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Entre nous : Priorisons l’élection présidentielle !
Publié le vendredi 2 fevrier 2018  |  Le challenger
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Le gouvernement de la République du Mali envisage d’organiser le mois d’avril prochain les élections régionales, locales et communales partielles. Deux mois après, c’est-à-dire en juillet, il y aura l’élection du Président de la République conformément à la Constitution. Autour du mois de novembre 2018, place sera faite aux élections législatives pour renouveler l’Assemblée Nationale.

De ces scrutins, celui du Président de la République est le plus attendu et le plus scruté par les leaders politiques et les partenaires techniques et financiers du Mali. Déjà, des candidatures fusent de partout. Tout le monde veut être Président de la République. Cela veut dire que ce scrutin est d’une importance capitale pour la survie de la démocratie. Ce qui exige une bonne préparation de ces échéances électorales.



Avant le mois de juillet, le gouvernement doit assurer la tenue des élections régionales, locales et communales partielles, dans deux mois et quelques jours. Avec la dégradation de la situation sécuritaire consécutive aux récentes attaques, il est clair que le gouvernement ne peut pas être en mesure d’organiser ces scrutins dans toutes les circonscriptions électorales. Les communes dans lesquelles le scrutin du 20 novembre 2016 n’a pas pu se tenir pour des raisons évidentes, ne sont toujours pas sous contrôle des autorités administratives relevant de l’Etat central. Donc impossible d’y organiser les élections.

A l’état actuel des choses, le gouvernement ne peut pas garantir la tenue de ces élections dans toutes les régions. Kayes et Sikasso sont les deux seules régions en dehors de Bamako où des élections pourront se tenir sans aucune entrave sécuritaire. Certains villages de la région de Koulikoro, notamment aux abords de Nara et Banamba, ne sont pas totalement sûrs, comme en témoigne la prise d’otage du commandant d’une brigade de gendarmerie. Le cercle de Niono dans la région de Ségou est infesté par la présence d’éléments incontrôlés qui se croient en territoire conquis et se livrent régulièrement à des actes de vandalisme et de provocation à l’endroit des forces de défense et de sécurité du Mali. A Mopti, épicentre du djihadisme au centre du pays, la situation est loin d’être rassurante. Le retour des services de l’Etat et des forces de défense et de sécurité du Mali dans les régions de Tombouctou, Gao et Kidal ne se fait pas conformément à l’accord pour la paix et la réconciliation. La dégradation de la situation sécuritaire et la fragilité de la mise en œuvre de l’accord issu du processus d’Alger, devraient inciter le Président de la République et son gouvernement à accorder une plus grande priorité à la tenue à date de l’élection présidentielle. Cela devrait les amener à surseoir aux scrutins d’avril afin que les services du ministère de l’administration territoriale s’attèlent dès à présent, de concert avec les forces politiques et de la société civile, à la préparation de la présidentielle. Un dialogue franc et sincère avec les partis politiques est indispensable pour dégager un consensus sur de nombreuses questions, à commencer par l’audit du fichier électoral et l’état des cartes Nina mis au grand jour par un rapport du Bureau du Vérificateur général. Le doute commence à gagner les esprits. Un appel d’offres portant acquisition de matériels de sécurisation de l’élection présidentielle a été annulé par le ministère de l’administration et de la décentralisation sans aucune explication. Il faut avoir le courage de prendre des décisions fortes pour éviter des tensions politiques et sociales pouvant conduire le pays vers une incertitude constitutionnelle. Une autre crise politico-institutionnelle à Bamako aura des conséquences fâcheuses sur l’existence de la République du Mali.

Par Chiaka Doumbia

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