud du pays.

Le dernier signe de vie de ces otages étrangers est une vidéo de 16 minutes et 50 secondes qui a été publiée à travers la messagerie Telegram par le «Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans», l’organisation jihadiste dirigée par Iyad Ag Ali. Le chirurgien Arthur Kenneth Elliott et son épouse Jocelyn Elliott ont été enlevés au Burkina Faso en janvier 2015. Mais Jocelyn Elliott a été libérée en février 2016.

Quant à la Française Sophie Pétronin qui dirigeait une association d’aide à l’enfance, elle a été enlevée en décembre 2016 par des hommes armés à Gao. Jusqu’à son apparition dans la vidéo, personne n’avait revendiqué son enlèvement. L’Américain Jeffery Woodke, enlevé au Niger en octobre 2016 pourrait s’ajouter à ces otages. Aucune vidéo n’a montré ce yankee dont personne n’a osé revendiquer l’enlèvement.

Tout semble indiquer que ces otages sont les plus grands oubliés de la lutte anti-terroriste engagée par les forces maliennes et internationales. Pendant plus de 5 ans, les preneurs d’otages se font la belle, alors que le malheur de certains otages a commencé avant la crise malienne. Les patrons du G5 Sahel qui multiplient les réunions et les actions n’en font même pas mention.

Soumaila T. Diarra
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