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Sous-développement et sous exploitation de l’élevage : La faute à la mauvaise vision du régime IBK !
Publié le mercredi 28 mars 2018  |  Le Démocrate
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Le manque à gagner que représente l’importation des produits vétérinaires est énorme au Mali. Et le secteur de l’élevage est encore sous exploité. Toute chose qui démontre à suffisance la mauvaise vision des autorités maliennes.

Le sous-secteur élevage concerne au moins 80% de la population rurale. Il constitue la principale source de subsistance pour plus de 30% de la population. Le cheptel national était estimé en 2007 à 8.141.459 bovins, 9.761.578 ovins, 13.593.063 caprins, 852.260 camelins, 363.588 équins, 71.875 porcins et 26.227.861 têtes de volaille (source Direction nationale des productions et des industries animales). Sur le plan de la répartition géographique, la région de Mopti avec 2.067.265 bovins s’impose comme la première zone d’élevage avec 28% du cheptel. Elle est suivie de Sikasso avec 1.176.534 têtes (soit 15,94%), Koulikoro 1.059.136 (14,36%), Ségou 832.767 bovins. La 4ème place ségovienne s’explique, selon la Direction nationale des productions et des industries animales (DNPIA), par le fait que la région est plus agricole que pastorale.

De même les petits ruminants sont plus nombreux dans la région de Gao avec 1.694.938 moutons soit 20,34% et 1.707.031 caprins soit 19,33%. Cette région est suivie de celle de Mopti avec 1.536.612 moutons (18,44%) et 1.685.814 chèvres (19,09%). La région de Tombouctou occupe la troisième position avec 1.055.101 moutons (12,66%) et 1.332.003 caprins (15,08%).Kidal suit avec 1.008.580 moutons (12,10%) et 970.701 caprins (11%). Les camelins sont localisés dans les régions de Tombouctou, Gao et Kidal. Cette dernière région hébergerait 50% du total national de camelins. Pour la viande, de l’indépendance à nos jours, l’objectif principal visé en matière de production est la couverture des besoins nationaux et l’amélioration des exportations de bétail et de viande. Les principales structures d’abattage des animaux sont l’abattoir frigorifique de Bamako qui a une capacité de 10.000 tonnes de viande.

Il existe également 5 abattoirs régionaux (Kayes, Mopti, Ségou, Sikasso et Koutiala) capables chacun de produire 2000 tonnes de viande. Sans compter les 174 aires d’abattage recensés dont les capacités ne sont pas déterminés. La volaille, pour l’essentiel, relève d’un système d’élevage traditionnel. Dans les zones périurbaines du pays, apparaissent cependant des fermes de production intensive et semi-intensive de poulets de chair et d’œufs. La filière chair de volaille est surtout développée dans les régions de Sikasso, Koulikoro et Bamako bien que l’aviculture traditionnelle soit pratiquée sur toute l’étendue du territoire. La production d’œufs a, elle, connu un nouveau souffle principalement dans la zone périurbaine de Bamako, avec un taux d’accroissement de 1,8% par an.

La plupart des producteurs utilisent des races importées pour un élevage intensif, voire semi-industriel. Dans le domaine de la production des cuirs et peaux, toutes origines confondues, il faut noter qu’elle correspond aux abattages effectués dans les sites officiellement reconnus et contrôlés. Ainsi, la production annuelle estimée est de 425.000 cuirs de bovins et 3.100.000 peaux d’ovins-caprins. Dans notre pays, la conservation des cuirs et peaux se fait par séchage ou salage à sec. Seulement 30 séchoirs et 5 magasins de stockage existent dans tout le pays.

La stratégie de mise en œuvre de la politique de la santé animale dans notre pays, repose sur la prévention ou la maîtrise des grandes épizooties du bétail et de la volaille domestique. Il faut avouer qu’en dehors du Laboratoire central vétérinaire (LCV) de Bamako, le réseau de laboratoires régionaux est resté embryonnaire. Notre pays ne dispose pas encore d’industrie de production de produits pharmaceutiques vétérinaires (médicaments).

Les médicaments vétérinaires proviennent principalement des pays européens pour des importations estimées à 29,59% milliards de FCFA (source Direction nationale du commerce et de la concurrence). La vente de médicaments constitue au moins 90% du chiffre d’affaire de la grande majorité des cabinets vétérinaires. Le circuit formel d’approvisionnement de ces structures passe par une dizaine d’importateurs qui sont en même temps des grossistes.

Malgré tout cela, le manque à gagner que représente l’importation des produits vétérinaires est énorme. Et le secteur de l’élevage est encore sous exploité. Toute chose qui démontre à suffisance la mauvaise vision des autorités maliennes. Des chefs qui ne peuvent pas prendre de décision et qui sont tous commerçants. Pour que nous puissions commencer à bouger, il faut taxer très fort les importations et réduire le commerce avec l’extérieur. Ce qui va obliger les gens à produire.

Inna Maïga
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